Pierre Lavoie était à Granby jeudi soir pour présenter plus en détail le projet de Lab-école de Shefford devant près de 200 personnes.

Une assemblée fort courue pour le futur Lab-école

L’assemblée de cuisine du futur Lab-école de Shefford a eu du succès. Beaucoup plus que prévu. La salle de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs d’une capacité d’une centaine de personnes en a accueilli près du double, jeudi soir.

Cet enthousiasme pour le projet de Lab-école a pris par surprise les organisateurs de la soirée. Un écran géant avait été installé dans le couloir, au cas où, mais comme il ne fonctionnait pas, tout le monde s’est retrouvé dans la salle du conseil, assis ou debout près des murs.

« Je ne m’attendais pas à ça ce soir, commente Pierre Lavoie, l’un des piliers de ce projet qui vise à repenser l’école au Québec. C’est le fun parce que c’est ce que je voulais. Je voulais me connecter aux citoyens. C’est beau de travailler avec tout le monde du terrain parce qu’on s’est quand même nourri des enseignants, des conseils pédagogiques, des élèves, mais il n’y a rien de mieux que de se connecter au milieu où sera l’école qui sera construite ou rénovée pour aller chercher leurs besoins, leurs inquiétudes. »

« Je savais qu’il y avait un engouement pour le projet, mais pas de cette ampleur-là », s’étonne pour sa part le directeur général de la CSVDC, Éric Racine, emballé par la mobilisation citoyenne.

La rencontre servait à mettre les citoyens intéressés au courant des derniers développements. M. Lavoie était sur place pour présenter le projet et répondre aux questions. Il a par ailleurs rappelé qu’il s’agit d’un des six laboratoires où seront testées des façons de faire qui sortent du cadre des écoles habituelles.

L’école de Shefford bénéficiera d’un des plus beaux sites parmi les projets. La nature est omniprésente et une vue imprenable sur la montagne devra être mise en valeur, croit M. Racine. Il y aura le plus de fenestrations possible pour la voir et laisser entrer la lumière. Des sentiers pédestres autour de l’école permettront aussi de faire du plein air.

Un gymnase suffisamment grand donnera un accès direct à la cour extérieure où des sections seront protégées par des toits, ce qui permettra de pratiquer des sports ou de sortir dehors malgré les intempéries, par exemple, ou encore de tenir une classe extérieure.

Concours d’architecture

Le slogan qui guidera les architectes sera « l’école en harmonie avec la nature », mentionne M. Racine. Une serre où pousseraient les légumes utilisés dans les repas servis à la salle à manger — et non la cafeteria — pourrait par ailleurs être construite. Elle deviendrait également un élément du volet pédagogique en permettant aux élèves d’apprendre à jardiner, de toucher et goûter les légumes. Même chose pour la cuisine, où les élèves seront appelés à participer pour apprendre à cuisiner.

Déjà, une période de réflexion a permis de jeter à terre les murs traditionnels des écoles québécoises. L’établissement d’enseignement de deux classes de maternelle et de deux classes de primaire, pour environ 300 élèves, sera conçu selon le site. Le bâtiment s’installera sur une parcelle du terrain de 40 acres proposé par la Ville de Shefford. Un établissement « pavillonnaire » avec un bâtiment central où se réuniront les élèves est déjà proposé.

Ce sera toutefois par un concours architectural que les plans de la future école seront décidés. Pierre Lavoie s’attend à ce qu’entre 200 et 300 firmes participent pour l’un ou l’autre des six Labs-écoles.

Le concours sera lancé à la fin de février et, à la fin de l’été, les quatre finalistes pour Shefford seront dévoilés. Un jury sera constitué pour voter pour le meilleur choix. La construction débutera à l’été 2020 pour se terminer à temps pour l’année scolaire 2021-2022.

Point de rassemblement

L’école sera accessible aux Sheffordois pour diverses activités, comme un spectacle ou du sport, les soirs, les fins de semaine et en été. La bibliothèque scolaire pourrait même en être une municipale. L’école deviendra un point de rassemblement important, même si ce ne sont pas tous les 550 enfants d’âge primaire de la municipalité qui la fréquenteront.

« L’école qu’on veut est une école qui appartient au milieu, a lancé M. Lavoie devant près de 200 personnes. La plus belle bâtisse dans un milieu devrait être l’école parce que c’est là qu’on fait pousser nos enfants, parce que c’est là qu’on plante ces petits arbres. Puis il faut leur mettre des tuteurs, les arroser, pour s’assurer qu’ils poussent droit. Quand on s’en occupe pas, des fois ils poussent de travers et une fois adultes, ils sont très difficiles à ramener. »

Modèle pédagogique

Une période de questions a conclu la rencontre. Plusieurs concernaient la façon d’enseigner.

« Les réflexions ont déjà débuté, mentionne en entrevue Éric Racine. Je suis vraiment heureux de voir que les parents ne se limitaient pas juste à l’aspect infrastructure physique, mais il y avait vraiment une pensée pédagogique derrière. Comme je disais, les infrastructures autour, ce sont des ressources qu’on doit mettre au profit de la pédagogie parce que la matière première, le but premier d’une commission scolaire est la réussite de nos élèves. Le Lab-école va nous aider à atteindre nos buts plus facilement. »

Déjà, le comité Lab-école a d’ailleurs pensé à des classes en forme de L, ce qui permettrait une forme d’enseignement différente.

Quant au budget d’opération pour permettre aux enseignants de meubler leur classe en bouquins, des enveloppes ministérielles sont dédiées à cela, assure le DG de la CSVDC. « Au niveau de la cour d’école, on est en ce moment en discussion avec Lab-école et avec le ministère parce qu’on ne veut pas livrer une école avec une cour où les enfants ne peuvent pas s’amuser, comme c’est le cas avec le financement d’une école régulière. »

Il est toujours possible de poser des questions et de donner des commentaires en passant par le site web du Lab-école de Shefford.