«Je veux savoir le plus rapidement possible si quelqu’un va décrocher, explique le directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Éric Racine. Parce qu’avec le temps, certains plis sont plus difficiles à défaire.»

Une application anti-décrochage de la CSVDC pourrait faire des petits

Une application inédite créée par Val-des-Cerfs pour cibler les éventuels décrocheurs pourrait être reprise par d’autres commissions scolaires.

Cet outil, qui croise les données de différentes sources comme le répertoire des résultats scolaires, de l’assiduité ou encore l’indice de défavorisation, a été récemment présenté au ministère de l’Éducation. Une autre visite à Québec est prévue pour la fin octobre.

« Ça a super bien été, ils étaient fort intéressés », indique le directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC), Éric Racine, qui n’exclut pas que l’idée soit reprise ailleurs.

L’application toujours non baptisée a été développée par la commission scolaire en collaboration avec la firme Raymond Chabot Grant Thornton. Elle permet de rassembler des données qui évoquent peu lorsque prises isolément, mais beaucoup quand elles sont considérées sur une longue période ou croisées avec d’autres.

Par exemple, une note de 68 % en mathématiques n’est pas inquiétante en soi. Mais si on réalise que les résultats dans cette matière n’ont cessé de décliner depuis le primaire, le pédagogue avisé y voit un signal d’alarme.

« Le rendement scolaire, c’est une chose qui passe souvent sous le radar, dit le directeur général. Pas les échecs, mais la baisse des résultats. Une diminution constante des notes a une haute incidence sur le potentiel de décrochage. »

Couplage

Cette donnée prend encore plus d’importance si elle est couplée à d’autres, comme un désintérêt des cours de langue, un besoin en soutien professionnel (psychologue, technicienne en éducation spécialisée, etc.) ou l’âge de l’enfant s’il est plus jeune ou plus âgé que la moyenne de son groupe.

« Un élève a plus de difficultés dans son estime de soi s’il n’est pas avec des jeunes de son groupe d’âge », explique M. Racine. Même chose s’il a subi un nombre élevé de déménagements. En tout, six bases de données sont fusionnées en une seule.

En remontant dans le temps, l’application s’est révélée avoir un taux d’efficacité de 92 %. Elle peut maintenant être utilisée pour identifier les élèves à risques, qui bénéficieront de davantage de soutien. Présentement, une centaine d’élèves de 6e année du primaire sont identifiés comme « à risque ».

« On peut cibler de façon plus spécifique les élèves qu’on ne voyait pas venir, et ce, de la 6e année jusqu’en secondaire 3. Je veux savoir le plus rapidement possible si quelqu’un va décrocher. Parce qu’avec le temps, certains plis sont plus difficiles à défaire. »

Reste à voir si l’application permettra effectivement de « sauver » des élèves, « mais c’est un pas dans la bonne direction », dit Éric Racine. Les dernières données disponibles indiquent un taux de décrochage de 11,4 % sur le territoire de Val-des-Cerfs.