Le maire Pascal Russell dénonce le projet de fermeture du CHSLD Horace-Boivin. Idem pour les conseillers Paul-Éloi Dufresne, Denise Lauzière, Claude Simard et Roger Bélanger.

Une décision «aberrante», selon Russell

Le maire de Waterloo, Pascal Russell, ne décolère pas depuis qu'il a appris par la direction du CIUSSS de l'Estrie que les jours du centre d'hébergement Horace-Boivin étaient comptés.
« C'est aberrant que l'on coupe des lits, des emplois et des services offerts à Waterloo. C'est le début de la fin si on laisse faire [le CIUSSS] sans rien dire, a-t-il clamé en entrevue. [...] Et croyez-moi, pas question que l'on perde ces lits. Avec la courbe démographique, c'est évident qu'on a besoin de ce type de soins localement. »
Or, M. Russell se questionne à propos des tenants et aboutissants d'une telle réorganisation, qui devrait engendrer la construction d'un nouveau CHSLD de 198 places à Granby. « Est-ce qu'on a vraiment besoin des 20 lits de Waterloo pour que le projet de Granby soit financièrement viable ? Carol Fillion du CIUSSS m'a dit que non. On m'a aussi dit que l'on a seulement13 % de résidents à Horace-Boivin qui sont [originaires] de Waterloo. Mais on est une ville de centralité. Dans nos écoles, la moitié de nos élèves viennent de l'extérieur. Si je prends le même raisonnement, je devrais les fermer, a-t-il cité en exemple. Il n'y a aucune logique là-dedans. Il y a quelqu'un qui s'est assis et qui a calculé que tous les chiffres étaient dans la bonne colonne sans penser aux répercussions. » 
M. Russell estime par ailleurs que le maintien de l'ensemble des emplois en CHSLD et des résidents serait envisageable. « On m'a dit que l'édifice [Horace-Boivin] a trop de travaux de rénovation à faire. D'accord. Mais pourquoi on n'agrandit pas le CHSLD Santé Courville juste en face pour que l'établissement soit plus performant ? »
Émoi et déception 
La Voix de l'Est n'a pas pu obtenir les commentaires de la direction du CHSLD Horace-Boivin, jeudi. Idem pour Santé Courville. 
Samuel Regniere, un des employés du centre d'hébergement entièrement public, s'est dit préoccupé des répercussions d'éventuels transferts de résidents vers d'autres établissements. « Venir travailler ici ou à Granby, ça ne me dérange pas. Mais c'est pour les patients et les familles que c'est dommage. Il y a des gens qui sont ici depuis longtemps. Quand tu déplaces quelqu'un avec de la démence, c'est aussi pire de l'autre côté de la rue que dans une autre ville. » 
Lorraine et Francine Brière, dont la mère centenaire réside dans le CHSLD Horace-Boivin, se sont dites « interloquées, déçues et peinées » en apprenant la possible fermeture de l'établissement. « Nous sommes de Granby, mais nous avons choisi un centre d'hébergement à Waterloo pour notre mère pour la tranquillité de l'endroit, pour la qualité des services. Les employés sont exceptionnels ici. Ils sont très dévoués, attentionnés, a mentionné Lorraine Brière. C'est comme une deuxième famille pour elle. Vraiment, c'est inconcevable que l'on ferme un endroit comme celui-là. Il doit y avoir une solution. On croit aux miracles. »