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L’aide alimentaire a été particulièrement en demande. SOS Dépannage Moisson Granby a reçu un nombre record de dons de la part d’entreprises, de particuliers, de services, de citoyens, etc.
L’aide alimentaire a été particulièrement en demande. SOS Dépannage Moisson Granby a reçu un nombre record de dons de la part d’entreprises, de particuliers, de services, de citoyens, etc.

Une crise qui démontre l’importance du communautaire

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
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Malgré le caractère particulier que lui a conféré la pandémie, l’année 2020 a aussi été marquée par divers événements d’importance. Que ce soit dans chacune des villes qui forment la grande région couverte par La Voix de l’Est où encore dans le monde de l’économie, des arts, de la justice ou de l’éducation. Voici les moments forts de la dernière année. Aujourd’hui, abordons les enjeux du domaine communautaire.

En cette année 2020, plus que jamais, l’apport et l’importance du milieu communautaire se sont fait ressentir dans la région. La pauvreté s’est montrée sous d’autres visages, la santé mentale a été mise en haut des priorités et les demandes d’aide se sont multipliées à tous les niveaux. 

En entrevue avec La Voix de l’Est, le directeur général de la Corporation de développement communautaire (CDC) de la Haute-Yamaska, Sylvain Dupont, a résumé l’année en trois éléments: adaptation, épuisement et perte des activités d’autofinancement.

«On a bien vu ce qu’on dit depuis toujours : le milieu communautaire s’adapte vraiment rapidement au contexte, aux situations. La majorité des organismes n’ont pas cessé leurs activités pendant la crise et se sont adaptés.»

L’organisme Pleins Rayons, qui intègre sur le marché du travail des jeunes en santé mentale via une série d’ateliers, s’est réinventé en accomplissant différentes tâches d’entretien extérieur aux domiciles de leurs clients à la retraite. Photo prise en 2019. 

Innover pour survivre

Par exemple, l’organisme Pleins Rayons s’est réinventé, cet été, en créant la Brigade aidante. À partir de juin, quatre apprentis et un éducateur de l’organisme ont accompli différentes tâches d’entretien extérieur aux domiciles de leurs clients à la retraite, tels que le désherbage, la tonte de gazon, le ramassage de branches, de petits travaux de peinture, etc. Stephan Marcoux a dû «être créatif», avait-il témoigné, pour créer des projets d’inclusion sociale auxquels pourraient participer les dizaines de jeunes adultes souffrant d’un trouble du spectre de l’autisme ou de déficience intellectuelle fréquentant l’organisme. Même la fabrication de masque s’est invitée chez Pleins Rayons!

Pratiquement tous les organismes ont dû innover pour continuer leurs activités sur les territoires de Brome-Missisquoide la Haute-Yamaska.

La plupart ont dû se tourner vers le numérique pour effectuer leurs rencontres virtuelles ou leurs ateliers, comme les centres de pédiatrie sociale Main dans la main et Haute-Yamaska, Oasis Santé Mentale, la Société Alzheimer Granby et région, Entrée chez soi et bien d’autres encore.

Détresse

Un autre aspect qui a marqué l’année de manière plus sombre est l’épuisement dont ont souffert bon nombre d’employés des organismes, qui n’ont eu aucune pause, sinon encore plus de travail. «C’est quelque chose qui ressort dans les informations qu’on a reçues. À cela s’ajoute la perte d’autofinancement qui en inquiète plusieurs, qui se demandent ce qui va se passer l’année prochaine.»

Pas évident, donc, pour les organisations de se maintenir à flot quand les activités de financement représentent jusqu’à 50% de leur budget annuel. 

Déjà que beaucoup d’organismes fonctionnent avec un petit effectif, les bénévoles se sont également fait denrée rare, certains ayant dû se retirer par prévention, en raison de conditions potentiellement problématiques s’ils contractent la COVID-19.

«Beaucoup de travailleurs et de bénévoles sont tombés au combat.» D’où l’importance d’aller chercher d’autant plus de reconnaissance du milieu communautaire de la part du gouvernement, un combat que mènent sans cesse la CDC et Sylvain Dupont.

«Cette crise-là a démontré l’importance des organismes communautaires sur le territoire, et partout au Québec. Il y a beaucoup de gens qui ne connaissaient pas les organismes qui les ont découverts quand ils ont dû aller chercher de l’aide.»

Le directeur général de la CDC de la Haute-Yamaska, Sylvain Dupont, a résumé l’année 2020 en trois éléments: adaptation, épuisement et perte des activités d’autofinancement.

Aide et dons en hausse

Parmi les services qui ont dû s’accroître dans la dernière année, Sylvain Dupont indique que le soutien alimentaire, l’hébergement et l’aide en santé mentale ont été particulièrement populaires. «Ces organismes étaient tout de suite en soutien nécessaire, immédiat, dès la première vague. Ça a été très demandant pour eux.»

SOS Dépannage Moisson Granby a d’ailleurs reçu un nombre record de dons de la part d’entreprises, de particuliers, de services, de citoyens, etc. « Il y a déjà beaucoup d’entreprises qui nous soutiennent, mais cette année, le nombre a augmenté », avait constaté Éric Vachon, porte-parole de l’organisme. 

Non seulement la détresse fut en hausse, mais beaucoup de dons semblent aussi avoir été au rendez-vous, suppose M. Dupont, bien qu’il s’agisse d’une intuition et que les bilans financiers de 2020 ne soient pas encore sortis. «C’est l’impression que j’ai eue. Qu’il y a eu une grande générosité de la part des gens qui pouvaient le faire.»

Pendant la crise, la CDC a joué un rôle d’informateur, de représentant et de soutien auprès des organismes du territoire, en travaillant notamment en comités et en collaboration avec la MRC Haute-Yamaska.

Défis et reconnaissance

Malgré l’année éprouvante derrière eux, les organismes ont encore des défis à relever. «On craint la recrudescence des cas, qui représentent une autre énorme charge de travail et le prolongement des services en ligne. Oui, les organismes se sont adaptés en ligne, un Zoom est mieux que rien, mais rien ne vaut une rencontre en personne  ou un atelier de groupe. C’est plus efficace. Surtout pour les gens moins à l’aise avec la technologie.»

Rappelons que la Société Alzheimer Granby et région a fait notamment l’acquisition de tablettes pour les prêter à ses membres afin qu’ils aient accès à ses services. 

Par ailleurs, plusieurs ressources ont été crées pour les personnes composant avec des troubles de santé mentale et leurs proches, notamment le guide de l’organisme Réseau avant de craquer, dont le porte-parole est l’animateur Jean-Philippe Dion, originaire de Saint-Alphonse-de-Granby. 

Cette année, bon nombre d’aînés, d’enfants, d’adultes et d’adolescents se sont tournés vers les nombreux organismes de la région, qui se sont avérés des alliés d’importance pendant la crise.

«Mon souhait serait la reconnaissance des partenaires et des politiciens que le milieu communautaire est d’une importance capitale, et qu’il faut agir et mettre plus d’argent dans les organismes, pour qu’ils puissent offrir l’aide immédiate et nécessaire dans des situations comme la crise que l’on vit», conclut Sylvain Dupont.