Les citoyens du secteur du lac Selby remarquent un achalandage accru sur le plan d’eau depuis le retour de la chaleur.
Les citoyens du secteur du lac Selby remarquent un achalandage accru sur le plan d’eau depuis le retour de la chaleur.

Un projet pour faciliter l’accès au lac Selby inquiète

Un groupe de citoyens du secteur du lac Selby, à Dunham, a déposé une pétition à la Municipalité puisqu’il s’inquiète d’un projet pour faciliter l’accès au lac. Dunham prévoit tenir une consultation publique dans les prochaines semaines sur le sujet.

La directrice générale de Dunham, Mélanie Thibault, estime que les citoyens n’ont pas eu les informations exactes, ce qui a alimenté les inquiétudes.

La descente actuelle est accessible aux piétons, mais selon l’une des voisines des lieux, Gail Tobin, les gens s’y rendent pour mettre leur bateau à l’eau.

« Il n’y a pas de descente municipale pour les bateaux, comme à Lac-Brome, répond Mme Thibault. Par contre, lorsqu’une propriété riveraine donne accès à sa descente, il n’y a pas de façon de vérifier ou de contrôler [le nombre de bateaux sur le lac]. »

Avec les canicules qui accablent le Québec depuis mai, les gens qui n’ont pas accès à un point d’eau ou à une piscine cherchent à se rafraîchir. Les observations sur place par Mme Tobin démontrent une plus grande popularité du lac Selby.

Déplacer la descente piétonnière

« La descente est à côté du lot d’une citoyenne. L’idée est donc de tasser cette descente-là et de l’aménager en escaliers pour éviter que les gens s’essaient à descendre un bateau avec une remorque, explique Mme Thibault. On va pouvoir accéder au lac, mais avec un kayak ou une planche à pagaie ou encore pour se baigner ou pêcher à gué. »

Présentement, les visiteurs se stationnent en bordure de la rue Wilkinson. La Municipalité souhaite aménager, sur le terrain qu’elle possède, un petit stationnement « pour éviter que les gens se stationnent un peu partout sur les routes avoisinantes parce que les chemins sont quand même très passants et qu’ils ne sont pas larges ».

Des citoyens ont rencontré Mme Thibault et le maire, Pierre Janecek. La directrice générale assure qu’ils ont pris en note leurs préoccupations. « Il y a eu beaucoup de ouï-dire. C’est pour ça que la consultation publique va être un bon outil pour expliquer ce que le conseil voit pour cet aménagement. C’est louable que les gens veuillent que le lac ne soit pas mis en péril. »

Mme Tobin, qui représente un comité de citoyens du lac Selby, se questionne toutefois sur l’objectif derrière la consultation publique. « Faire une consultation après avoir acheté un terrain et obtenu une subvention... je me demande si c’est une consultation ou une session d’information. C’est à voir. »

Des impacts?

« Il n’y a pas de plan en place présentement, affirme Gail Tobin, qui a lancé une pétition ayant recueilli 148 signatures. C’est inquiétant. Ils n’ont pas fait d’études, ils ne savent pas quels seront les impacts financiers et environnementaux et les gens du quartier ont des inquiétudes à propos de leur qualité de vie. »

Selon elle, il n’y a pas de surveillance ni de contrôle sur place et la Municipalité compte beaucoup sur les résidents du secteur pour lui signaler les problématiques et pour communiquer avec la Sûreté du Québec au besoin.

« La réalité de la situation, c’est que ça va tomber sur le dos des résidents, craint la citoyenne. Déjà, dans le quartier, les résidents ne descendent plus à l’eau à cet endroit parce que c’est devenu trop populaire auprès des non-résidents. C’est un projet qui va amener plus de monde, plus de bruit et potentiellement une augmentation de taxe. »

Pour réaliser son projet, la Municipalité a acheté deux lots appartenant à Rosemarie Mercier au coût de 40 000 $ en mars dernier, à l’intersection de la rue Wilkinson et du chemin Selby. Le projet, dont les coûts sont estimés à 75 000 $, a reçu une subvention de 30 000 $ du Programme Accès aux plans d’eau pour la pêche récréative du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. L’objectif est de donner accès aux lacs aux gens qui ne sont pas des riverains.