Peter et Mélanie ont raconté les embûches rencontrées lorsqu’il faut vivre avec un chèque de l’aide sociale.
Peter et Mélanie ont raconté les embûches rencontrées lorsqu’il faut vivre avec un chèque de l’aide sociale.

Un revenu minimum garanti pour sortir de la pauvreté

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Pour la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, le 17 octobre, le Comité dignité Brome-Missisquoi demande aux élus de considérer la mise en place d’un revenu social universel garanti (RSUG) pour permettre aux personnes vivant sous le seuil de la pauvreté de vivre dignement.

Accompagné des quatre membres citoyens du comité — Serge, Denise, Mélanie et Peter — Nicolas Gauthier, agent de liaison, et Micaela Robitaille, coordonnatrice de l’organisme Action Plus Brome-Missisquoi ont présenté les raisons de cette demande en conférence de presse vendredi et ont dressé un portrait de la vie des personnes sur l’aide sociale ou travaillant au salaire minimum.

« Les prestations d’aide sociale sont largement insuffisantes pour subvenir aux besoins de base des prestataires et pour pouvoir vivre dans la dignité », souligne Mme Robitaille. Le chèque de l’aide sociale va de 690 $ par mois à 1088 $ par mois, selon le statut du prestataire.

Une personne qui peut travailler recevra la plus petite somme. « Comment on se cherche un travail quand on a du mal à joindre les deux bouts ?, questionne la coordonnatrice. Comment on peut avoir l’état d’esprit nécessaire pour ça si on doit combler tous nos besoins avec 690 $ par mois ? Le passage à l’aide sociale fragilise les gens. Vivre avec un chèque d’aide sociale, c’est un travail à temps plein. »

Mélanie évoque que ce faible montant représente un gaspillage de potentiel. Le manque d’argent fera en sorte que le prestataire ne développera pas son potentiel, aura du mal à prendre soin de sa santé puisque la nourriture est de plus en plus chère et que certains soins non dispensés au public sont inaccessibles.

« Je viens juste de passer par le processus de trouver un logement. J’ai eu de la difficulté à trouver un 3 et demi en bas de 500 $. À 690 $ par mois, il n’en reste plus beaucoup pour les autres factures et pour vivre. On peut juste vivre en mode survie. »

La PCU, mais pas pour eux

Depuis le début de la pandémie, les prestataires d’aide sociale ont vu l’aide apportée aux travailleurs qui perdaient leur emploi.

« Les argents étaient soudainement là pour venir en aide aux travailleurs, mais ça fait des années qu’on demande un peu d’argent pour améliorer le sort des gens et qu’on ne l’a pas, déplore Peter, impliqué bénévolement au Phare source d’entraide. C’est bien que le gouvernement vienne en aide aux travailleurs qui ont perdu leur emploi, mais c’est très triste de voir qu’ils ont oublié les assistés sociaux et les personnes en situation de pauvreté. Puis là, on va les réprimander s’ils ont pris l’action de demander la PCU (Prestation canadienne d’urgence). Je suis en colère que notre société ne reconnaisse pas les besoins de ces gens-là. »

Le Comité dignité et Action plus Brome-Missisquoi constatent que le fossé entre les pauvres et les riches se creuse de plus en plus et que les inégalités sociales se sont accrues avec la pandémie de COVID-19.

« Le bénéfice d’un revenu universel garanti permettrait de contrer les problématiques rencontrées par les personnes vivant en situation de pauvreté, retient l’agent de liaison d’Action plus Brome-Missisquoi, M. Gauthier. Il y a des projets pilotes ici et là, bien qu’aucune société n’a instauré un revenu de base garanti. Les projets pilotes démontrent que ça peut augmenter les chances de scolarisation et la qualité de son emploi. »

Nicolas Gauthier ajoute qu’il n’y a pas de montant de RSUG établi dans la revendication du comité et des autres groupes. Par contre, il croit que les estimations de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) de revenu minimum garanti, qui serait de 24 700 $ dans Brome-Missisquoi, donneraient un sérieux coup de main aux personnes en situation de pauvreté.