Sylvain Cadieux a vécu une deuxième greffe du rein en l’espace d’un an, en raison d’une erreur médicale commise lors de la première opération.
Sylvain Cadieux a vécu une deuxième greffe du rein en l’espace d’un an, en raison d’une erreur médicale commise lors de la première opération.

Une deuxième greffe du rein en un an pour Sylvain Cadieux

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Le Granbyen Sylvain Cadieux s’est fait greffer un rein pour la deuxième fois en un an. Une opération « extrêmement rare », qui lui a fait vivre une montagne russe d’émotions.

La première greffe effectuée le 19 septembre 2019 n’a pas fonctionné « à cause d’une erreur médicale », dit Sylvain Cadieux, qui souffre du syndrome de Bartter depuis sa naissance, une maladie qui affecte les reins.

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« Il y a eu une erreur pendant l’opération. J’ai eu des trous dans les intestins. Personne ne s’en est rendu compte. Mais, après la greffe, je sentais dans mon corps que quelque chose n’allait pas. C’est là qu’ils ont découvert l’erreur et qu’à cause de ça, mon corps a rejeté le rein. »

Hospitalisé pendant un mois et demi à la suite de sa première opération, Sylvain Cadieux n’a jamais arrêté la dialyse, alors que la greffe aurait dû le permettre. Alors, l’homme de 44 ans s’est remis sur la liste d’attente pour un rein.


« Même les médecins n’en reviennent pas. C’est juste wow ! »
Sylvain Cadieux

« Succès monstre »

« Avec l’arrivée de la COVID, on n’était sûr d’absolument rien. Personne ne connaissait les délais d’attente. Mais le 14 août, j’ai reçu l’appel. »

Un coup de téléphone qui a d’abord donné quelques craintes à M. Cadieux. Et si l’erreur se répétait ? Et si ce n’était pas la bonne ?

Heureusement, la greffe effectuée dans la nuit du 15 au 16 août a été un « succès monstre », et Sylvain Cadieux s’en remet tranquillement, un jour à la fois. « Même les médecins n’en reviennent pas. C’est juste wow ! »

Une opération de ce type est hyper rare, selon lui, notamment en raison des anticorps qui partent de zéro et du système immunitaire qui doit se refaire.

« Je tremblais beaucoup avant l’opération, mais les médecins m’ont beaucoup parlé, rassuré. Ils étaient au courant de l’erreur et m’ont assuré que ça ne se répéterait pas, qu’il y aurait des yeux d’extra. Que cette fois-ci serait la bonne. »

Et ils ont eu raison, puisque Sylvain Cadieux progresse de mieux en mieux aujourd’hui.

« Je peux enfin avoir une vie normale. J’ai arrêté la dialyse. J’en faisais depuis six ans. Je n’ai jamais connu une vie normale depuis ma naissance... Quand j’ai eu l’appel la deuxième fois, j’ai passé par toute une gamme d’émotions. Des pleurs de joie, de peur, de tout ! »

La famille

Le Granbyen n’y serait pas arrivé sans le soutien de sa famille, de la docteure Masse du CHUS-Fleurimont, de l’équipe d’hémodialyse de l’hôpital de Granby et de l’équipe du Dek hockey Dix10, qu’il tient à remercier chaleureusement.

« Je veux dire un merci, un merci énorme, à mes parents Richard et Nicole Cadieux, mon frère Stéphane et aussi mes deux garçons, Anthony et Raphaël Cadieux-Arès. Ils ont vécu ma maladie autant que moi, ça n’a pas été facile pour eux. »

Les deux jeunes hommes de 13 et 16 ans, poursuit M. Cadieux, ont dû faire de grands sacrifices en grandissant, puisque leur père manquait parfois d’énergie pour les suivre dans leurs activités.

Dès sa sortie de l’hôpital, Sylvain a reçu une grande dose d’encouragements et d’ondes positives, notamment sur les réseaux sociaux, de la part d’amis, mais également d’inconnus, qui lui ont écrit et qui ont partagé son histoire. La publication de sa deuxième greffe a généré 700 vues, 550 messages et 350 partages.

« Tout le support que j’ai reçu, ça m’a donné un boost d’énergie et d’adrénaline qui m’a aidé à passer au travers. Autant dans la maladie que dans la guérison, le support, c’est ce qui t’aide à travers les moments plus difficiles. J’ai la chance d’avoir une famille unie. Je souhaite ça à tout le monde. »

Sylvain Cadieux doit maintenant faire attention à lui, suivre les consignes, continuer le suivi avec les médecins de Sherbrooke, et surtout, profiter du temps avec sa famille. On lui souhaite le meilleur des rétablissements, entouré des siens.