Déjà condamnée en 2016, notamment pour fraude, utilisation de documents contrefaits et séquestration, Carine Leroux fait l’objet de nouvelles accusations­.

Une arnaqueuse de nouveau accusée

De nouvelles accusations ont été déposées contre une femme de l’Estrie ayant été condamnée à la prison, en 2016, pour une arnaque peu commune commise aux dépens d’hommes rencontrés sur Internet.

Le tribunal reproche maintenant à Carine Leroux, 33 ans, d’avoir fraudé l’agence d’artistes Pierre Gravel International, de Granby, ainsi que la Caisse Desjardins de Granby—Haute-Yamaska.

Mme Leroux, qui habite désormais la municipalité de Wotton, aurait encaissé en double des chèques lui ayant été remis par l’agence d’artistes, son ancien employeur, lors de sa cessation d’emploi pour manque de travail.

Elle a ensuite entamé, au printemps 2016, une peine de deux ans de prison pour fraude, séquestration, entrave, usurpation d’identité ainsi qu’utilisation et fabrication de documents contrefaits.

Employée modèle
C’est en lisant La Voix de l’Est, à l’époque, que l’imprésario Pierre Gravel a appris que son ex-employée était à l’origine d’une arnaque visant à manipuler trois hommes afin qu’ils habitent avec elle.

« On a été surpris de constater ça, ça ne lui ressemblait pas du tout, indique-t-il. Nous n’avions rien remarqué. C’était une bonne employée et il n’était jamais rien arrivé avec elle. »

Selon M. Gravel, Mme Leroux a encaissé ses chèques, totalisant 670 $, une première fois en les photographiant à l’aide de son téléphone intelligent. Elle aurait ensuite cherché à les encaisser une deuxième fois à sa sortie de prison.

Elle s’est excusée par lettre auprès de l’agence d’artistes, mais la caisse Desjardins, qui a crédité l’entreprise, a porté plainte à la police. Le dossier est revenu devant la cour, cette semaine, pour la forme.

Faux et usage de faux
Entre 2010 et 2014, et à l’aide de faux documents, de fausses déclarations et de figurants déguisés en policiers ou faisant office d’avocat, Carine Leroux avait essayé de convaincre trois hommes qu’elle avait brièvement fréquentés, dans la région de Granby, qu’ils étaient accusés de crimes de nature sexuelle, entre autres envers des enfants.

Les victimes se voyaient ensuite imposer de fausses conditions de remise en liberté incluant l’obligation d’habiter avec l’accusée. Un montant de 1000 $ a été extorqué dans un cas.

Le fait que Mme Leroux, mère de deux enfants, ait été endettée au moment des faits expliquerait en partie son comportement, avait estimé la juge Julie Beauchesne en rendant sa sentence. Mais l’accusée avait aussi peu de confiance en soi, a souffert de dépression et les mensonges « faisaient partie intégrante de son mode de fonctionnement ».

« Le tribunal ne sait pas quel est son mobile, a dit la juge. Cela restera son secret. Mais il croit qu’elle a agi froidement afin de prendre le contrôle sur des hommes qui n’avaient pas semblé intéressés par sa personne. »

Dans deux des trois dossiers, les victimes ont pu compter sur l’aide d’un tiers qui a mis la supercherie au jour après quelques heures. Mais le troisième homme a consenti à habiter avec Mme Leroux plusieurs mois avant de comprendre qu’il se faisait avoir.

Il a raconté avoir « vécu l’enfer pendant plusieurs semaines, au point où il a songé au suicide » et s’est dit « à bout de forces ».

« Une grande préméditation »
De faux courriels, mandats, estampes de la cour, cartes, insigne et uniformes de policiers, des scénarios fort élaborés et « une grande préméditation » avaient été utilisés, souvent à la suite d’une seule première rencontre.

Mme Leroux a « effrontément emprunté, subtilisé et/ou forgé des documents provenant des institutions dont la crédibilité et le prestige sont à la base même de l’organisation de notre société », a écrit la juge Beauchesne.