Mateusz Syska se plaisait à photographier sous les jupes des femmes à leur insu.
Mateusz Syska se plaisait à photographier sous les jupes des femmes à leur insu.

Un voyeur condamné pour avoir pris des photos sous les jupes des femmes

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Un voyeur qui aimait photographier des femmes à leur insu et qui s’est livré au trafic de cocaïne vient d’être condamné à une peine de prison discontinue de 90 jours.

Le 15 mai 2018, Mateusz Syska, un résident de Farnham âgé de 38 ans, a été pris sur le fait par une employée du supermarché Metro, alors qu’il prenait des photos sous la jupe d’une cliente avec son téléphone cellulaire, et ce, à son insu.

À la suite de sa dénonciation au service de police, une perquisition a lieu au domicile de M. Syska, qui s’est retrouvé encore plus dans l’eau chaude quand les enquêteurs ont découvert chez lui une clé USB contenant de nombreuses autres photos prises dans des circonstances similaires.

Ils ont aussi trouvé une caméra qu’il avait installée dans sa salle de bains pour se filmer en ayant des relations intimes avec sa conjointe des dernières années. Cette dernière ignorait qu’une caméra avait été cachée à cet endroit.

De plus, la perquisition a mené à la saisie de 25 grammes de cocaïne, de plusieurs sacs de type Ziploc, de balances électroniques, d’une liste de comptabilité de même qu’une somme totale de 5720$ en argent, lui valant une accusation de possession de stupéfiants en vue d’en faire le trafic en plus de celle de voyeurisme.

L’électricien de profession, qui travaille à temps plein depuis un an et demi pour CBC Électrique inc., avait bénéficié d’une absolution inconditionnelle pour des accusations de menace et d’entrave en 2015.

Risque de récidive

Par ailleurs, en 2014, M. Syska avait aussi été interpellé par un policier alors qu’il filmait, à leur insu, deux femmes faisant du patin à roues alignées sur une piste cyclable, le tout dans l’objectif de se masturber plus tard en regardant la vidéo. Le policier avait effacé le fichier immédiatement.

Cela ne l’a pas empêché de récidiver, a-t-il lui-même reconnu. Deux ans après son arrestation, l’accusé ne comprenait toujours pas ce qui l’avait mené au voyeurisme, qu’il ne percevait pas comme une problématique chez lui. Il se serait d’ailleurs montré très réfractaire à effectuer un suivi en lien avec la délinquance sexuelle, ce que son agent de probation a qualifié d’ «embûche non négligeable».

Or, lors de l’audience sur la détermination de sa peine, M. Syska a néanmoins affirmé avoir honte de son comportement de voyeur, par lequel il ne pensait faire aucun mal, et a démontré la volonté de regagner la confiance de sa conjointe, avec qui il a eu un fils aujourd’hui âgé d’un peu moins de trois ans.

Celle-ci a témoigné de son incompréhension face aux gestes posés, en plus de s’être sentie trahie et trompée. Elle est toutefois d’avis que maintenant qu’il a cessé sa consommation de drogue et qu’il a réalisé l’inadéquation de son comportement, son conjoint ne recommencera pas.

«Bien qu’il mentionne à l’agent de probation ne pas voir la nécessité d’une thérapie, l’accusé affirme qu’après avoir discuté avec sa conjointe il comprend qu’il est préférable de mettre toutes les chances de son côté pour éviter la récidive», a également relevé la juge Danielle Côté.

L’expert en charge de l’évaluation psychosexuelle de l’accusé croit pour sa part que celui-ci a un intérêt marqué pour ce comportement sexuel déviant qu’il nourrit depuis plus de 15 ans, et que le risque de récidive est donc bien présent. En ce sens, l’expert estime peu réaliste qu’il puisse s’en défaire rapidement et sans soutien.

Par rapport au trafic de drogue, M. Syska a fait valoir qu’il ne s’y adonnait que depuis 6 à 12 mois, que ses clients étaient des amis, qu’il ne vendait pas dans les bars et qu’il ne tirait pas d’autre profit de ses transactions que ce qu’il en coûtait pour sa consommation personnelle.

«Il n’en demeure pas moins que la quantité est importante, qu’il s’agit d’une drogue dure et qu’il est en possession du matériel du parfait trafiquant», a rappelé la juge, qui prend toutefois acte de la transparence de l’accusé dans son témoignage et du fait qu’il a cessé sa consommation.

Couper la poire en deux

La Couronne recommandait une peine de 45 à 50 jours de prison pour l’accusation de voyeurisme et une peine semblable pour la possession dans le but de trafic de cocaïne, portant à 90 jours la durée de la détention, qu’elle soit purgée de façon discontinue ou non.

De l’autre côté, la défense plaidait plutôt pour une amende et des travaux communautaires pour le chef de voyeurisme, et une peine maximale de 30 jours de prison à être purgés de façon discontinue pour la possession de cocaïne dans le but d’en faire le trafic.

La magistrate a finalement choisi de couper la poire en deux et de condamner Mateusz Syska à 90 jours de prison à être purgés du samedi matin au dimanche soir, à compter de la fin de semaine dernière.

Le tout est assorti d’une probation de deux ans dans le cadre de laquelle l’accusé devra observer une conduite exemplaire, se présenter à toutes les rencontres auxquelles il est convoqué dans le cadre de ce dossier, ne pas fréquenter de personnes qui consomment, possèdent ou font le trafic de drogues et se soumettre à une psychothérapie, voire une thérapie en matière de délinquance sexuelle.

Il sera de plus interdit à Mateusz Syska de posséder des armes pour une période de 10 ans et il devra fournir un prélèvement pour analyse génétique, en plus d’être consigné au Registre des délinquants sexuels pour la prochaine décennie.