«Ce projet ne peut pas ne pas marcher», affirme Paul Goulet.

Un projet privé de 5 M$ sur la table

Un projet privé de complexe de soccer intérieur pourrait se concrétiser à Granby d'ici l'été 2011. C'est du moins l'ambition de Paul Goulet, qui croit dur comme fer qu'un tel centre sportif a sa raison d'être dans la région. «Le besoin est là», dit-il.
Passionné de soccer, M. Goulet réfléchit à cette possibilité depuis deux ans, après en avoir discuté avec des copains aussi mordus que lui. Au fil du temps, il a peaufiné son idée. Il a maintenant en main une étude de marché et un projet estimé à près de cinq millions$.
 
Reste maintenant à dénicher des investisseurs privés des commanditaires majeurs et secondaires , ce qui n'est pas la moindre des tâches. «Je fais le montage financier en ce moment et j'ai déjà des partenaires privés. Il y aura aussi des emprunts nécessaires. C'est tellement avancé que je devrais avoir une proposition préliminaire la semaine prochaine», assure-t-il, sans vouloir en dire plus.
Il refuse également de dévoiler l'emplacement du futur bâtiment, mais il serait présentement en négociations avec le propriétaire d'un vaste terrain sur le territoire de Granby. Ce dernier pourrait accepter de céder un lot en échange de parts dans le projet.
Croquis à l'appui, M. Goulet explique que le Complexe GO comporterait deux terrains intérieurs de soccer à 7 faisant chacun 175 pieds sur 100, des vestiaires, des blocs sanitaires et un café-bistro.
Pour rentabiliser
Selon Paul Goulet, il y a à Granby plus de 2000 joueurs de soccer des loisirs et des Cosmos, sans compter tous les adultes qui pratiquent ce sport pour le plaisir. Tous ces gens ne disposent d'aucun endroit approprié pour évoluer durant les mois d'hiver. «Là, on joue dans des gymnases sur le bois franc. C'est quasiment dangereux», avance-t-il, en justifiant aussi son projet par l'existence de programmes sports-études dans certaines écoles secondaires et le fait que les Cosmos doivent se rendre jusqu'à Saint-Hyacinthe pour jouer à l'intérieur.
«Ce projet ne peut pas ne pas marcher. Il n'y a rien dans un rayon de 25 kilomètres. Ça nous donne un marché potentiel d'environ 120 000 de population.»
Pour assurer la rentabilité de son complexe sportif, Paul Goulet compte donc louer les installations le plus souvent possible, en toute saison, à des équipes de soccer d'enfants et d'adultes, à la commission scolaire pour des programmes sports-études, à des camps de jour, à des équipes de football pour leur entraînement, à des clubs de marche intérieure, etc.
«Au bas mot, il faut que j'aie plus de 600 jeunes et 500 adultes par semaine. J'établis le contact avec beaucoup de monde», dit-il en estimant les frais d'inscription pour une saison de 30 parties (d'une heure) en automne-hiver à environ 259$ par joueur.
Appui
Malgré ces coûts relativement élevés, Paul Goulet assure avoir le soutien de nombreux organismes dont les Cosmos et le tournoi des policiers de Granby qui croient en son projet.
Sur le site Facebook, le promoteur a d'ailleurs mis en ligne, dimanche soir, un groupe intitulé «Pour un complexe intérieur de soccer à Granby» auquel 153 personnes avaient adhéré en date d'hier.
Pour «Monsieur Soccer» à Granby, Jean-Yves Phaneuf, la pertinence d'un tel complexe ne fait aucun doute. Et ce, depuis des années. «Je rêve de ça depuis 1998. Plusieurs personnes se sont montrées intéressées au fil des ans, mais ça ne s'est jamais concrétisé. Paul Goulet a tout mon appui. Il veut, il est jeune et je suis convaincu que c'est un projet sérieux. Il y a un marché pour ça», assure-t-il.
Le fils de son père
Le fils du maire Richard Goulet est bien conscient que son nom risque d'alimenter les conversations, mais il refuse de voir ses liens familiaux nuire à son projet. «Je suis très fier de ce que mon père a accompli depuis 2005. La Ville en a déjà fait beaucoup pour le soccer extérieur. Il est maintenant temps que le secteur privé se manifeste. Je vais au batte pour ce projet: j'y mets des sous et j'y mets mon nom. Si d'autres que moi portaient le projet, ce serait probablement plus facile, mais j'ai décidé d'aller de l'avant», confie-t-il.
À ceux qui pourraient y voir de mauvaises intentions, il réplique: «Je n'ai pas à attendre que mon père ne soit plus en politique municipale pour agir et inciter la communauté d'affaires à s'engager. Il n'est pas question que je sois avantagé, mais je ne veux pas être pénalisé non plus.»
Si tout se passe comme il l'espère, Paul Goulet pourrait être en mesure de faire l'annonce officielle du Complexe GO au printemps.