Sortir de sa cour est un sport dangereux, a fait valoir André Lachance, qui réside rue Denison Ouest, lors de la dernière séance du conseil, cette semaine.

Une décision des élus granbyens qui suscite la grogne

Le refus il y a deux semaines d’une majorité d’élus d’ajouter des arrêts obligatoires à l’intersection des rues Denison Ouest et Le Corbusier à Granby continue à faire des vagues et des mécontents.

À commencer par Pierre Lachance, qui habite tout près de cette intersection, dont l’achalandage a augmenté au cours des dernières années. Sortir de sa cour est un sport dangereux, a fait valoir le résidant de la rue Denison Ouest lors de la dernière séance du conseil, cette semaine.

« C’est extrêmement risqué de sortir de notre cour sans avoir de collision », a lancé celui qui a même conclu une entente avec son voisin pour utiliser l’entrée de sa propriété pour faciliter son départ en voiture.

André Lachance est allé jusqu’à offrir 100 $ à chacun des membres du conseil qui serait en mesure d’entrer et sortir trois fois de sa cour sans un « passé proche », soit sans un risque d’accident.

Le même facteur de dangerosité est également présent à la traverse piétonnière de cette intersection. Peu d’automobilistes s’immobilisent pour laisser la priorité aux piétons. La vitesse de plusieurs voitures excède la limite permise de 50 km/h, déplore M. Lachance.

Déception
Le citoyen a ainsi du mal à comprendre la récente décision des élus de rejeter l’ajout d’arrêts obligatoires dans le secteur, d’autant plus que le conseiller municipal du district, Jocelyn Dupuis, et le président du comité de circulation, Robert Riel, partagent son opinion.

En fait, ce point avait divisé les élus en deux clans égaux au début du mois. Le maire, Pascal Bonin, avait dû trancher. Il avait opté pour le statu quo à cette intersection.

« C’est une intersection que je juge, comme ex-policier, dangereuse. Je ne peux pas croire que ça n’a pas passé. C’est décevant », a d’ailleurs déploré M. Riel cette semaine, lors de la séance publique du conseil.

À la fin de la semaine, sa déception était toujours aussi vive, d’autant plus qu’il croit avoir une « expertise » supplémentaire, acquise par ses années passées de patrouille. Selon lui, même si une pression populaire est exercée, la demande ne pourra pas être réétudiée avant deux ans, ainsi que le prévoient les règles du comité de circulation. « Je souhaite particulièrement qu’il n’y ait pas d’accident grave », a-t-il laissé tomber.

Robert Riel remarque que la circulation est très importante dans le secteur, surtout aux heures de pointe, avec la présence d’écoles, de garderies, de logements de l’Office municipal d’habitation et d’un dépanneur.

Démocratie
Le conseiller du district, Jocelyn Dupuis continue aussi à affirmer que l’endroit n’est pas sécuritaire. « Que l’administration municipale ne recommande pas quelque chose, ça ne veut pas dire que ce n’est pas dangereux. Je suis d’accord avec vous à 100 % qu’il y a un risque à cet endroit-là », a-t-il affirmé à André Lachance.

Le maire Pascal Bonin a pour sa part justifié la décision rendue par les élus comme une manifestation de la « démocratie ». « Il y a eu un vote dans le dossier. La majorité a décidé de rejeter cette demande-là. C’est la simple démocratie », a-t-il fait valoir, après avoir précisé qu’il n’accepterait jamais le défi lancé par M. Lachance, avec l’incitatif monétaire à la pièce. « C’est notre travail », a-t-il noté.

Aux yeux du maire, cette intersection n’est cependant pas aussi dangereuse que certains le prétendent. « Les arguments ont tous été analysés par les professionnels », dit-il en soulignant que chacune des demandes au comité de circulation fait l’objet d’une analyse, notamment par le service de police, afin d’émettre une recommandation au conseil.

Pascal Bonin est en outre convaincu que les automobilistes doivent d’abord se responsabiliser et respecter les règles. « La seule chose à faire, c’est ce qu’on fait présentement : des patrouilleurs à vélo, à moto et un peu partout. On donne des tickets et la première chose qu’on se fait dire, c’est qu’on remplit nos coffres. C’est ça ou on essaie de faire respecter le code ? On n’a jamais le beau rôle. Mais on ne peut pas mettre un stop à toutes les intersections », a-t-il dit aux médias.

André Lachance n’en démord toutefois pas et réclame une solution. « Je vais continuer à demander à mon voisin de me permettre de sortir de sa cour. Mais le jour où je ne pourrai plus le faire, il va falloir qu’il se passe quelque chose. On ne va pas attendre qu’il y ait un mort ou un blessé grave pour faire une intervention », a-t-il lancé.