À la suite du décès de son fils, Edith Laliberté s’est tournée vers la photographie­ et l’écriture pour traverser cette épreuve. Elle lancera prochainement un recueil destiné aux personnes endeuillées.
À la suite du décès de son fils, Edith Laliberté s’est tournée vers la photographie­ et l’écriture pour traverser cette épreuve. Elle lancera prochainement un recueil destiné aux personnes endeuillées.

Un recueil pour les personnes endeuillées

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est
La perte d’un être cher est une épreuve douloureuse. Mère de trois enfants, Edith Laliberté ne pensait jamais devoir être séparée de l’un d’eux jusqu’au jour où son fils David a été victime d’un accident. La nature et la photographie ont été sa thérapie. Son processus de guérison a même donné naissance à un recueil destiné aux personnes endeuillées.

« Quand tu apprends que ton fils a eu un accident, ça te coupe les deux jambes », confie Mme Laliberté.

Octobre 2018. Son fils David Côté est happé mortellement sur la route 112 à Granby à sa sortie des bars. « Après l’accident, je me suis dit : “Si je m’assois, je ne sais pas si je vais pouvoir me relever”. Il fallait que je trouve une raison de continuer à avancer », explique la mère de famille.

S’inspirer de la nature

Sa première idée a été de marcher tous les jours. Beau temps, mauvais temps. Avec son cellulaire pour seul appareil photo, elle s’est donné pour mission d’immortaliser la nature quotidiennement. « J’allais chercher une photo par jour. Je marchais dans mon quartier, puis dans les alentours. J’ai seulement photographié la nature », raconte la dame qui travaille dans le domaine alimentaire.

Chaque cliché est porteur d’un message, d’une signification. Elle cite en exemple cette branche enneigée appuyée contre une clôture. « Quand ça devient trop lourd, tu peux t’appuyer sur quelque chose », illustre-t-elle.

Vers la lumière

Un an après sa première promenade et son premier cliché, elle a regroupé le fruit de sa cueillette et du parcours qu’elle a réalisé pour traverser son deuil. « J’ai fait l’assemblage de mes photos et on voit, à cause des couleurs, des sujets, le chemin qui se trace tranquillement. Plus on avance, plus les images sont lumineuses. Moins elles sont grises », décrit-elle.

C’est à ce moment que l’écriture est arrivée. Elle a accompagné ses photos d’un texte qui est toujours en lien avec la nature. « J’ai mis des mots sur des émotions. J’ai écrit pour que ce soit vrai et non pour que ce soit beau. C’était senti au moment où je l’ai écrit », précise-t-elle.

Les photographies les plus significatives parmi plus de 300 ont été regroupées dans un recueil de 40 pages, accompagnées par ses textes. Elle a elle-même produit son ouvrage en collaboration avec une entreprise de Granby. Vivre son deuil au gré des saisons s’adresse à toutes les personnes endeuillées, précise-t-elle. « Ce n’est pas adressé qu’aux parents qui ont perdu un enfant, mais à toutes les personnes qui vivent un deuil. »

Le lancement de son recueil se déroulera possiblement en juin. Les points de vente seront dévoilés à ce moment. D’ici là, on peut la suivre sur sa page Facebook Vivre le deuil au gré des saisons. Les personnes intéressées pourront se procurer le recueil, mais également un cahier d’écriture où chacun pourra y raconter sa propre histoire. « Il contient d’autres photos que j’aime beaucoup. Les gens pourront écrire leur propre texte », conclut Mme Laliberté.