La coordonnatrice aux bénévoles du CAB de Cowansville Marie-Thérèse Abogo estime qu’une centaine de bénévoles sont recherchés dans Brome-Missisquoi.

Une centaine de bénévoles recherchés dans Brome-Missisquoi

Le centre d’action bénévole de Cowansville est plus sollicité que jamais. L’organisme qui s’est donné pour mission de fournir ses pairs de Brome-Missisquoi en bénévoles peine à répondre à la demande. Le CAB est à la recherche d’au moins une centaine de personnes alors que certaines organisations tirent la sirène d’alarme.

Comme ses collègues, la coordonnatrice aux bénévoles du CAB de Cowansville, Marie-Thérèse Abogo, peine à identifier les racines du problème. « Ce n’est pas uniquement lié au vieillissement de la population. Oui, nous avons des gens qui cessent de s’impliquer, mais c’est une tendance qui est plus large que cela. »

Au CAB, le service d’accompagnement médical peine à trouver des gens pour en accompagner certains à leurs rendez-vous médicaux. « Nous sommes rendus au point où on prend tout le monde qui a un permis de conduire, une voiture et suffisamment d’empathie », souligne-t-elle.

En plus de ses propres besoins de bénévoles, le centre d’action bénévole collabore avec une vingtaine d’organismes partenaires qui comptent sur le CAB pour leur recrutement. « Et c’est sans compter les demandes ponctuelles [...] pour des événements précis », ajoute Mme Abogo.

Si trouver des bénévoles occasionnels demeure difficile, le défi est encore plus important pour des organismes qui souhaitent travailler avec des personnes ayant déjà des connaissances particulières. Marie-Thérèse Abogo donne pour exemple le camp Garagona qui doit travailler avec des bénévoles expérimentés.

Outils

Pourtant, le CAB de Cowansville travaille avec la plateforme « jebenevole.ca » qui permet d’afficher les offres de bénévolat facilement et permet aux intéressés d’appliquer comme s’il s’agissait d’une offre d’emploi. « On utilise également les réseaux sociaux et les groupes sur Facebook. On publie souvent ces offres de bénévolat sur les spotted par exemple », souligne Mme Abogo.

Avec un public cible vieillissant, la coordonnatrice aux bénévoles témoigne qu’il est parfois difficile de rejoindre tous les potentiels intéressés via les plateformes numériques.

Le centre d’action bénévole fait circuler un questionnaire pour tenter de mieux comprendre le manque d’intérêt pour l’implication bénévole et explorer ainsi de nouvelles approches. Il s’agit toutefois d’une problématique qui dépasse largement Brome-Missisquoi, selon Mme Abogo. « Plusieurs études tendent à démontrer que les Canadiens et les Québécois font du bénévolat pour briser l’isolement plutôt que purement pour la cause. » Il devient donc plus ardu de compter sur une implication constante.

Le CAB ne souhaite toutefois pas rester les bras croisés et essaie de nouvelles stratégies. L’organisme tente ainsi d’intéresser les plus jeunes en leur offrant de l’expérience et de la formation en échange de leur engagement. « Le problème, c’est qu’ils ne restent pas longtemps, dit-elle. Avec l’expérience qu’ils acquièrent, ils peuvent plus facilement se trouver un emploi et deviennent moins disponibles pour s’impliquer. »

LA FERMETURE DU MARCHÉ SOLIDARITÉ DE COWANSVILLE A EU L'EFFET D'UN ÉLECTROCHOC

Le marché de solidarité régionale de Cowansville était également en mode survie jusqu’à la fin février. « Nous fonctionnions avec l’aide de deux employés qui sont tous les deux tombés en congé de maladie pour une durée indéterminée, et comme nous sommes déjà deux bénévoles présents plus de 20 h par semaine, nous étions rendus au point de nous questionner sur l’avenir », explique Christine Hernandez, coordonnatrice du marché de Solidarité.

La semaine du 17 février, l’organisme a ainsi été contraint à fermer son centre de Cowansville et ses points de chute de Sutton et Waterloo. « Même du côté de nos membres, les gens ne sont pas tous conscients que nous sommes un organisme sans but lucratif et que nous avons besoin de bénévoles pour fonctionner. En fermant une semaine, le message est passé », soutient Christine Hernandez.

Ce « coup de barre » a permis de recruter cinq nouveaux bénévoles pour le marché de solidarité. Chacun de ces volontaires s’est engagé à investir quatre heures de son temps chaque semaine, et ce, sur une durée de trois mois. « Ça prend environ un mois pour qu’un bénévole soit complètement formé, on espère qu’il reste plus de trois mois ! » lance Mme Hernandez qui souligne que l’organisme pourrait encore accueillir quatre bénévoles supplémentaires.

Pour le marché de Solidarité, il s’agit d’un « virage de mode de fonctionnement », une nouvelle structure qui sera davantage basée sur l’effort des bénévoles prêts à s’engager sur le long terme. L’organisme souhaite toutefois continuer à travailler avec des employés provenant de programmes subventionnés.

« Auparavant, nous avions des gens qui venaient d’arriver dans la région ou qui étaient en réorientation professionnelle, mais avec la période de plein emploi, nous avons des employés qui étaient auparavant plus éloignés du marché du travail. Considérant que ce sont des emplois d’une durée de six mois et que la formation est toujours à recommencer, les nouveaux employés auront davantage un rôle de soutien aux bénévoles », explique-t-elle.

Avec l’achat local, Christine Hernandez souligne que son organisme a la chance d’avoir une « mission très parlante et très d’actualité ».

Le marché de Solidarité de Cowansville permet jusqu’à 70 producteurs de vendre leurs produits.