Le conseiller municipal et président du comité des finances, Jocelyn Dupuis, a participé à la présentation des résultats financiers 2018 de la Ville de Granby.

Un surplus record pour la Ville de Granby

La Ville de Granby a terminé l’année 2018 avec un surplus d’exercice de 12,1 millions de dollars, selon les résultats financiers présentés lundi. Du jamais vu à ce jour. Ce surplus permet aux élus d’annoncer déjà un gel de taxes pour l’année 2020 ainsi qu’une flopée d’autres mesures, dont la relance dès maintenant du programme de rénovation résidentielle.

« C’est le résultat d’une gestion saine, stricte et avec une vision d’avenir. Tout le monde suit à la lettre les recommandations du conseil municipal, que ce soit les fonctionnaires ou les employés », a déclaré le conseiller municipal et président du comité des finances à la Ville, Jocelyn Dupuis.

« Ce sont d’excellents résultats, un signe que la Ville est en santé et prospère », a pour sa part commenté la trésorière de la Ville, Sylvie Chouinard, au terme de la présentation des données financières.  

Selon Mme Chouinard, le surplus non affecté, c’est-à-dire non engagé, était de 10,7 millions au 31 décembre 2018. Cette somme a ainsi permis à Jocelyn Dupuis d’annoncer lundi la mise en place d’une série de mesures et de projets. À commencer par le gel de taxes en 2020, bien que le maire suppléant Alain Lacasse jugeait « plus sage » d’attendre à l’automne pour l’annoncer. Ce faisant, la Ville dérogera cependant un peu du cadre financier qu’elle s’était fixé en 2015 — celui-ci prévoyant initialement une hausse de taxes —, fait valoir M. Dupuis.  

Autre mesure importante : les citoyens qui souhaitent profiter du populaire programme de rénovation résidentielle peuvent à nouveau le faire à compter de mardi. Une enveloppe d’un million de dollars a été ajoutée à la cagnotte. Les demandes n’étaient plus acceptées depuis la mi-avril, car l’enveloppe initiale d’un million de dollars qui avait été consacrée au programme pour l’année 2019 était épuisée. Les modalités et conditions demeurent les mêmes, confirme Jocelyn Dupuis.  

Autres projets

La somme de 5 millions de dollars sera aussi puisée dans le surplus et réservée au projet de réaménagement du centre-ville, qui entraînera des coûts de plus de 20 millions et se déploiera en trois phases, en 2020, 2021 et 2022. Une partie importante de la facture — les infrastructures souterraines — sera admissible à des subventions. Mais le « solde payable par la Ville sera amoindri du 5 millions de dollars qui est désormais réservé », dit le directeur général de la Ville, Michel Pinault.

La planification stratégique 2018-2022, Granby, naturelle et audacieuse dans son expérience humaine, devrait par ailleurs se traduire par une flopée de projets. Afin de les financer, la réserve de l’exercice sera renflouée de 2 millions, a en outre annoncé Jocelyn Dupuis. 

Selon lui, la somme de 600 000 $ sera par ailleurs ajoutée au programme triennal d’immobilisation de l’année en cours, pour pallier la hausse du prix du bitume et réaliser autant de travaux d’asphaltage que l’an dernier.

Autre projet à venir : huit terrains de pickleball seront aménagés au parc Dubuc à l’été 2020, près du pavillon Jean-Marie-Benoit, au coût de 360 000 $. Cela vise à répondre aux besoins des adeptes de ce sport qui connaît une popularité croissante.  

Le solde restant, de plus de 1 million de dollars, sera conservé dans le surplus libre pour des imprévus, souligne M. Dupuis. 

Revenus en hausse

La hausse des revenus de 6,6 millions de dollars est en bonne partie à l’origine du surplus d’exercice de 12,1 millions. Les revenus ont d’ailleurs dépassé le cap des 100 millions en 2018 pour atteindre 104,7 millions.

Les droits de mutation, en particulier, ont entraîné des revenus supplémentaires de 2,8 millions. « Les droits de mutation, pour nous, c’est un indicateur de la vitalité économique de la municipalité. Plus on engrange des droits de mutation, plus c’est significatif. Il y a beaucoup de transactions qui se passent sur le territoire, que ce soit l’achat de nouvelles maisons, la construction de nouvelles maisons ou des transactions immobilières importantes », note Michel Pinault.

À elle seule, la hausse l’an dernier du droit de mutation, de 1,5 % à 3 % pour la portion des transactions dont la valeur est supérieure à 500 000 $, s’est traduite par des revenus de 1,8 million, relève-t-il. 

Des revenus supplémentaires de 2 millions ont aussi été comptabilisés notamment à la suite de ventes de terrains ou encore du règlement hors cour qui opposait la Ville à une flopée de professionnels responsables de la construction du bâtiment qui abrite l’organisme Granby Industriel, selon la trésorière de la Ville.  

Dépenses en baisse

En contrepartie, les dépenses d’opération ont entraîné une diminution de 2,5 millions de dollars des coûts qui avaient été budgétés. Des économies ont entre autres été réalisées sur la masse salariale. Les cotisations d’employeur à payer ont aussi été moindres dans le cadre de la loi 15 sur les régimes de retraite, selon Sylvie Chouinard.

Les frais de financement se sont aussi révélés moins élevés que budgétés, car certains projets, bien que déjà amorcés, n’étaient pas assez avancés pour que la trésorerie complète l’emprunt. « Ça reste une économie sur le plan comptable, mais c’est certain que l’argent va être dépensé éventuellement », précise le DG de la Ville.

Cela dit, 89 projets d’immobilisations ont été réalisés en 2018, entraînant des coûts de 48 millions, contrairement à 32 millions en 2017, selon les informations transmises. 

Il faut reculer en 2011 pour retrouver un surplus d’exercice similaire, alors qu’il avait atteint 11,8 millions dans la foulée de la vente des terres Miner.