De gauche à droite, Louis Ménard du ministère de l'Économie et de l'Innovation, Sophie Houle d'Investissement Québec, Nathan Kaiser de la Laiterie Chagnon, Isabelle Charest, ministre déléguée à l'Éducation et députée de Brome-Missisquoi, ainsi que le maire de Waterloo, Jean-Marie Lachapelle.

Un prêt de plus d'un million $ à Laiterie Chagnon

Pour développer le marché du beurre de spécialité, la Laiterie Chagnon de Waterloo pourra compter sur un prêt de 1 008 000 $ du gouvernement du Québec.

C’est la députée de Brome-Missisquoi et ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, qui en fait l’annonce, lundi, au nom du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon. 

Cette aide financière prend la forme d’un prêt de 508 000 $ sans intérêt du programme ESSOR du ministère de l’Économie et de l’Innovation, et d’un prêt de 500 000 $ avec intérêt sur dix ans attribué par Investissement Québec. 

Grâce à ce soutien, la famille Kaiser, propriétaire de la Laiterie Chagnon depuis 2017, sera en mesure d’acquérir de nouveaux équipements et de commercialiser sa nouvelle gamme de beurre. Elle estime la valeur du projet à 1 135 000 $.

Dans son allocution, Isabelle Charest a affirmé que cela allait permettre à la laiterie de passer d’un mode de fabrication artisanale à un mode industriel, en n’altérant en rien la qualité du produit. Comme ses autres produits, tels que le lait, la crème glacée et le yogourt, le beurre de la Laiterie Chagnon est sans agent de conservation ni colorant.

Son beurre de spécialité comprend notamment le beurre baratté à 84 % — plus onctueux que le beurre traditionnel —, et le beurre de culture fabriqué à partir de crème fraîche additionnée de culture bactérienne. Elle propose actuellement le beurre de culture non salé, le beurre de culture à la fleur de sel et le beurre de culture à l’ail aux deux fleurs. 

Le président de la Laiterie Chagnon, Nathan Kaiser, a déclaré à La Voix de l’Est que ce prêt tombait à point nommé pour la compagnie qui, depuis septembre dernier, est la propriété unique de sa famille. Au moment de l’achat, il y a deux ans, celle-ci était associée à Cult Yogourt, mais ce n’est plus le cas.

« Ce prêt, c’est vraiment une bonne nouvelle, d’autant plus que ça ne fait pas longtemps qu’on a acquis la laiterie. Ça va nous permettre d’innover et de lancer encore plus de nouveaux produits », a-t-il fait remarquer. Depuis la prise de possession, beaucoup d’énergie a été déployée dans le développement de produits, mais un peu moins dans les équipements. L’aide gouvernementale permettra de combler cela, selon lui.

Et pourquoi mettre l’accent sur le beurre de spécialité ? « Aux États-Unis et en Europe, il existe plein de variétés de beurre, alors qu’ici, c’est juste du beurre ! Il y a pourtant un marché pour le beurre fabriqué à l’ancienne, avec de nouvelles saveurs. On veut que les consommateurs aient hâte de découvrir la prochaine », a indiqué M. Kaiser, en faisant remarquer que les Québécois, de plus en plus, préféraient « manger moins, mais manger mieux ».

Message politique 

En s’adressant aux personnes présentes à l’annonce, Nathan Kaiser a par ailleurs profité de l’occasion pour mettre en lumière la situation actuelle de l’industrie laitière. 

« Les producteurs et les transformateurs méritent d’être traités équitablement à la suite des concessions faites aux partenaires commerciaux du Canada. Et c’est pour nous une question d’honneur de la part du gouvernement fédéral de respecter ses engagements à compenser véritablement le secteur laitier canadien », a-t-il mentionné, en saluant le soutien offert aux producteurs et aux transformateurs laitiers par le gouvernement de François Legault. 

Rappelant que les compensations étaient essentielles, il a insisté sur l’importance d’innover pour demeurer concurrentiels sur les marchés locaux et internationaux. 

M. Kaiser s’est même permis de lancer une flèche au nouveau Guide alimentaire canadien, dévoilé aujourd’hui, qui retirerait aux produits laitiers leur statut de groupe alimentaire.

« Trop souvent, nous oublions que manger doit être aussi un plaisir [...] Les gens qui préparent actuellement une nouvelle version du Guide alimentaire canadien ont probablement oublié cette notion de plaisir, cette satisfaction de manger de bons aliments, et ils ont probablement oublié aussi la capacité de nous alimenter avec variété et équilibre au quotidien. N’oublions pas que dans la catégorie des protéines pour des aliments qui n’ont pas subi de grandes transformations, les produits laitiers se classent au premier rang. »