Le chiot de la victime, un pitbull de cinq mois (qui n’est pas celui sur la photo), a été frappé à la tête par l’accusé.

Une dispute entre voisins dégénère

Pour avoir perpétré une attaque en apparence gratuite envers un homme et son chien, un individu a été reconnu coupable lundi de trois des quatre chefs d’accusation qui pesaient contre lui.

Le juge Serge Champoux de la Cour du Québec n’a pas cru Mathurin Keundjeu Wandjeu, qui plaidait la légitime défense pour expliquer les faits qui se sont déroulés le soir du 7 février 2017 dans le stationnement d’un immeuble à logements de Granby dont il était responsable de l’entretien.

Vers 22 h 30, la victime sort dehors avec son chiot, un pitbull de cinq mois, afin de lui faire faire ses besoins, pendant que M. Keundjeu Wandjeu est en train de déneiger le stationnement du bâtiment. Une altercation survient ensuite entre les deux hommes.

À ce moment, le chiot de la victime s’approche de l’accusé, qui le frappe à la tête avec la pelle de métal qu’il tenait à la main. M. Keundjeu Wandjeu inflige ensuite le même traitement au maître de l’animal, qu’il atteint sur la clavicule et dans le dos, avant de se mettre à le frapper à coups de poing.

Criant à son assaillant d’arrêter, la victime s’effondre au sol et se frappe la tête. L’accusé en profite pour se placer sur lui à califourchon avant de poursuivre son attaque de plus belle.

C’est dans cette position que les policiers de Granby retrouvent les deux hommes, après avoir été alertés par la conjointe de la victime qui a assisté aux derniers instants de la scène.

Aux policiers, la victime se trouvant en état de panique a indiqué avoir simulé une perte de conscience dans l’espoir de mettre un terme à l’agression. À l’hôpital, on lui diagnostique une commotion cérébrale de même que plusieurs coupures et ecchymoses.

« Ça brasse »
Le juge Champoux a retenu les témoignages concomitants de la victime, de sa conjointe et du policier intervenu sur les lieux. « Ça brasse », dira l’agent au juge, lors de l’audience du 30 mai tenue au palais de justice de Granby.

Le magistrat n’a toutefois pas cru l’accusé, qui a dit que le pitbull n’était pas contrôlé par son maître et qu’il s’est précipité vers lui pour le mordre. C’est pour se défendre que M. Keundjeu Wandjeu aurait usé de sa pelle, et c’est la victime qui aurait initié le combat de mains après l’avoir insulté, a-t-il fait valoir.

« Il indique que l’échauffourée dure une dizaine de minutes, [que les deux] tombent ensemble à trois reprises sur le sol [et] qu’ils se retrouvent successivement l’un sur l’autre à se frapper », rapporte le jugement. L’accusé dit aussi s’être positionné sur la victime uniquement pour la maîtriser et avoir posé sa main sur son visage pour le réchauffer.

Ces affirmations diffèrent légèrement d’une déclaration de M. Keundjeu Wandjeu aux policiers, datée du 27 mars 2017. Confronté à ses contradictions, Mathurin Keundjeu Wandjeu « semble tenter plutôt maladroitement de concilier ses deux versions », remarque le magistrat, qui qualifie aussi le témoignage de l’accusé d’« hésitant ou encore flexible et incertain ».

Le juge Champoux a également relevé, au tout début du témoignage de l’accusé, une déclaration spontanée démontrant un désir de s’excuser et un sentiment de honte semblant incompatible avec la légitime défense qu’il a plaidée. Il est aussi d’avis que la victime n’avait pas de motif de s’en prendre à l’accusé, alors que ce dernier s’est dit « excédé » de la victime et de sa conjointe, qui n’entretenaient pas leur appartement, et de leur chien, « qui japait trop et dont les excréments encombraient le terrain de l’immeuble ».

L’altercation de février 2017 serait donc une « explosion de colère » de la part de l’accusé, conclut le juge, qui l’a déclaré coupable sur trois chefs d’accusation. Il l’a toutefois acquitté d’une accusation de menaces de mort.