Il y avait foule à la consultation publique portant sur trois dérogations demandées par le promoteur d’un développement domiciliaire à Lac-Brome, dans le secteur de Foster.

Un projet domiciliaire qui soulève des questions

Plus d’une centaine de citoyens ont fait entendre leurs préoccupations lors de la consultation publique qui portait sur trois éléments dérogatoires du projet domiciliaire Faubourg Lac-Brome, prévu sur le terrain du Club de golf Lac-Brome. Cependant, ces derniers ont soulevé peu de questions.

Ils concernaient la distance entre la rue et un cours d’eau à certains endroits, la largeur de la bande riveraine le long du ruisseau Durrell dans quelques secteurs et la largeur frontale — plus petite que ce qui est inscrit dans le règlement — pour six lots situés dans des courbes de rue. 

Après la présentation détaillée du projet, les nombreuses questions soulevées par des citoyens, souvent répétées par d’autres, dérogeaient tellement du cadre de la consultation publique que le conseiller municipal Lee Patterson a dû, après plus d’une heure, resserrer le débat et demander, point par point, s’il y avait des questions reliées à ces dérogations. 

Puisque celles-ci sont soumises à un processus d’adoption, les citoyens de la zone concernée et des zones contiguës peuvent signer un registre s’ils s’opposent aux trois points soulevés. Les interventions des résidents font craindre au promoteur, Marc Brochu­, que les citoyens signent le registre pour d’autres motifs que le sujet concerné.

« Il y a des gens qui trouvent que les problèmes d’eau peuvent affecter les autres, mais ça n’a pas été une question des trois dérogations mineures, remarque de son côté le maire Richard Burcombe. D’après moi, s’ils signent le registre, ce n’est pas pour une des dérogations. »

Quarante-huit lots pour des maisons unifamiliales sont projetés sur le terrain du Club de golf Lac-Brome.

L’eau propre et l'eau sale

Au cœur des préoccupations énoncées par les citoyens : la quantité d’eau disponible dans la nappe phréatique, l’utilisation du lot commercial où se trouve le Club House et les fosses septiques. 

L’ingénieur civil engagé par le promoteur, Nicolas Leblanc, de la firme St-Georges, a assuré que la quantité d’eau disponible dans la nappe phréatique n’est pas un problème pour les quartiers déjà existants. 

« On a fait faire une étude préliminaire par un hydrogéologue et les 48 puits artésiens seront plus bas et en aval des puits existants, a-t-il expliqué à l’assemblée. Il ne devrait pas y avoir d’impact sur les autres. La consommation est moindre que le pompage en temps de sécheresse pour irriguer le terrain de golf. »

Le Club House, pour sa part, ne sera pas démoli. Le promoteur Marc Brochu aurait voulu y faire des bureaux, mais ce n’est pas permis dans le zonage de commerce de proximité, qui permet une garderie ou un dépanneur, par exemple. Ces deux options n’ont pas plu à certains, dont la propriétaire d’une garderie en milieu familial. M. Brochu a lui-même fait savoir qu’il ne souhaitait pas l’ouverture d’un dépanneur ou une garderie.

Quelques membres de l’assistance se sont enfin questionnés s’il n’était pas temps de relier l’ancien village de Foster — où doit prendre forme le projet domiciliaire — au réseau d’égout municipal. 

Cependant, la proposition bien qu’intéressante est impossible à réaliser pour le moment, a expliqué le maire Richard Burcombe, puisque la MRC doit donner son aval à l’élargissement du périmètre urbain, ce qui n’est pas le cas actuellement. 

Pour le promoteur, installer à ses frais les infrastructures souterraines est impensable puisque ce ne serait pas rentable. Il lui faudrait alors diminuer la grosseur des lots pour vendre plus de terrains, ce qui nuirait à l’environnement d’autres façons, comme le nombre de voitures, a souligné Nicolas Leblanc. 

Satisfaits

La consultation, qui a débuté à 11 h et s’est terminée 3 h 30 plus tard, a somme toute satisfait M. Brochu. « Ça semble positif, il n’y a pas tellement de négatif. Il y a beaucoup d’interrogations, d’inquiétudes », confie-t-il en entrevue.

Le promoteur travaille à ce projet depuis maintenant un an. « On a étudié l’ensemble du terrain, ensuite il fallait approcher les propriétaires, s’entendre sur un prix, sur le fonctionnement du développement. L’achat est conditionnel à l’acceptation du projet. On ne peut pas se lancer avec un achat et un projet sans savoir si ça va passer. »

L’offre d’achat concerne le terrain de golf et les terrains du Sanctuaire du golf, un développement domiciliaire amorcé par un autre promoteur par le passé, qui n’a jamais été terminé. La rue du Sanctuaire est déjà existante et l’électricité est déjà rendue.

Si le projet est accepté, Marc Brochu vendra les terrains sans services, et les acheteurs construiront la maison de leur rêve en autoconstruction, ce qui ne se fait pratiquement plus, note-t-il. Ils devront respecter certains critères, dont le style architectural ancestral ou champêtre, les couleurs et matériaux extérieurs. Les projets de construction seront autorisés par M. Brochu puis par la Ville.

« Je pense que c’est une relève économique en même temps », dit-il. Le nouveau quartier permettrait à la Ville d’engranger annuellement 200 000 $ en impôts fonciers.

Aménagement d’un parc linéaire

La disposition du terrain de golf a représenté un certain défi pour dessiner le quartier, ses rues et ses lots en raison des étangs, des bassins artificiels, et du ruisseau Durrell, qui seront conservés. Un grand territoire de milieu humide sera remis à un organisme de conservation, tandis que «l’implantation des rues a été faite pour minimiser la coupe d’arbres», décrit l’ingénieur civil embauché par le promoteur, Nicolas Leblanc. La rue suit une allée de golf.  

Il ajoute qu’une des visions importantes du promoteur est l’aménagement un parc linéaire de part et d’autre du ruisseau Durrell, qui rejoindrait le milieu humide et, éventuellement, la piste cyclable. Des infrastructures, comme des ponts, existent déjà, ce qui représenterait peu d’investissement de la part de la Ville. Il souhaite également donner au parc et au milieu humide un aspect éducatif.

Les normes étant différentes, il y aura également moins de pesticides et d’herbicides épandus sur les terrains résidentiels que sur un terrain de golf. De plus, les bandes riveraines seront revitalisées. Des bassins de rétention s’ajoutent au projet pour diminuer les eaux de ruissellement qui créent de l’érosion et amènent des polluants aux plans et cours d’eau.