Malgré ses 23 années d'expérience, dont sept dans la province, le ministère de l'Éducation a décidé de ne plus délivrer à Florencia Molina une tolérance d'engagement, qui lui permettait d'exercer sa profession sans brevet d'enseignement.

Une enseignante se bat pour travailler

Le 7 novembre dernier, des dizaines d'élèves de l'école primaire Bois-Joli-Sacré-Coeur (BJSC) à Saint-Hyacinthe se sont retrouvés en quelque sorte orphelins de leur enseignante d'espagnol, Florencia Molina, en fonction depuis 2006. Une boîte archipleine de cartes d'encouragement de ses jeunes et de ses collègues témoigne de leur admiration à l'égard de cette Argentine venue s'établir au Québec avec sa petite famille.
Malgré ses 23 années d'expérience, dont sept dans la province, le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a décidé de ne plus lui délivrer une tolérance d'engagement, qui lui permettait d'exercer sa profession sans brevet d'enseignement. Pour obtenir ce fameux brevet, Mme Molina devrait retourner trois ans à temps plein sur les bancs d'université pour décrocher un baccalauréat en plus de faire une année de stage non rémunéré. Une situation économiquement intenable pour cette mère de deux enfants. «Dans mon cas, ça ne me dérange pas de faire une certaine mise à niveau, mais pas de recommencer à zéro. Je sais que je suis déjà formée», proteste la dame.
Une tolérance d'engagement est une permission qu'accorde le Ministère à une commission scolaire afin qu'elle puisse embaucher un enseignant qui est sans permis pour combler une pénurie. «Le Ministère m'a donné deux tolérances de plus que la normale parce que la commission scolaire a démontré qu'il n'y avait pas d'autres candidats. Ma remplaçante à BJSC n'a pas de permis non plus», déplore-t-elle.
Un parcours sinueux
En 2004, Florencia Molina immigre au Québec avec un diplôme d'enseignante d'espagnol première langue et d'anglais, langue seconde. À son arrivée, elle se trouve rapidement un emploi de remplacement à l'école secondaire J.-H.-Leclerc comme enseignante d'anglais en secondaire 3 et 4 pendant sept mois, raconte-t-elle, lettre de recommandation du directeur adjoint de l'époque à la main.
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