Donna Kane a manifesté devant le bureau du député Pierre Breton, lundi.

Une activiste soutient les Autochtones

La Granbyenne et activiste Donna Kane dénonce fermement le projet de construction du pipeline Coastal GasLink en Colombie-Britannique. Elle est allée manifester lundi devant le bureau du député de Shefford, Pierre Breton, en signe de solidarité envers les membres de la Première Nation Wet’suwet’ qui veulent empêcher le début des travaux.

Le 7 janvier dernier, quatorze personnes ont été arrêtées par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) parce qu’elles bloquaient l’accès des ouvriers au site. Des membres de la nation Wet’suwet’ en désaccord avec le projet ont érigé un campement et un point de contrôle dans le nord de la province.

Dans un article de La Presse canadienne, on pouvait lire qu’une injonction de la Cour suprême de la Colombie-Britannique exigeait le démantèlement d’un blocus et ordonnait à toute personne qui interférait avec le projet de Coastal GasLink, près du pont de la rivière Morice, de retirer tous les obstacles. Chose que les manifestants n’ont pas faite.

« La GRC est violemment rentrée et les a arrêtés. Je connais une personne qui a été blessée et battue de façon sévère. Je suis ici en solidarité avec ces gens-là. Je revendique pour le respect et la reconnaissance de notre peuple indigène ; la protection de la Terre pour l’avenir de tous nos enfants qui sont là et qui s’en viennent », scande Mme Kane.

Ces quatorze manifestants ont comparu lundi devant le tribunal à Prince Georges. « Je réclame l’annulation des accusations contre ces quatorze personnes qui ont défendu le territoire de façon pacifique avec énormément de courage », raconte Mme Kane.

Consentement

Le pipeline de la filiale de TransCanada devrait s’étirer sur 700 kilomètres. Les travaux de construction entraîneront la destruction des terrains de trappage du camp Unist’ot’en et des forêts anciennes.

Mme Kane relève que les chefs traditionnels des cinq clans du vaste territoire de la Première Nation Wet’suwet’ n’ont jamais donné leur accord à ce projet.

En effet, le territoire Wet’suwet’ est sous la juridiction des chefs traditionnels alors que les réserves sont sous la juridiction des chefs des réserves.

« Le peuple est dans son droit légal de dire non. Je veux que M. Breton prenne connaissance du dossier et de ses injustices. Je veux qu’il représente les citoyens qui n’aiment pas l’injustice », argumente Mme Kane.

Légal ?

Le projet de pipeline a été autorisé par la British Columbia Oil and Gas Commission et est réglementé par cette dernière. Actuellement, l’Office national de l’énergie (ONE) prend connaissance de la contestation du Vancouverois Michael Sawyer qui avance que le projet relève d’un champ de compétence fédérale, car le pipeline en question est branché sur un pipeline partant de l’Alberta. M. Sawyer remet en question la légalité du projet, évoque Mme Kane.

Cette dernière croit que ce projet est un abus de pouvoir. « La compagnie est en infraction sur six points en lien avec leur permis. Ils font ce qu’ils veulent et ils sont protégés par la GRC. Ça n’a pas d’allure », soutient-elle.

« Les gouvernements provincial et fédéral doivent révoquer les permis de ce projet jusqu’à ce que les normes de consentement libre, préalable et informé soient respectées », a déclaré Stewart Phillip, de l’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique, par communiqué, le 6 janvier dernier.

Rencontre

Mme Kane n’a pas pu s’entretenir avec M. Breton, qui était à Ottawa.

Dany Giard, le conseiller en communication de M. Breton, lui a offert d’organiser une rencontre pour en entendre davantage sur son opinion. « Elle s’est présentée à brûle-pourpoint, alors on lui a proposé de prendre rendez-vous avec lui », explique M. Giard.

Celui-ci mentionne qu’il y a un certain cadre à respecter en ce qui a trait aux demandes des citoyens qui souhaitent avoir des réponses à leurs questions précises. « Il me manquait beaucoup d’informations, donc je ne pouvais pas me prononcer. Ça demande de la recherche au préalable », soutient M. Giard.

Au départ, Mme Kane a insisté pour manifester à l’intérieur même du local, ce que le personnel du bureau a refusé. « Quand on rencontre quelqu’un, on veut que ce soit constructif. Rester assis là sans pouvoir lui donner de réponses ça ne sert pas à grand-chose », image-t-il.

M. Giard lui a alors fait comprendre qu’elle aurait un plus grand impact en allant manifester à l’extérieur.