Diane Dutil, Nicole Ouellette, Lise Tétreault et Laure Chaussé sont membres de l’exécutif de l’Association culturelle des femmes de Granby.

Un tout dernier «souper de sacoches»

Le 15 mai marquera la fin d’un très long chapitre de fous rires, d’échanges, de confidences et d’apprentissages dans l’histoire des organismes de Granby. Après 58 ans à favoriser les échanges entre les Granbyennes de tous âges, l’Association culturelle des femmes de Granby sera dissoute, faute de relève.

Après un sommet de près de 450 membres au début des années 1980, l’Association n’en compte aujourd’hui que 58, soit une dizaine de plus qu’à sa fondation, au tournant des années 1970.

Ce n’est pas par gaieté de coeur que les responsables du groupe ont choisi de mettre un terme à leurs activités.

« En 58 ans, il s’en est passé bien des choses. Je pars avec beaucoup de fierté et un peu de peine. Mais il n’y a plus de relève, ça fait au moins 10 ou 15 ans, déplore la présidente de l’organisme, Lise Tétreault. Ça fait des années qu’on essaie, mais on ne trouve personne pour reprendre le flambeau. »

L’exécutif est demeuré le même depuis quelques années. « Déjà, en 2009, je demandais qu’on prenne la relève à ma place », renchérit Nicole Ouellette, qui était présidente de l’association à l’époque.

« Les jeunes sont peut-être moins intéressés, il y a d’autres choses à faire », suppose pour sa part Diane Dutil, également membre du bureau de direction.

On marquera le coup en organisant un tout dernier souper-conférence au Chalet de l’Érable, le 15 mai prochain. Le musicien Jean-Luc Hébert et sa compagne Johanne Buisson seront les invités d’honneurs de cette soirée qui se veut plus légère.

L’exécutif s’affaire actuellement à réunir ses documents d’archives afin d’en faire don à la Société d’histoire de la Yamaska.

Par et pour les femmes

Fondé en 1960 sous le nom « Les femmes de carrière de Granby », le regroupement est venu au monde dans le mouvement d’émancipation des femmes, alors que celles-ci recommençaient à renouer avec le marché du travail et occuper l’espace public, dans la période d’après-guerre.

« Il y a eu des femmes de tous les secteurs : des enseignantes, des infirmières, des employées de l’hôtel de ville... », énumère la secrétaire, Laure Chaussé.

Si l’organisme est devenu l’Association culturelle des femmes de Granby une dizaine d’années plus tard, dans l’optique d’inclure davantage de femmes en son sein, il n’a toutefois pas dévié de sa mission de proposer des rendez-vous mensuels visant la réalisation et l’épanouissement de la femme, le troisième mercredi de chaque mois de septembre à mai.

À chaque occasion, un conférencier invité venait entretenir les femmes d’un sujet donné.

« En 58 ans, je pense qu’on a passé tous les domaines, lance Mme Tétreault. On a reçu des avocats, des artistes, des écrivains, des gazelles, des humoristes... »

« J’ai toujours trouvé ça intéressant, souligne Nicole Ouellette. Même si je ne connaissais pas tous les conférenciers, j’ai toujours appris quelque chose lors de ces soirées ! »

À quelques occasions, les hommes ont pu accéder à ces soirées... sur invitation seulement !

Un frein à l’isolement

Plus de la moitié des membres font partie du groupe depuis plus de vingt ans, certaines même depuis quarante ans. Impossible toutefois de savoir avec exactitude quelle est leur moyenne d’âge. « Plusieurs refusent de nous révéler leur âge ! », affirme avec humour la présidente.

En tout et pour tout, 1756 femmes de Granby et des alentours ont rejoint les rangs de l’association sur ses presque six décennies d’existence, ce qui a permis à plusieurs de briser leur isolement.

« Il y a des femmes qui n’auraient peut-être pas eu d’amies si elles n’avaient pas été dans l’association, souligne Mme Tétreault. D’autres venaient d’arriver dans la région et ne connaissaient personne. Au fil de nos rencontres, elles ont intégré une gang de femmes. Il s’est formé, au fil du temps, des groupes d’amies. Après tout, c’était nos soupers de sacoches ! »