Isabel Arès a reconnu avoir utilisé son poste de contrôleuse en entreprise pour faire plusieurs versements dans un compte qui lui appartenait.

Une contrôleuse fraudeuse demande l’absolution

Une femme de Granby trouvée coupable d’avoir volé 16 308,56 $ à son employeur, une maison d’édition juridique, demande l’absolution afin de poursuivre une carrière de gestionnaire.

Isabel Arès a reconnu avoir utilisé son poste de contrôleuse chez les Éditions juridiques FD, à Farnham, pour faire plusieurs versements dans un compte qui lui appartenait. Les gestes ont été commis en 2013. Elle a été congédiée la même année.

« Je me suis aperçu que c’était une personne pas gérable », a indiqué son ancien patron, Jean-Luc Ducharme, invité à témoigner à l’étape des observations sur la peine. « Elle a rendu l’atmosphère malsaine et il a fallu remettre la comptabilité en ordre à son départ. »

La femme de 49 ans a soutenu de son côté qu’il s’agissait de sommes que son employeur lui devait. Elle a aussi travaillé comme conseillère aux ventes et n’aurait pas touché les commissions auxquelles elle avait droit, tout comme le remboursement de certaines dépenses.

« Il m’a dit que je pouvais me payer, a dit Mme Arès au tribunal. Il me devait au-dessus de 20 000 $. » Détentrice d’un baccalauréat en administration et en finances, elle a ajouté qu’un document détaillant ces sommes a existé, mais qu’elle n’en a pas fait de copie puisqu’elle « n’avait pas le droit de sortir aucun document ».

« Vous respectiez ce règlement à la lettre, mais vous vous êtes servie à même les coffres? », a demandé Me Véronique Gauthier, du ministère public.

« Oui », a répondu Mme Arès.

L’ex-contrôleuse a aussi admis ne pas avoir payé d’impôt sur les salaires qu’elle s’est appropriés. « Donc vous faisiez une double fraude? Et vous étiez la comptable? », s’est enquise la juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec, ce à quoi l’accusée a aussi répondu par l’affirmative.

Mme Arès, qui a entrepris d’autres études universitaires en finances et aimerait avoir un jour sa propre compagnie, poursuit aussi les Éditions juridiques FD afin d’obtenir la prestation de fin d’emploi à laquelle elle a droit.

Appréhension
À la défense, Me Serge Michon a fait valoir que sa cliente « appréhendait de ne pas être payée ». « Il faut tenir compte du contexte, a-t-il dit. Elle avait des problèmes avec M. Ducharme. » L’argent a aussi été déposé directement dans son compte en banque. « C’est clair que ça aurait été découvert un jour. »

Il a ajouté que l’accusée avait remboursé 9000 $ et n’avait « rien à se reprocher depuis ». « Elle a des projets d’avenir », a poursuivi Me Michon, « et dans ce secteur-là [les finances], un antécédent de fraude, c’est fatigant ». C’est pourquoi il demande une absolution conditionnelle pour Mme Arès.

Me Véronique Gauthier n’est pas de cet avis et a plutôt recommandé une peine de quatre à six mois de prison à domicile. Elle a rappelé que l’accusée a un antécédent judiciaire de supposition de personne, qui remonte à 1993, et s’est questionnée sur la sincérité de ses regrets.

« Elle en a surtout en lien avec les conséquences que les accusations ont eues sur elle, a dit l’avocate de la Couronne. Et elle se justifie en disant que les sommes lui étaient dues. Mais on ne peut pas se faire justice soi-même. » La juge Beauchesne doit déterminer la peine en septembre.