Pascal Bonin a lancé un appel de projets pour que les citoyens réalisent ses pancartes électorales. Il consacrera 80 % de son budget électoral à cette initiative.

Une campagne hors du commun pour Pascal Bonin

Le maire sortant et à nouveau candidat, Pascal Bonin, veut que les Granbyens mettent leur touche à sa campagne électorale. Il lance un appel de projets afin qu'ils réalisent ses pancartes électorales. Il consacrera jusqu'à 80 % de son budget électoral, soit 20 000 $, à cette initiative inusitée.
Selon lui, il s'agit d'une première au Québec. Comme les règles électorales sont strictes, Pascal­ Bonin dit avoir consulté le Directeur général des élections au cours des derniers mois pour s'assurer que son appel de projets soit conforme. 
« Je ne cherche pas une pancarte à 20 000 $. Au contraire, je cherche à avoir le plus de pancartes possible. (...) Les gens commencent à me connaître. J'aime les choses un peu différentes. C'est le temps de mettre nos couleurs », a affirmé le candidat à l'occasion d'un point de presse marquant le lancement de sa campagne. 
Les citoyens, artistes et organismes communautaires de tous horizons ont jusqu'au 1er septembre pour soumettre leurs idées en remplissant le formulaire de soumission, inclus dans l'appel de projet, disponible sur la page Facebook de Pascal Bonin. 
Celui-ci effectuera la sélection des oeuvres avec sa conjointe Isabelle­ Moisan et son frère, aussi agent officiel, Pierre-Alex Bonin. Un délai de 21 jours sera accordé pour la réalisation des pancartes sélectionnées. L'objectif est qu'elles soient accrochées à la fin septembre ou au début octobre. L'élection municipale est prévue le 5 novembre prochain.
Pied de nez 
Pascal Bonin se réjouit d'avoir trouvé une façon de redonner de l'argent à la communauté, en campagne électorale. Si ce type d'initiative était mise de l'avant au niveau provincial, « des millions de dollars » seraient ainsi remis, évoque-t-il. Plusieurs organismes et citoyens sont à la recherche de moyens de financement pour leurs projets. « En voilà un accessible », relève celui qui a été élu une première fois à la mairie en 2013.
Pascal Bonin dit aussi vouloir faire un « pied de nez » aux « fameuses photos photoshopées de candidats pour se rajeunir de 10 ans, avec l'accroche porte et le petit pamphlet électoral qui malheureusement se ramassent très souvent à la poubelle ».
Le candidat affirme avoir toujours été guidé par le désir de faire autrement en campagne électorale. Lors de son entrée en politique comme conseiller municipal en 2009, il avait utilisé une plateforme web, ce qui faisait de lui un « pionnier » en la matière, dit-il. 
Pascal Bonin reconnaît avoir opté pour des pancartes électorales classiques en 2013, alors qu'il convoitait la mairie, mais il avait choisi d'utiliser un logo illustrant sa réputation de « mouton noir » et avait misé sur les réseaux sociaux, alors que ceux-ci n'étaient pas aussi développés­ que maintenant. 
Conditions
Cette fois-ci, les citoyens, artistes ou organismes qui répondront à l'appel de projets du candidat pourront déposer jusqu'à trois soumissions pour autant d'oeuvres différentes. Les pancartes devront avoir une superficie minimale de 1,2 mètre (quatre pieds) par 1,2 mètre et, maximale, de 1,2 mètre par 2,4 mètres (huit pieds).
Parmi les conditions à respecter, les pancartes devront être à l'épreuve des intempéries, comporter le nom du candidat ainsi que son slogan « Et si on continuait ensemble ». C'est d'ailleurs une citoyenne, Cathy Vézina, qui a proposé ce slogan à la suite d'un appel à tous lancé par Pascal­ Bonin sur sa page Facebook. 
Comme il l'avait fait précédemment à La Voix de l'Est, le maire sortant a de nouveau affirmé vendredi qu'il entreprend sa dernière campagne électorale. Dans cette optique, il dit être « prêt à prendre des risques pour faire changer les choses ». 
Il dévoilera au cours des prochaines semaines les priorités qu'il mettra de l'avant en campagne électorale, mais il souligne qu'une « phase de réalisations » se dessine pour les quatre prochaines années, avec la construction du centre aquatique, dont le contrat sera bientôt accordé, le réaménagement de l'église Notre-Dame et la revitalisation du centre-ville. « Il y en a déjà énormément sur la table », laisse-t-il tomber.