L’Atelier 19 pourrait réaliser une murale collective sur un des murs latéraux du 132 rue Principale, mais il devra revoir le projet qu’il a présenté à la Ville de Granby, a tranché une majorité d’élus.

Un projet de murale citoyenne qui ne fait pas l’unanimité

L’Atelier 19 pourrait réaliser une murale citoyenne au centre-ville de Granby. Mais ce ne sera pas l’oeuvre qu’il a élaborée au cours des derniers mois. Même s’ils saluent tous la mission de l’organisme, les élus de Granby ont rejeté, sur division, le projet développé pour un des murs latéraux du 132 rue Principale, près de l’église St-Georges.

Le sujet a occupé une partie importante de la dernière séance du conseil municipal, alors que les élus ont été appelés à se prononcer sur une demande de permis, déposée par la directrice générale et artistique de l’organisme culturel, Francine Charland, avec la bénédiction du propriétaire de l’immeuble.

L’oeuvre imaginée, qui serait peinte en huit sections sur des panneaux de bois, vise à souligner l’effervescence musicale du secteur, notamment avec la présence d’un piano public, de même que les spectacles présentés à l’église St-Georges.

Alors que les conseillers Julie Bourdon, Jean-Luc Nappert, Jocelyn Dupuis et Denyse Tremblay sont favorables au projet, Robert Vincent, Alain Lacasse, Stéphane Giard, Éric Duchesneau, Catherine Baudin, de même que le maire suppléant et conseiller municipal, Robert Riel, ont exprimé des réticences.

« Ils sont libres d’amener autre chose, s’ils le veulent. (...) Mais on trouvait que ça ne cadrait pas à cet endroit-là, avec les investissements qu’on va faire pour le renouveau du centre-ville », explique M. Riel.

Les sept membres du comité consultatif d’urbanisme (CCU) ont également conclu, de façon unanime, de ne pas recommander au conseil municipal l’acceptation de la demande de l’Atelier 19, car ils considèrent que « la proposition ne s’intègre pas au cadre bâti et ne renforce pas l’image du secteur », selon le sommaire décisionnel remis aux élus, dont les médias ont obtenu copie.

Plaidoyers

« On veut avoir quelque chose de l’Atelier 19 là-bas, mais peut-être avec un modèle différent que ce qui nous a été présenté », a fait valoir Stéphane Giard. « Vous faites de belles oeuvres, mais c’est quand même au conseil de dire s’il le voit (le projet) à cet endroit-là ou non », a renchéri Alain Lacasse.

Mais pour Jean-Luc Nappert, favorable au projet de l’organisme, les goûts ne se discutent pas. « Je trouve ça d’autant plus regrettable (le refus des élus) que des fois, on peut se poser des questions sur ce qui est beau et ce qui ne l’est pas. Vous savez, on peut se poser bien des questions sur ce qu’il y a en avant du Palace... », a commenté Jean-Luc Nappert en faisant allusion à la sculpture ludique du gorille bleu, installée dans le cadre de la campagne Granby est zoo.

Julie Bourdon a pour sa part souligné que l’Atelier 19, qui a entre autres une approche multigénérationnelle, a réalisé au fil des ans des murales notamment à l’Escale, à la piscine Miner, au pavillon Roger-Bédard ainsi que sur les murs des stations de pompage, près du lac Boivin.

La conseillère Denyse Tremblay déplore qu’une majorité d’élus aient refusé le projet, alors que l’Atelier 19 y travaille depuis longtemps.

À réviser

La directrice générale et artistique de l’organisme ne ferme toutefois pas la porte à présenter une nouvelle mouture du projet de murale, qui implique plusieurs partenaires et doit accompagner l’aménagement d’un espace vert, avec jardins et bancs, sur la propriété de l’église St-George. Mais elle souhaite que la Ville révise son processus d’évaluation des projets.

« On ne peut pas juger un projet de murale avec une réglementation qui porte sur l’affichage », estime Francine Charland.

Dans le cas d’une affiche, une maquette du produit fini doit être déposée. Une condition quasi impossible à respecter dans le cas d’une oeuvre collective. « On peut juste présenter une esquisse », dit-elle.

Selon Mme Charland, l’élaboration du projet artistique a par ailleurs été marquée par un problème de communication, alors qu’elle n’a jamais eu l’opportunité de le présenter, notamment aux membres du CCU.

La DG de l’organisme culturel, qui existe depuis 2001, fait valoir que la Ville verse annuellement 45 000 $ à l’Atelier 19, dont 30 000 $ pour créer des oeuvres collectives. Dans ce contexte, il serait avisé que les balises de création soient plus claires de part et d’autre, estime-t-elle.