Les champs agricoles situés derrière les maisons de la rue Western, à Waterloo, ont été arrosés en juillet 2018 de Roundup, un herbicide commercialisé par Monsanto. Le propriétaire, la compagnie les Vallons, souhaitait remplacer sa production de fourrage par une culture de soya.

Une amende de 1000 $ pour avoir utilisé du Roundup près d'un cours d'eau

L’utilisation de Roundup trop près d’un ruisseau coûtera 1000 $ à une entreprise agricole à Waterloo. L’incident, qui s’est produit en juillet 2018, a poussé les autorités municipales à réécrire leur règlement pour encadrer plus sévèrement l’utilisation de cet herbicide sur des terres agricoles.

L’amende a été signifiée à la compagnie Les Vallons le 28 mai dernier, a indiqué Louis Verhoef, directeur général de la ville. L’enquête a nécessité plusieurs mois d’investigation après qu’un couple du secteur de la rue Western, où se trouvent les champs agricoles concernés, se soit plaint auprès de la municipalité de l’utilisation d’un herbicide près de maisons.

La direction de l’urbanisme a analysé les informations recueillies par un de ses inspecteurs. Elle a également fait venir le rapport de l’inspecteur du ministère de l’Environnement. « On voulait voir ce qu’il avait vu, ce qu’il avait constaté. Finalement, on avait toutes les informations », a expliqué M. Verhoef jeudi.

L’inspecteur de la Ville est intervenu rapidement lorsque les citoyens du secteur ont rapporté qu’un produit chimique était utilisé dans les champs agricoles connus comme étant la terre Norris, a dit M. Verhoef. L’employé municipal a parlé avec l’opérateur de l’équipement pour lui rappeler les distances à respecter pour les fossés et les ruisseaux. Il appert qu’il avait déjà transgressé certaines de ces balises, a-t-il dit. C’est sur cette base que l’amende a été donnée, d’ajouter le directeur général.

Cet incident a amené le conseil municipal à revoir sa réglementation sur l’utilisation de pesticides, du Roundup tout particulièrement. Bien que les citoyens ne peuvent les utiliser sur le territoire de la Ville, les agriculteurs y ont droit en vertu de la Loi sur les pesticides. Or, les municipalités peuvent émettre des conditions. C’est ce qu’ont fait les élus l’automne dernier après l’analyse de l’incident complétée, a dit M. Verhoef.

La réglementation waterloise exige depuis que les agriculteurs demandent un permis d’utilisation du Roundup avant de l’utiliser. Ils doivent de plus démontrer qu’aucun autre produit ou une autre approche ne pourrait être utilisé dans le même but.

Selon nos informations, l’épandage de Roundup avait pour but de tuer les herbes qui poussaient dans les champs pour pouvoir cultiver du soya. Une superficie de 39,3 hectares (97 acres) a été arrosée.

Une enquête est également en cours au ministère de l’Environnement sur cet incident.

Pris au sérieux

Scarlett Jennifer Foerster, une des plaignantes, est heureuse que l’affaire soit close. Elle craignait que tout soit balayé sous le tapis. « Quand on m’a dit que ça pourrait prendre un an avant qu’une amende soit donnée, j’ai trouvé ça cynique. Mais je suis très satisfaite, très heureuse que la municipalité ait pris ça au sérieux. Mais on réalise qu’il faut être patient, résilient et tenace pour que les choses aboutissent », a-t-elle confié à La Voix de l’Est.

Nous n’avons pas été en mesure jeudi de communiquer avec Guy Noël, propriétaire des Vallons.