Il aura fallu 10 ans à Isabelle Laflamme et Audrey Trahan-Ducharme pour réaliser leur rêve, celle de posséder leur ferme maraîchère biologique.

Un rêve qui porte déjà ses fruits

Il aura fallu 10 ans à Isabelle Laflamme et Audrey Trahan-Ducharme pour réaliser leur rêve : posséder leur ferme maraîchère biologique. Ce qui a d’abord pris la forme d’un projet de fin d’études s’est mu en une belle aventure qui vient tout juste d’être récompensée par la MRC de Rouville.

Ayant fait connaissance sur les bancs d'école, le duo de productrices agricoles s’était promis de gagner sa vie sur une ferme qui serait la leur. En guise de projet de fin de baccalauréat, elles avaient d’ailleurs préparé et rédigé leur plan d’affaires, mis en veilleuse quelques années, le temps d’économiser pour concrétiser leur ambition. Entre temps, Mme Laflamme a travaillé en agronomie tandis que Mme Trahan-Ducharme a complété une maîtrise en microbiologie à l’Université de Sherbrooke.

« Tombé du ciel »
Entre autres inspirations qui ont nourri leur projet, les deux productrices mentionnent le livre de Jean-Martin Fortier Le Jardinier maraîcher et la banque de terres de Brome-Missisquoi, à travers laquelle leur projet a enfin pu voir le jour. Pendant deux ans, les dames ont loué une terre à Sainte-Sabine, avant de jeter leur dévolu sur l’ancienne ferme équestre de près de deux hectares dont elles ont fait l’acquisition en 2016 à Sainte-Angèle-de-Monnoir.

Un endroit « tombé du ciel », note Isabelle Laflamme, copropriétaire de La récolte des dames. En effet, la terre y est fertile et propice à la culture de plusieurs fruits et légumes, dont concombres, tomates, laitues, carottes, bettes à carde, chou-rave, kale et épinards. L’endroit est encadré à l’ouest par une bande riveraine protégeant le Ruisseau de la Branche du Rapide ; à l’est par plusieurs résidences longeant le chemin du Vide et enfin, au nord et au sud par des fossés et des prairies qui limitent la contamination chimique du sol.

« C’était un rêve d’avoir cette ferme-là ! » raconte Mme Laflamme.

Des projets plein la ferme
Bien que leur entreprise soit encore jeune, les efforts d’Audrey Trahan-Ducharme et d’Isabelle Laflamme ont déjà commencé à porter leurs fruits. Plus tôt cette année, elles ont été nommées lauréates de la 8e Bourse d’accompagnement à la relève agricole décernée par la MRC de Rouville. Un prix de 10 000 $, remis mardi, leur permettra d’améliorer le rendement de leur ferme.

Les agricultrices comptent notamment s’offrir les services d’un agronome de serre pour qu’il effectue un suivi technique et pour qu’il les conseille dans l’optimisation de leurs cultures.

Mme Trahan-Ducharme envisage également de suivre une formation plus poussée sur le maraîchage biologique intensif. Cette forme d’agriculture, qui se pratique sur de petites terres, s’effectue sans l’aide de machinerie lourde. « Pour nous, le bio était la seule option. Pour notre santé, pour celle de nos enfants, de nos consommateurs, de nos employés et pour la santé du sol », indique Mme Laflamme.

Les serres couvertes permettent pour leur part de protéger certains plants des insectes nuisibles et de maladies fongiques provoquées par les pluies, entre autres.

Par ailleurs, la bourse permettra de financer l’aménagement d’une « belle et grande » bande riveraine, entres autres avec l’implantation d’arbres à noix, d’arbustes fruitiers et d’arbustes attirant les insectes pollinisateurs, précise-t-on.

Enfin, le prix servira à revamper le kiosque libre-service situé devant la ferme afin qu’il soit ouvert au public durant toute l’année. « On aimerait beaucoup agrandir un petit bâtiment pour en faire une sorte de petite boutique », souligne Mme Trahan-Ducharme.

Car ce qui ne sera pas livré cet été sous la forme de paniers auprès de la centaine de familles que desservira la ferme, membre du Réseau des fermiers de famille d’Équiterre, se retrouvera, comme l’an dernier, dans un réfrigérateur où les passants peuvent se servir eux-mêmes. Une liste de prix étant affichée tout près, les productrices se fient sur l’honnêteté de leurs clients pour payer la note selon leurs achats réels.

Inspiré d’une initiative américaine qu’on retrouve aussi dans d’autres fermes, le kiosque libre-service connaît une popularité inattendue pour les deux propriétaires. « On l’a ouvert en fin de semaine dernière, et rapidement, on s’est fait vider ! » ont lancé les deux lauréates.