Selon Kim et Jean-Charles Ostrowski, la problématique des vers blancs a gagné en importance depuis deux ans.

Une «crise du ver blanc» à Granby

Pour contrer l’importante problématique des vers blancs dans les pelouses, les élus de Granby pourraient revoir la réglementation à très court terme de façon à permettre l’utilisation de pesticides qui pourraient contribuer à enrayer ce qui a les allures d’une infestation.

C’est du moins la demande qui leur a été adressée lundi soir, lors de la deuxième séance ordinaire de mai, par les représentants de l’entreprise d’aménagement paysager Ostrowski, qui ont affirmé s’adresser au conseil au nom d’autres entreprises qui œuvrent dans l’entretien d’espaces verts à Granby.

Selon Jean-Charles et Kim Ostrowski, la problématique des vers blancs a gagné en importance depuis que la Ville a adopté sa nouvelle mouture du Règlement sur les pesticides et les matières fertilisantes au début de 2016. « Ce qu’on a en ce moment comme ressource, ce sont les nématodes, qui sont biologiques. C’est ce que votre biologiste suggère aux citoyens. Mais ça ne fonctionne même pas à 50 %. Ça fait deux ans qu’on les utilise, mais on n’en vient pas à bout [les vers blancs]. On aimerait avoir la chance de trouver une solution viable et efficace », a affirmé Kim Ostrowski.

« Je ne suis pas un expert horticole, mais je reconnais que les vers blancs sont le sujet chaud à Granby en ce moment », a d’emblée convenu le maire de Granby, Pascal Bonin. Celui-ci dit même avoir été interpellé sur le sujet à sa résidence par des citoyens.

Une recommandation sera formulée au conseil municipal, qui devra se prononcer sur le sujet, vraisemblablement lors d’une séance extraordinaire.

Rapidement
Les membres du comité environnement de la Ville se rencontreront ainsi très prochainement afin d’analyser la situation, assure le maire. Une recommandation sera formulée au conseil municipal, qui devra se prononcer sur le sujet, vraisemblablement lors d’une séance extraordinaire.

« On a pris une tendance verte à la Ville de Granby. Je pense que tout le monde est d’accord avec ça. Les paysagistes aussi. Étendre moins de pesticides, on est tous d’accord avec ça. Mais là, on a une problématique majeure. Il y a des gens qui investissent des fortunes sur leur terrain. [...] Je reconnais qu’il y a des gens désemparés par le phénomène. Il y a des gens du Canton qui m’ont dit avoir raclé des vers blancs cette année. C’était catastrophique », affirme le maire Bonin.

Selon Jean-Charles Ostrowski, pour enrayer le problème, certains paysagistes ont entrepris d’enlever une couche de terre des terrains infestés par ces larves de coléoptères qui mangent les racines du gazon. « Ils envoient ça quelque part. Mais cette terre-là qui est enlevée va être le problème du prochain qui va l’avoir sur son terrain. On n’enraye pas le problème, on le répand », dit-il.

Kim Ostrowski affirme qu’il est proposé que les produits d’arrosage permis dans les autres villes environnantes le soient aussi à Granby.

Idéalement, a souligné Pascal Bonin, la Ville réagira rapidement de façon à ce que les entreprises spécialisées dans l’entretien d’espaces verts puissent agir avant la période de ponte, prévue au cours des prochaines semaines. Les larves qui seront pondues cette année feront des ravages l’an prochain.

Déchirant
Selon le maire Bonin, le choix demeure « déchirant ». « D’un côté, on veut une ville verte et un environnement sain, mais en même temps, on fait face à des invasions comme l’agrile du frêne ou autre, où les seuls moyens pour les enrayer sont souvent des moyens chimiques, des vaccinations ou des moyens complexes », fait-il valoir.

Mais à ses yeux, il ne fait aucun doute qu’il y a présentement une « crise ».

« Il y a une crise du ver blanc. Ça peut paraître ridicule. Mais la seule façon de l’enrayer, c’est avec des pesticides parce que l’autre méthode ne fonctionne pas. Point. [...] Mon point, c’est que quand il y a une crise, il doit avoir une mesure qui pallie à la crise. Y aller avec des pincettes, ça ne fonctionne pas. Il faut permettre aux gens d’utiliser, malheureusement, des produits de synthèse pour arriver à contrôler l’épidémie de vers blancs qu’on a », laisse-t-il tomber.

Ultimement, ce sera néanmoins au conseil municipal de statuer sur la question. Et il ne devrait pas tarder à le faire, assure Pascal Bonin.