Le maire de Granby et préfet de la MRC de la Haute-Yamaska, Pascal Bonin, a indiqué que plusieurs options de sites à proximité du centre-ville sont sur la table pour la construction du nouveau CHSLD.

«Une énorme nouvelle pour la région»

« Un CHSLD de 198 places pour la région, c'est inespéré », a lancé en entrevue le maire de Granby et préfet de la MRC de la Haute-Yamaska, Pascal Bonin au lendemain de l'annonce du projet d'envergure.
« C'est une énorme nouvelle, et pas seulement pour Granby, qui va accueillir un bâtiment [...] Ça fait plus de deux ans que je travaille dans le dossier avec les gens du CIUSSS [Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Estrie]. Ça n'a pas été facile d'obtenir les 96 places. À 198, c'est tout un gain. Ça veut dire que le plan du ministre Barrette fonctionne. On doit lui donner le crédit de ne pas se cacher la tête dans le sable par rapport à l'ampleur des besoins en Haute-Yamaska », a mentionné Pascal Bonin.
À l'origine, le projet de CHSLD à Granby consistait à trans­férer 64 lits du Centre Leclerc. On parlait donc d'un ajout total de 32 places. Or, ce nouvel établissement ne répondait pas à l'ensemble des besoins de la région. Le projet bonifié comblerait cette lacune. La construction du centre d'hébergement à Granby devrait se concrétiser d'ici 2019.
L'accroissement du nombre de lits de l'établissement engendrerait toutefois la fermeture du CHSLD­ Horace-Boivin de Waterloo­, qui compte 41 lits. Les résidents seraient redirigés en partie vers le CHSLD Santé Courville, situé juste en face, qui dispose désormais de 44 lits « en partenariat » avec le réseau public. La priorité sera donnée aux gens originaires de Waterloo. Les autres seraient transférés dans le nouvel établissement­ de Granby.
Le député de Granby, François Bonnardel a également accueilli avec enthousiasme cette nouvelle. « On suivait le dossier de places en CHSLD autant que ceux des patients orphelins, de la prise en charge et de la situation de l'urgence. Le CIUSSS donne un méga coup pour la région afin de répondre aux besoins de soins de longue durée, a-t-il dit. Ça faisait longtemps qu'on n'était pas capables de répondre à la demande de personnes en perte d'autonomie qui ont besoin de places en centres d'hébergement. Un projet majeur comme celui qui est sur la table, ça répond à presque la totalité des besoins. Il va nous rester à peine une cinquantaine de places à couvrir­ d'ici là. »
Projet charnière
Pascal Bonin a réitéré qu'il s'agit d'un projet charnière qui permettra de faire débloquer plusieurs autres initiatives en santé. De fait, le transfert des patients du Centre Leclerc libérera le 4e étage de l'hôpital de Granby, ce qui permettra entre autres la transformation de l'unité de soins intensifs et du Centre Mère-Enfant. 
Or, le préfet de la MRC de la Haute-Yamaska est d'avis que l'aspect épineux du dossier global, notamment au sujet d'une éventuelle perte d'emplois de Waterloo au profit de Granby, ne ternira pas les relations entre les deux municipalités. « Je respecte la position de Pascal Russell­ qui veut garder ses emplois sur son territoire. C'est normal. Mais dans le cas présent, on parle d'un enjeu régional majeur. D'ailleurs, on est en collaboration avec Waterloo dans plein de dossiers. Moi et M. Russell, on n'a pas de discorde sur aucun sujet. Et je n'ai pas l'intention que ça change. »
Les propos du leader parlementaire de la Coalition avenir Québec vont dans le même sens. « C'est triste pour Waterloo. Les besoins sont énormes et on m'a dit que les rénovations pour le CHSLD [Horace-Boivin] sont gigantesques, a-t-il fait valoir. D'un autre côté, on va avoir un méga centre pour répondre aux besoins de la population en Haute-Yamaska. »
Multiples options 
Aucun budget n'est sur la table pour le moment pour la construction du nouveau CHSLD. Toutefois, de nombreuses pistes sont à l'étude pour l'emplacement du nouveau centre d'hébergement, qui doit toujours être érigé à proximité du centre-ville, a affirmé Pascal Bonin. « On a travaillé avec les gens du CIUSSS pour regarder les terrains. Il y a plusieurs options. Au niveau de l'espace, c'est moins problématique qu'on pourrait le penser. On a déjà permis un immeuble de 10 étages au centre-ville [Réseau sélection]. On ne veut pas favoriser l'étalement urbain ni couper des arbres pour rien. Et monter en hauteur, c'est économique. »
Le scénario d'utiliser un site non vacant pourrait également être envisagé, a-t-il renchéri. « Rien n'empêcherait un propriétaire de démolir un immeuble, a-t-il dit, ou même un lotissement pour faire apparaître une autre option. »