Samuel Plante, Sindy Plante et Dominique Belley-Dallaire sont en train de mettre sur pied leur «écurie de rêve» à Saint-Pie.
Samuel Plante, Sindy Plante et Dominique Belley-Dallaire sont en train de mettre sur pied leur «écurie de rêve» à Saint-Pie.

Une «écurie de rêve» à Saint-Pie

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
Une « écurie de rêve » qui prône le confort de l’animal et une ambiance familiale où le respect et l’entraide sont les principales valeurs. C’est sur quoi misent Samuel Plante, Sindy Plante et Dominique Belley-Dallaire avec l’écurie South River qu’ils sont en train de mettre sur pied à Saint-Pie, dans le rang de la rivière Sud. « Pour beaucoup c’est un projet de retraite, mais pour nous c’est un projet de vie », lance Samuel.

Le trio dans la fin vingtaine vit pour les chevaux. Il les aime tellement qu’il veut tout faire pour leur bien-être et redonner au milieu équin ses lettres de noblesse.

« Malheureusement, souvent dans les pensions, il n’y a plus rien de personnalisé. Il n’y a plus rien d’humain. C’est rendu une industrie et c’était ce qui nous déplaisait », observe Sindy.

Pour arriver à leurs fins, les trois partenaires travaillent d’arrache-pied, et ce, sept jours sur sept depuis août pour créer leur écurie de rêve, comme ils se plaisent à la surnommer. Ils ont investi sur leur terrain de 17 acres tout l’argent économisé au fil des années et n’ont contracté aucun prêt.

De l’amour, du temps — beaucoup — et de l’entraide sont les ingrédients secrets pour la concrétisation de leur projet.

Les mal-aimés

À terme, l’écurie comprendra 35 box en acier. Pour l’instant, 11 d’entre eux sont déjà occupés par les bêtes.

Celles qui font leur entrée à l’écurie South River sont en quelque sorte les « mal-aimés » du monde équin, qualifie Sindy.

En effet, les gens ayant de la difficulté à trouver une pension sont priorisés. « Je pense aux étalons, aux jeunes poulains, aux juments poulinières, aux chevaux anxieux ou agressifs et les juments à la retraite », énumère Sindy.

Cette dernière indique que peu d’écuries au Québec sont spécialisées pour accueillir les juments poulinières — c’est-à-dire qui sont destinées à la reproduction — et leur poulain, car elles nécessitent plus de soins et d’entretien.

Même chose pour les étalons qui requièrent de la surveillance et une coordination avec les autres chevaux.

Sindy pourra faire l’éducation des poulains qui naîtront, car elle se spécialise dans l’éducation et la sociabilisation des chevaux.

L’un des trois pavillons servira d’ailleurs à la reproduction et à la mise en gestation. « On veut développer un endroit où les gens peuvent amener leur poulinière et les étalons en service de reproduction », explique Sindy.

Lors de la visite de La Voix de l’Est, une jument gestante allait donner naissance dans les prochains mois. « Le poulain va ouvrir la porte aux autres à venir », annonce fièrement Sindy.

Avec les années, Dominique a développé sa clientèle pour donner des cours d’équitation aux jeunes. Elle est d’ailleurs entraîneuse certifiée depuis trois ans et instructrice certifiée depuis six ans.

Les acolytes miseront donc sur un service personnalisé en accueillant entre autres des enfants timides ou ayant de la difficulté à communiquer avec les autres.

Sur trois ans

Sindy et Dominique ont d’abord approché le propriétaire des lieux, une ancienne ferme touristique, Mario Lévesque, pour lui parler de leur projet « un peu fou ».

« Il était surpris de notre idée. Il envisageait de diminuer son élevage, mais il savait que ça ne se vendrait pas en claquant des doigts », relève Sindy.

L’idée est donc venue de créer un partenariat sur trois ans. « Ça permettait à Mario de fermer son élevage de chevaux tranquillement et nous, ça nous donnait la possibilité monétaire d’y aller par pourcentage par année », explique Sindy.

Cette rencontre n’était pas fortuite puisque Dominique avait déjà travaillé à la ferme de Mario lorsqu’elle était jeune dans le cadre d’un programme travail-études.

La dernière partie du site, qui se situe de l’autre côté de la rue, sera la cerise sur le sundae du projet. Elle servira à faire l’élevage de chèvres Boer pour leur viande.

« Dans trois ans, on va avoir optimisé tout ce qu’il est possible d’optimiser », projette Sindy.

Du temps

Sans compter les heures, Dominique et Sindy ont mis corps et âme pour rénover les bâtiments ou en construire d’autres tandis que Samuel occupait son emploi en même temps que de faire les rénovations.

« On a fait du 20 heures par jour pendant plusieurs semaines », rapporte Samuel.

Déterminés à en faire un endroit parfait, Sindy et Samuel, qui forment un couple, ont même installé une tente avec des lits de camp à l’intérieur de l’écurie pour y faire dormir leurs deux enfants.

Confort

C’est en partie à cause du cheval de Sindy, Yuba, et celui de Dominique, Jessie, que le projet est né.

Sindy a fait la rencontre de Yuba à un moment charnière de sa vie. Elle s’était éloignée du monde équestre alors qu’elle avait été victime d’un accident à cheval. « J’ai eu peur pour ma vie », rapporte-t-elle.

« Yuba ne parle pas, mais c’est tout juste. Il sait se faire comprendre, écouter et redonne de par sa personnalité. Il m’a remis sur pied. »

Elle s’est alors promis de tout faire pour veiller à son confort.

Cela passe entre autres par la nourriture. Celle qu’ils offrent aux pensionnaires est à base de minéraux et ne contient aucun maïs.

Ils travaillent également en collaboration avec AD Installations pour aménager un système de ventilation et de filtration de l’air. Bref, Samuel, Sindy et Dominique ont des projets plein la tête.

Et dans cinq ans, ils espèrent pouvoir vivre de ce qu’ils auront mis sur pied.