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Marie-Pier Lévesque, en collaboration avec la Laiterie Chagnon, a créé le yogourt à boire Fredou, dont une partie des profits issus de la vente iront au programme Nager pour survivre.
Marie-Pier Lévesque, en collaboration avec la Laiterie Chagnon, a créé le yogourt à boire Fredou, dont une partie des profits issus de la vente iront au programme Nager pour survivre.

Un yogourt en hommage à la petite Frédérique

Florence Tanguay
Florence Tanguay
La Voix de l'Est
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Dans le but de rendre hommage à leur petite fille décédée cet été, mais surtout de sensibiliser le public aux dangers de la noyade, Marie-Pier Lévesque et Christian Kaiser ont créé, avec la Laiterie Chagnon, le yogourt à boire Fredou. Une partie de l’argent issu de la vente du produit sera remise au programme Nager pour survivre de la Société de sauvetage du Québec.

«Rendre hommage à Fredou, ça va être toute ma vie», énonce Marie-Pier Lévesque, la mère de la petite Frédérique Kaiser, décédée le 4 juillet 2020 par noyade. Quelques semaines après le drame, Mme Lévesque a trouvé l’occasion parfaite d’honorer la mémoire de sa fille. «J’ai la chance que mon conjoint soit le copropriétaire de la Laiterie Chagnon, à Waterloo, qui se préparait déjà à sortir un yogourt à boire pour enfants», se rappelle la maman. L’idée de nommer ces nouveaux produits Fredou, en l’honneur de la petite fille de trois ans, a tout de suite été applaudie par ses proches. «On a discuté avec toute la famille, et tout le monde a vraiment apprécié», fait savoir Mme Lévesque, qui réside à Noyan.

Les étiquettes des yogourts ont été créées afin de bien de représenter l’enfant pleine de vie qu’était Frédérique. Pour ce faire, une petite vache brune, avec laquelle «Frédérique était en amour», apparaît sur chacune des bouteilles. Sur son ventre figure un petit arc-en-ciel, semblable à celui qui était sur le dernier gâteau d’anniversaire de la fillette, le 19 mai dernier. «Frédérique portait aussi toujours un chandail avec un arc-en-ciel», ajoute Mme Lévesque.

La petite Frédérique Kaiser, âgée de trois ans, est décédée par noyade en juillet 2020.

Elle précise que, bien qu’elle ait fourni des idées, la création et la commercialisation du produit ont été rendues possibles grâce à la collaboration de toute l’équipe de la Laiterie Chagnon.

Un yogourt caritatif

L’idée de donner une partie des profits issus de la vente des yogourts Fredou n’est par contre pas venue immédiatement. «C’est venu plusieurs semaines après. Je suis allée à ma bibliothèque municipale et j’ai demandé s’il y avait un livre sur le deuil, relate Marie-Pier Lévesque. On m’a sorti le livre de Sylvie Bernier, Le jour où je n’ai pas pu plonger.» La lecture de ce livre a provoqué un «déclic» chez la maman, qui a eu un besoin d’agir pour changer les choses.

Marie-Pier Lévesque et son conjoint, Christian Kaiser, ont donc décidé de donner une partie des revenus au programme Nager pour survivre de la Société de Sauvetage du Québec, dont Sylvie Bernier est la marraine d’honneur. Ce programme a pour objectif d’apprendre aux enfants d’âge primaire les bases de la natation nécessaires pour survivre s’ils tombaient de façon involontaire dans l’eau.

La création et la commercialisation du produit a été rendue possible grâce aux copropriétaires de la Laiterie Chagnon, Nathan et Christian Kaiser, ainsi que toute leur équipe.

«On va remettre des montants une fois les produits vendus, explique M. Kaiser. On s’est donné un montant minimal, mais avec les ventes qui surpassent nos attentes, on va probablement donner plus que ce qu’on avait prévu.» Mais la mission des yogourts va au-delà d’une somme d’argent. «On veut faire connaître le programme et les aider à donner plus de cours, précise-t-il. Si on peut empêcher un parent de vivre ce qu’on vit, c’est déjà une victoire.»

Un geste important

Raynald Hawkins, porte-parole et directeur général de la Société de sauvetage du Québec, a, sans surprise, accueilli favorablement cette idée. «Chaque dollar investi dans notre cause est un dollar qui nous aide à atteindre notre objectif de diminuer les décès liés à l’eau», souligne M. Hawkins.

«La majorité des parents rencontrés au fil du temps ne veulent pas que leur enfant soit décédé en vain, ils veulent qu’il y ait un apprentissage à travers de ça, explique le directeur général. Ça leur permet de mettre un baume sur cette tristesse par un geste constructif qui fera la différence.» Bien que plusieurs dons ont été remis au fil du temps à l’organisme après la noyade d’un être cher, il précise qu’il s’agit de la première fois que ces dons sont associés à la vente d’un produit. L’argent obtenu devrait notamment servir à déployer davantage le programme dans les écoles primaires de la région. «Je ne peux pas faire autrement que dire merci», conclut M. Hawkins.

Les parents de Frédérique sont aussi très reconnaissants de l’accueil qui a été réservé aux yogourts Fredou. «Depuis que j’ai partagé mon histoire mardi, j’ai juste des commentaires super positifs. Je ne pensais pas du tout que les gens allaient nous encourager comme ça», soutient Mme Lévesque. Les yogourts à boire, accessibles en quatre saveurs dans toutes les succursales IGA du Québec depuis une semaine maintenant, devraient être sur les tablettes pour un petit moment. «Si les enfants l’adoptent, on va continuer [d’en produire] tant et aussi longtemps que le produit fonctionne», termine M. Kaiser.

Les yogourts à boire Fredou sont disponibles en quatre saveurs dans tous les IGA du Québec.