Une conseillère financière du Mouvement Desjardins ne pourra plus pratiquer son métier pendant une décennie pour avoir détourné environ 140 000 $ appartenant à des clients de la région de Saint-Césaire.

Une conseillère financière de Desjardins radiée pour dix ans

Pour avoir détourné environ 140 000 $ appartenant à des clients de la région de Saint-Césaire afin d'aider un proche en détresse, une conseillère financière du Mouvement Desjardins ne pourra plus pratiquer son métier pendant une décennie.
À la suite d'une audience tenue le 29 mars dernier, un comité de discipline composé de trois membres de la Chambre de la sécurité financière a rendu sa décision il y a quelques jours. Il scelle ainsi le sort de Joan Olivier­, employée du Mouvement­ Desjardins­ depuis 26 ans. 
Une plainte contre Mme Olivier avait été déposée à la Chambre à la mi-octobre 2016. Selon les informations aux fins de l'enquête, la principale intéressée « s'est approprié une somme d'environ 70 000 $ à partir du compte » appartenant à deux clients de la région de Saint-Césaire.
Pour camoufler le tout, elle a ensuite « détourné une somme d'environ 70 000 $ du compte de marge de crédit » d'un autre client du même secteur. Elle a par la suite contracté un emprunt auprès d'une autre succursale de la Caisse populaire Desjardins pour rembourser cette seconde transaction.
Culpabilité
Ces manquements au Règlement sur la déontologie dans les disciplines de valeurs mobilières se sont déroulés au printemps 2016. 
L'intimée n'a pas contesté les faits. Elle a plutôt enregistré un plaidoyer de culpabilité dans lequel elle reconnaissait les gestes reprochés une dizaine de jours après le dépôt de la plainte. Exprimant des regrets, Mme Olivier­ a par la suite reconnu, lors de l'audience devant le comité de discipline, avoir contrevenu à la déontologie imposée par son métier, le tout pour payer les dettes de jeu d'un membre de sa famille. 
À la suite du verdict de culpabilité décrété par le comité, le procureur représentant la syndique adjointe de la Chambre de la sécurité financière a réclamé une radiation de dix ans pour chacun des chefs d'accusation dont Mme Olivier a été reconnue coupable, de même que le paiement­ des déboursés.
Le comité de discipline a retenu cette suggestion, ordonnant toutefois que la radiation temporaire de Mme Olivier pour chacun des chefs se fasse de façon concurrente. « En dépit de l'empathie que le comité éprouve pour l'intimée qui a agi ainsi pour aider un proche et non pour son intérêt personnel, il n'en reste pas moins que les infractions sont d'une gravité indéniable et ce comportement ne peut être toléré », peut-on lire dans la décision.
Dans la décision, on apprend par ailleurs que Mme Olivier n'avait plus le désir de pratiquer son métier. Elle était toujours sans emploi au moment de l'audience. 
Une ordonnance de non-­publication protège l'identité des victimes impliquées dans cette affaire.