Le Parti québécois a «pris une nouvelle direction au niveau énergétique et j’ai décidé d’embarquer avec eux», dit Jacques Tétreault.

Un Vert passe au bleu

Fort d’avoir connu quatre campagnes électorales sous la bannière du Parti vert du Canada, l’enseignant de sciences retraité et militant environnemental Jacques Tétreault se lance en politique provinciale avec le Parti québécois.

Le résident de Saint-Dominique — « Le bout de ma terre est à Saint-Valérien-de-Milton, donc ma cabane à sucre est dans le comté de Johnson ! », dit-il — ne voit pas de problème avec ce changement de cap. Ni avec le souvenir que le gouvernement péquiste avait appuyé, de 2012 à 2014, la fracturation hydraulique sur l’île d’Anticosti, la circulation de superpétroliers sur le fleuve et l’arrivée du pétrole des sables bitumineux.

« Le PQ a fait un virage à 180 degrés par rapport à ça, indique l’homme de 65 ans lorsque joint par La Voix de l’Est. Ils ont pris une nouvelle direction au niveau énergétique et j’ai décidé d’embarquer avec eux. »

M. Tétreault admet s’être déjà « battu » contre le PQ. « Je n’ai aucune gêne à le dire. Mais leur récent virage vers les énergies nouvelles a été le déclencheur qui m’a fait redécouvrir le Parti québécois. C’est le parti qui représente le mieux mes valeurs actuellement. »

Ce n’est pas une question de « fatigue » du Parti vert, mais bien une « évolution », dit celui qui a beaucoup milité contre les gaz de schiste. Il insiste que le gouvernement actuel « n’a pas l’énergie ni la volonté de faire les virages technologiques qui s’imposent face aux changements climatiques ». « On est la vraie alternative aux libéraux. »

Même si, pour l’élection du 1er octobre, les sondages placent le PQ bon troisième dans les intentions de vote. « Relever des défis, pour moi, ce n’est pas un problème, dit le candidat. Et je pense que les valeurs du PQ sont beaucoup plus proches de celles des Québécois que celles de la CAQ. Je veux que les gens soient informés de ce que la PQ a à offrir de différent. »

Jacques Tétreault se propose de consulter la population de Johnson à la faveur de cafés-rencontre et d’en profiter pour expliquer le programme du parti. « Je ne suis pas un gars à faire des promesses, je veux arrimer le programme aux besoins du milieu », dit-il.

Il rappelle que l’indépendance du Québec est « certainement » une option viable. « Ça fait longtemps que ça a été démontré. » D’ici là, « il y a eu tellement de coupes de la part du gouvernement libéral qu’il y a beaucoup de choses à reconstruire. »

André Lamontagne, de la CAQ, veut continuer d’être un député «très impliqué dans son milieu et près des gens».

André Lamontagne se représente
L’actuel député de Johnson, le caquiste André Lamontagne, est le seul autre candidat en lice pour l’instant. L’ex-homme d’affaires de 57 ans propose « la continuité » de ce qu’il fait depuis quatre ans, soit être un député « très impliqué dans son milieu et près des gens ».

« J’aurai peut-être des engagements en campagne », dit-il en mentionnant les centres de la petite enfance, « quelque chose qu’on va chercher à pousser davantage ».

M. Lamontagne rejette l’étiquette de « parti d’hommes d’affaires de droite » que les critiques aiment accoler à la CAQ. « Avec tout ce qu’on suggère pour les aînés (NB : plus de bains, de gicleurs dans les résidences et une meilleure nutrition), on ne peut pas dire qu’on est à droite », dit le député.

Le fameux « test des valeurs » que la CAQ veut imposer aux immigrants trois ans après leur arrivée ne lui apparaît pas controversé. « Dans le fond, les gens peuvent bien répondre ce qu’ils veulent, dit le résident de Montréal. C’est plus un message, un signal qu’on envoie. »

« C’est vrai qu’on a beaucoup d’entrepreneurs à la CAQ, poursuit-il. Si on peut inculquer un peu de réflexes entrepreneuriaux dans l’appareil gouvernemental, ça serait bien. » Comme faire de meilleurs suivis des programmes et couper dans l’administration afin de « redonner plus de services ».

« Ça fait 50 ans qu’on a les deux mêmes partis qui nous dirigent, et à peu près le même depuis 15 ans, dit André Lamontagne. On est convaincus qu’on peut être plus efficaces. Il y a un vent de changement. Oui, l’emploi va bien, mais il reste que le Québec a des difficultés. Avec la CAQ, on va avoir un premier ministre économique. »