Même préparés à des explosions, les spectateurs ne pouvaient s’empêcher de sursauter. Imaginez les pompiers...

Une compétition de pompiers explosive!

Il y avait de l’adrénaline, du feu et des explosions dans l’air, samedi à Saint-Valérien-de-Milton, où se tenait une compétition de pompiers comme on n’en a jamais vu au Canada.

Non seulement les pompiers de sept municipalités étaient-ils placés dans des situations extrêmes, mais les Blood Brothers, une compagnie d’effets spéciaux basée à Saint-Valérien, s’étaient chargés d’y mettre un peu de piquant pour leur bénéfice et celui du public.

« Il faut que tu sois pompier pour faire ça, remarque Sylvain Laplante, directeur du service incendie de Saint-Valérien, le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Il faut que tu connaisses les techniques de ventilation, de combat, de désincarcération » pour se glisser entre deux morceaux de bois dans un mur, malgré les appareils respiratoires­ qu’ils transportent.

Invités à commenter les épreuves qu’ils venaient de traverser, Jean-François Monnier et Nicolas Cabana­, tous deux sapeurs à Granby­, assurent que la mise en scène avait tout d’un incendie qui tourne mal. 

« On avait le tuyau d’alimentation à traîner. Ensuite on devait passer dans un mur, puis ramper comme si on était pris dans un petit espace. Charger la ligne d’eau, qui pèse une centaine de livres, énumère le premier. Après, on devait monter au toit avec des outils, une scie, des haches, pour faire la ventilation, puis descendre, défoncer une porte, trouver une victime en passant sous un mur de feu, tout en traînant notre boyau qui se coince partout. On avait un feu de cuisinière à éteindre, une désincarcération à faire, précédée d’un feu de char. »

Ce qu’il oublie de dire, c’est qu’ils passaient aussi dans un couloir où un confrère les arrosait avec un boyau incendie, ralentissant leur course ; que chaque ouverture d’un mur, d’un toit ou d’une porte provoquait une explosion ; qu’il y avait de véritables feux à éteindre et que des mannequins aussi lourds qu’un humain devaient être sortis du pétrin.

« C’est pas mal ce qui est représentatif d’un incendie, renchérit Nicolas Cabana. On réalise vraiment que la communication, c’est prioritaire. Il y a quelques moments où il y a eu un manque de communication et on perdait 20 secondes. Là, c’est pour le fun, mais dans la réalité, il y a une vie qui est jeu. »

Tous deux formaient l’équipe des Six Pack (ils ont terminé troisièmes), tandis que deux autres pompiers de Granby étaient les Fat Ass (quatrième meilleur temps). Des équipes d’Acton Vale (meilleur temps avec 22 minutes), de Roxton Pond, de Saint-Liboire, de Saint-Dominique (en deuxième position), de Durham-Sud et de Saint-Simon étaient également de la compétition.

Les Blood Brothers, Carlo Harrietha et Jib (Jean-Mathieu Bérubé), ont eu beaucoup de plaisir à pimenter le parcours.

Une collaboration explosive

« Ça fait un bout qu’ils ne font plus beaucoup d’événements à St-Valérien. Les pompiers voulaient refaire quelque chose, raconte Carlo­ Harrietha, des Blood Brothers­. Ils nous ont approchés. Nous, ça fait des années qu’on rêve de faire une ultime piste d’obstacles. C’était l’ultime occasion parce qu’on ne pouvait pas avoir de meilleures victimes que les pompiers ! En plus, ils voulaient faire une vraie compétition extrême. Ils sont habillés avec tous leurs équipements alors on pouvait vraiment approcher nos charges d’eux. On pouvait s’amuser... »

Même préparés à des explosions, les spectateurs ne pouvaient s’empêcher de sursauter. Imaginez les pompiers...

« Le parcours a été conçu avec les pompiers, renchérit Jib Bérubé (Jean-Mathieu Bérubé), aussi de l’entreprise d’effets spéciaux. Les organisateurs avaient des situations réelles qu’ils voulaient leur faire vivre, comme défoncer un mur, passer dans une craque, faire des trous dans un toit. Ils sont ar­rivés avec leurs épreuves de base et on les a pimpées avec du feu, des explosions. On a fait de quoi pour faire triper aussi le public. »

Le terrain de balle du village était totalement transformé pour l’occasion avec des échafaudages récréant une toiture et l’entrée d’un bâtiment, des pneus, des tuyaux, des structures basses crachant du feu, des vieilles voitures et d’autres structures en bois recréant un couloir.

Mais il y avait aussi des bonbonnes de propane et l’équipe des Blood Brothers qui s’affairait autour pour que tout soit prêt à brûler et exploser au bon moment.

« Je pense que les gars vivent quelque chose d’intense », lance Carlo, les étoiles dans les yeux. « C’est le fun de leur faire vivre des vraies émotions, reprend Jib. Et on espère que [cette compétition] sera la première d’une longue lignée. »

Les deux propriétaires des Blood Brothers et leur équipe avaient réservé à l’équipe une explosion à la hauteur de leur talent en toute fin de journée. 

Les pompiers participants devaient procéder à une ouverture dans le bois comme ils le font avec une toiture.

«Apprécié de tous»

« On a vraiment réussi à livrer la marchandise, réagit l’organisateur de la compétition extrême de pompiers, Mike Parenteau-Leblanc, du service incendie de Saint-Valérien. Je sais que des casernes se sont déjà fait des challenges- pour l’année prochaine. »

Le comité se rencontrera dans une semaine pour faire un retour sur l’activité, mais la compétition devrait revenir l’an prochain.

« Ç’a été apprécié de tous, je n’ai pas eu de commentaires négatifs, ajoute-t-il. J’ai posé des questions aux concurrents et aux spectateurs, c’est la première édition, l’opinion des gens m’importe beaucoup. Tout le monde était très satisfait, autant de la compétition que du travail des Blood Brothers pour la pyrotechnie. »

Le parcours a été répété quatre fois, deux équipes à la fois. Deux autres parcours avaient été prévus pour permettre aux équipes qui avaient eu plus de difficulté de faire une course à relais, mais les athlètes étaient épuisés et le temps manquait. 

« C’est sûr qu’on a de l’ouvrage à faire pour l’année prochaine. On avait des bénévoles pour aider, mais on n’était pas nombreux », note M. Parenteau-Leblanc. L’équipe a aussi été amputée de cinq pompiers qui ont dû partir pour intervenir sur un accident de la route durant la première reconfiguration du parcours.

 Pendant les transitions, le public était invité à recevoir un cours de massage cardiaque, à assister à un atelier sur les feux de cuisine et à participer à bien d’autres activités. La journée s’inscrivait dans le cadre de la Semaine de prévention des incendies, qui se concluait samedi. Cynthia Laflamme

Durant le parcours, les participants devaient ramper avec la lance incendie, puis revenir avec un mannequin aussi lourd qu’un corps humain.