Mélanie Roy du Zoo de Granby, en compagnie de François Demers et Marjolaine Vachon, deux voisins des Boisés Miner qui ont participé au projet d’accompagnement.

Un prix pour la conservation

Le projet de conservation des Boisés Miner réalisé par le Zoo de Granby au cours des dernières années a permis à l’institution de s’illustrer au niveau national. Le Zoo a remporté le prix Peter Karsten pour la conservation remis par Aquariums et zoos accrédités du Canada (AZAC).

Un prix « prestigieux », estime le directeur général du Zoo de Granby, Paul Gosselin, qui tombe à point, alors que la troisième et dernière phase de ce vaste projet, mené de concert avec la Ville de Granby, tire à sa fin.

« C’est un projet qui me tenait à cœur. Le Zoo est impliqué partout, comme à Pike River avec les tortues molles à épines et dans la région de Sherbrooke pour les polatouches. Je voyais une opportunité, avec les Boisés Miner, d’avoir un impact plus local avec nos propres citoyens, de sensibiliser les gens à la conservation, qu’ils s’approprient l’endroit, souligne M. Gosselin.

“Cette implication dans le milieu extérieur est importante. On ne fait pas juste de la reproduction d’animaux en captivité. C’est aussi dans notre mission de s’occuper des milieux naturels”, ajoute-t-il.

Fruit d’un partenariat avec la Ville de Granby, la gestion de ce vaste espace de 124 hectares, appelé à devenir une réserve naturelle, a été confiée au Zoo en 2014. Des organismes locaux ont aussi participé au projet de conservation et de mise en valeur, dont le Club des observateurs d’oiseaux de la Haute-Yamaska et Gestrie-Sol.

Trois phases
Au fil des ans, un inventaire sur la faune et la flore des Boisés (phase un), ainsi qu’une série de panneaux éducatifs disséminés le long des 3,2 km de sentiers (phase deux), ont été réalisés. Un Guide d’information et de gestes écocitoyens pour la conservation des boisés a aussi été produit.

Paul Gosselin et Karl Fournier (au centre) du Zoo de Granby ont reçu le prix Peter Karsten pour la conservation remis par l’AZAC.

La phase trois du projet a été déployée, à partir du printemps 2017, auprès des propriétaires des quelque 200 résidences des rues King, Léger, Harvey, Mountain et du développement des Boisés Martel, dont les terrains bordent le territoire naturel, où 124 espèces animales ont été répertoriées.

Les citoyens ont été invités, sur une base volontaire, à faire l’objet d’une démarche d’accompagnement afin de revoir l’aménagement de leur terrain. “L’enjeu majeur est de créer des arrière-cours un peu plus en harmonie avec le milieu naturel et même d’essayer de prolonger un peu le milieu naturel dans l’arrière-cour. On est en zone périphérique. Ça influence de façon importante la zone naturelle protégée”, fait valoir la chargée de projets, conservation, au Zoo de Granby, Mélanie Roy.

Selon elle, près d’une trentaine de propriétés ont fait l’objet de recommandations d’aménagement personnalisées. Certains propriétaires ont par exemple été invités à créer un jardin naturel, sous forme de pré fleuri, d’autres, à aménager une haie variée, avec des arbustes indigènes pour attirer certaines espèces fauniques et favoriser les pollinisateurs. Dans l’opération, le Zoo a distribué aux participants une soixantaine de nichoirs à oiseaux, à chauve-souris et à pollinisateurs, relève Mme Roy.

apprécié
“Ça fait partie de nos valeurs. Nous sommes assez près de la nature”, dit Marjolaine Vachon, une résidante de la rue John-Dwyer, qui, avec son conjoint François Demers, a adhéré à la démarche d’accompagnement du Zoo. Un exercice que le couple dit avoir apprécié. Il s’est d’ailleurs fait un point d’honneur d’appliquer les recommandations qui lui ont été formulées. “Ça nous a fait prendre conscience que nos actions pour la biodiversité vont aller plus loin”, reprend Mme Vachon. “On nous a aussi donné beaucoup de conseils sur le type d’engrais qu’on peut épandre sur le gazon. On opte plus pour des engrais naturels et l’herbicyclage”, renchérit son conjoint.

Mêmes préoccupations environnementales pour Louise Fortin et Jean-Marc Plamondon, de la rue Georges-Slack. Le couple a aussi mis en œuvre les recommandations émises par l’équipe du Zoo. En résulte une cour arrière connectée à la nature, qui grouille de vie. La faune ailée y est particulièrement active et variée. “On trouve ça plaisant parce qu’on peut partager avec d’autres ce qu’on a réussi à faire”, dit Mme Fortin.

Mélanie Roy se réjouit des résultats obtenus. Même si la participation de certains citoyens a été plus mitigée, la chargée de projets est convaincue d’avoir “semé des graines pour le futur”. Un important travail de sensibilisation a été lancé.

La démarche d’accompagnement personnalisé est pratiquement complétée, mais le Zoo entend poursuivre son service-conseil et l’envoi d’infolettres aux riverains, dit Mélanie Roy.

Une poignée de partenaires ont participé à ce projet qui a engendré des coûts de 200 000 $, dont la Fondation Hydro-Québec pour l’environnement, la Fondation du Zoo, la Fondation de la faune du Québec, Environnement et changement climatique Canada et la Ville de Granby.