Joseph Gary Patenaude, résident de l’Office municipal d’habitation de Sainte-Angèle-de-Monnoir, être victime de «torture» étant donné que le logement situé sous le sien a été loué à deux fumeurs, alors qu’il s’agit d’un immeuble sans tabac.
Joseph Gary Patenaude, résident de l’Office municipal d’habitation de Sainte-Angèle-de-Monnoir, être victime de «torture» étant donné que le logement situé sous le sien a été loué à deux fumeurs, alors qu’il s’agit d’un immeuble sans tabac.

Un résident «torturé» par l'odeur de cigarettes à l’OMH de Sainte-Angèle-de-Monnoir

Un résident de l’Office municipal d’habitation (OMH) de Sainte-Angèle-de-Monnoir souhaite que la Société d’Habitation du Québec (SHQ) enquête sur l’Office d’habitation Haute-Yamaska-Rouville (OHHYR), estimant être victime de «torture» étant donné que le logement situé sous le sien a été loué à deux fumeurs, et ce, même s’il s’agit d’un immeuble sans tabac.

Plus tôt ce mois-ci, Joseph Gary Patenaude, qui demeure dans l’édifice de la rue Boulais depuis 2012, a déposé une plainte formelle à l’OHHYR, la nouvelle entité chargée d’administrer tous les immeubles de logements à loyer modique du territoire des deux MRC depuis le 1er janvier 2019.

En permettant à une fumeuse de s’installer en dessous de chez lui à la mi-décembre 2018, l’ancienne directrice générale de l’OMH de Sainte-Angèle-de-Monnoir aurait commis une faute dont l’OHHYR est devenu responsable en ne mettant pas immédiatement fin à la situation, estime le locataire. Pire, l’organisme en a ajouté en permettant à un autre fumeur d’emménager dans le même logement au début de cette année.

M. Patenaude reproche à l’administration d’avoir toléré en toute connaissance de cause le tabagisme des deux locataires consécutifs dans un logement situé dans un immeuble non-fumeurs, et ce, malgré les nombreuses doléances qu’il a formulées auprès de différents employés et représentants de l’OHHYR depuis un an et demi.

Problèmes respiratoires

L’Angèloirien allègue être en proie à d’importants problèmes respiratoires causés par son travail qu’il a longtemps exercé dans une usine, problèmes exacerbés par la fumée secondaire émanant du logement du dessous, qu’il qualifie «d’agression extrêmement intense» par empoisonnement.

Il indique également souffrir de pneumonies fréquentes et avoir connu un épisode allergique qui a failli lui coûter la vie le 17 mai 2019. Il dit devoir vivre chez lui avec les fenêtres ouvertes en permanence pour amoindrir «l’empoisonnement» dont il se dit victime.

Le locataire a vécu un épisode de répit entre le 31 octobre 2019 et le 23 janvier dernier, alors que l’appartement s’est retrouvé vacant. Or, allègue-t-il, l’arrivée d’un nouveau locataire fumeur a empiré la situation, qui lui cause des «souffrances et des difficultés incroyables, entièrement connues de l’administration de l’OMH».

«Quand les gestionnaires s’en prennent sur des victimes locataires plutôt que de leur offrir respect et compassion, il faut dénoncer ces abus diaboliques et ce manque de respect de la part de ceux qui devraient plutôt faire honneur à leur position», indique le demandeur dans sa plainte rédigée en anglais.

En plus d’avoir mis en demeure l’OHHYR et d’avoir porté plainte à la Sûreté du Québec, M. Patenaude a fait parvenir copie de sa plainte à la SHQ à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, à la députée d’Iberville, Claire Samson, et au Protecteur du citoyen du Québec.

Il souhaite que la société d’État mène une enquête sur les manquements qu’il dit avoir observés dans la gestion de l’OMH, mais aussi qu’elle intervienne immédiatement pour mettre fin à la situation en relocalisant son voisin fumeur dans un immeuble où il pourra fumer à sa guise.

M. Patenaude songe aussi à porter plainte à la Commission des droits de la personne. «C’est inhumain la manière dont on me traite, surtout qu’ils connaissent mon état de santé», affirme le citoyen lors d’un échange téléphonique.

Audience attendue

Le directeur général de l’OHHYR, Guy Mongeau, n’a pas pu commenter la situation puisqu’il est personnellement ciblé par une plainte en déontologie et parce que le dossier est en cours d’instance.

Il a néanmoins confirmé que l’immeuble de la rue Boulais est censé être entièrement non-fumeur et que l’office travaillait à résoudre le problème.

Le dossier devait être entendu sous peu devant la Régie du logement, mais compte tenu du contexte de la pandémie de la COVID-19, l’audience a été reportée à une date ultérieure, a-t-il fait savoir.

Au moment de publier, l’avocate de M. Patenaude, Me Valérie Boucher, de même que le service des relations avec les médias de la Société d’Habitation du Québec, n’avait pas retourné nos appels effectués il y a quelques jours.