Un cocktail météo d’une rare intensité a jeté sur le sud du Québec en quelques jours plus de 100 millimètres de pluie. Combinée au froid qui s’est rapidement installé, toute cette eau s’est transformée en glace privant d’électricité, au plus fort de la crise, 1,3 million de Québécois.

Une crise, plusieurs actes

Cocktail météo explosif, effondrement de pylônes électriques, citoyens plongés dans le noir, froid, appel à l’aide aux Forces canadiennes... La crise du verglas s’est déroulée en plusieurs actes. Retour sur ses principaux faits saillants.

L’année 1998 a bien mal commencé pour plus de 1,3 million de Québécois­. Quatre jours après avoir célébré le Nouvel An, un système dépressionnaire en provenance du Texas a fusionné au sud du Québec à un anticyclone arrivant de la baie d’Hudson. Résultat : une pluie verglaçante s’est abattue pendant 80 heures sur le sud de la province laissant entre 100 et 110 millimètres­ d’eau.

Les pannes de courant ont débuté le 6 janvier alors que des arbres et des branches ont endom­magé des fils électriques. Plus de 600 000 clients d’Hydro-­Québec ont alors été privés d’électricité.

Le 7 janvier, c’est l’hécatombe : des centaines de pylônes d’Hydro-­Québec, notamment en Montérégie, s’effondrent sous le poids de l’épaisse couche de glace qui les recouvrait. En tout, 3 millions de citoyens sont privés d’électricité, pendant que le mercure­ commence à plonger.

Les dommages au réseau étant tellement nombreux, Hydro-Québec a demandé l’aide de monteurs de ligne de l’extérieur du Québec pour l’aider à rebrancher ses clients.

Hydro-Québec débordé

Alors que les équipes d’Hydro-Québec sont débordées et que les municipalités essaient tant bien que mal de venir en aide à leurs citoyens, Québec accepte l’offre du gouvernement fédéral d’envoyer les Forces canadiennes pour leur prêter main-forte. Le 9 janvier, 3100 militaires sont déployés en Montérégie et dans l’île de Montréal.

Au plus fort de la crise, près de 100 000 Québécois et Ontariens sont dirigés dans l’un des 450 centres d’hébergement ouverts par les municipalités et le ministère de la Sécurité publique. Le 7 février, soit un mois après les premières pannes, l’électricité est rétablie sur l’ensemble­ du Québec.

La crise a eu un impact économique important. Plus de 2 millions de travailleurs n’ont pu travailler à un moment ou à un autre durant la crise. Cela a eu comme effet de faire reculer de 0,7 % le produit intérieur brut en janvier 1998.

Les compagnies d’assurance ont reçu 61 626 réclamations. Elles ont versé des indemnités de 1 112 336 885 $ à leurs clients.

Les agriculteurs ont également écopé. Plus de 17 000 fermes au Québec ont été affectées. Outre les dommages causés à leurs bâtiments, elles ont perdu 146 000 volailles, 4591 porcs et des centaines de vaches laitières. Un total de 352 serres ont aussi été endommagées. On estime que 90 % des érables à sucre en Montérégie et dans le centre du Québec ont été touchés.

Sources : Hydro-Québec, Environnement Canada, Statistique Canada, MAPAQ, Bureau de l’assurance­ du Canada