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L’orthophoniste Judith Labonté
L’orthophoniste Judith Labonté

Une bourse pour aider les adultes qui bégaient

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
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Judith Labonté était toute jeune quand est né son désir d’aider les personnes souffrant de bégaiement. Voir son petit voisin subir de l’intimidation à cause de son problème d’élocution était pour elle aberrant. Aujourd’hui, l’orthophoniste de Bromont peut compter sur une bourse pour améliorer la qualité de vie de ces gens.

L’enveloppe de 11 000 $ remise cette semaine par l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ) permettra à Mme Labonté, Kelly Hibon et une petite équipe d’intervenantes de développer un programme de support virtuel pour les adultes qui bégaient, et ce, dans toutes les régions du Québec où le système public n’offre pas ce service.

«Dans les hôpitaux de Montréal, il y a eu des coupures dans les services gratuits pour les 25 ans et plus. Et plusieurs régions ne sont pas desservies. En Estrie, en raison de la pandémie, les listes d’attente pour voir un orthophoniste ont généralement augmenté, ce qui diminue l’accessibilité des services aux adultes. L’attente est souvent de plus de 12 mois, voire jusqu’à 24 mois», affirme-t-elle. Quant au secteur privé, l’offre y est aussi limitée.

Personnes vulnérables

On estime que le bégaiement touche près de 1% de la population. Au Québec, c’est donc dire que plus de 80 000 personnes vivraient avec cette vulnérabilité. Pour plusieurs, les impacts sur leur vie personnelle et professionnelle sont importants. D’où la nécessité de mettre sur pied un tel projet, rappelle Judith Labonté. Pour améliorer leur fluidité et surtout améliorer leur qualité de vie.

«On veut défaire les barrières et redonner confiance à la personne, malgré la présence de bégaiement.»

Ce projet-pilote compte sur la nouvelle réalité virtuelle pour offrir le service à distance, en groupe ou individuellement, selon les besoins. Et à moindre coût, insiste Mme Labonté. Les participants n’auront qu’à débourser 20% des frais de consultation habituelle. «On peut desservir un maximum de 16 personnes. Ça peut sembler peu, mais c’est beaucoup, car les personnes qui bégaient n’osent pas toujours demander de l’aide.»

De concert avec l’Association bégaiement communication (ABC), le programme d’aide se déroulera sur quelques mois. Les évaluations débuteront à l’automne 2021, suivies des interventions à compter du printemps 2022.

Au terme du projet, l’Association en assurera la continuité, se réjouit Judith Labonté.

Les personnes intéressées peuvent d’ailleurs visiter le site www.abcbegaiement.com