Un Suttonnais devra répondre à des accusations d’agressions sexuelles et de voies de fait sur trois femmes, dont une adolescente.

Un Suttonnais accusé d’agressions sexuelles

Un Suttonnais devra répondre à des accusations d’agressions sexuelles et de voies de fait sur trois femmes, dont une adolescente. Baris Ugurlu, propriétaire d’un restaurant et âgé de 45 ans, a été arrêté par la Sûreté du Québec de Brome-Missisquoi le 27 mars à la suite d’une enquête menée depuis janvier.

À la fin janvier, une adolescente qui travaillait avec l’accusé aurait été victime d’une agression sexuelle. La Voix de l’Est s’est entretenue avec ses parents, dont l’identité demeurera secrète pour protéger la victime. 

L’adolescente était à l’emploi du commerce depuis peu. Un soir, le propriétaire l’a invitée à prendre un verre.

« Il l’a saoulée avec du rhum. Il l’a amenée dans le sous-sol où il a commis ses actes. Il avait barré les portes. Quand sa mère est allée la chercher, les portes étaient barrées. Je suis certain que ma fille a eu la drogue du viol. Elle vomissait sans arrêt. Elle pleurait, elle n’était plus là. C’était pas normal. »

À son retour à la maison, toujours sous l’effet de l’alcool et peut-être du GHB, la jeune femme a même tenté de s’enlever la vie. Aujourd’hui, elle ne se souvient plus de ce qui s’est passé entre les murs du sous-sol du commerce. Elle a cependant passé des tests plus tard à l’hôpital. 

« Les premières semaines, elle s’enfermait dans sa chambre, reprend sa mère. Elle vivait seule dans son monde et prenait plusieurs bains par jour. Elle a recommencé à vouloir voir des amis, mais elle vit de nuit maintenant. C’est plus la même petite fille. »

Chaque fois qu’elle s’esclaffe ou qu’elle parle fort, ses parents s’inquiètent, ont peur qu’elle attente à sa vie.

« Ça ne s’oublie pas du jour au lendemain, ajoute la mère de la victime. On a tout le temps peur de le croiser. Il est à deux pas de mon travail. Deux semaines après l’agression, il est rentré où je travaille pour me donner de l’argent pour ma fille. Je ne sais pas pourquoi. Je l’ai mis dehors avant qu’il puisse s’expliquer. »

Autres victimes

L’adolescente ne serait pas la seule à s’être fait offrir un verre par le restaurateur.

Une autre employée a eu plus de chance. Le père de la jeune femme raconte qu’en novembre, elle croyait que l’accusé voulait lui parler de sa journée de travail, quand il l’a invitée à prendre un verre. Selon ce qu’elle a raconté à son père, Baris Ugurlu a alors tenté de l’agripper et de l’embrasser sur les lèvres. Elle a toutefois réussi à le repousser et à sortir en courant du commerce. Ces gestes ne font pas l’objet d’accusations.

« Je suis sûr qu’il a mis quelque chose dans son verre parce que ce n’était qu’un verre et qu’elle a complètement perdu le contrôle, raconte-t-il à La Voix de l’Est. Elle pleurait et vomissait de façon incontrôlable. Le genre de chose qui n’était jamais arrivé avant. Il ne l’a pas agressée, mais je suis sûr que s’il en avait eu l’opportunité, il l’aurait fait. »

Il y a une semaine environ, sa fille est allée faire une déposition au poste de la Sûreté du Québec. 

Les trois parents qui ont parlé au journal croient tous que Baris Ugurlu pourrait avoir fait d’autres victimes, soit à Sutton ou Sherbrooke, où il a déjà habité. Ils craignent qu’il y ait de nouvelles victimes puisqu’il a rouvert son commerce depuis sa remise en liberté. 

Jusqu’à présent, l’individu fait face à trois accusations d’agression sexuelle et d’une de voies de fait. Outre l’adolescente, il aurait agressé une femme entre le 1er et 31 octobre 2017 et une autre entre le 4 et le 6 février 2019. Les accusations de voies de fait concernent la victime la plus récente.

La Sûreté du Québec rappelle que toute information sur des actes criminels ou des événements suspects peut être transmise à la Centrale de l’information criminelle de la Sûreté du Québec au 1 800 659-4264.