Ludovik Joseph souhaite participer aux Jeux paralympiques à sa majorité.

Un porte-drapeau inspirant

Certains des exploits accomplis lors des Jeux du Québec se vivent devant le regard du public, dans la clameur des applaudissements. D’autres sont plutôt réalisés discrètement, durant le difficile parcours menant jusqu’aux compétitions.

Et rares sont les fois où c’est le parcours plutôt que le résultat qui est célébré.

C’est toutefois ce qui s’est produit, samedi, lorsque le cycliste Ludovik Joseph, de Lac-Brome, a porté le drapeau de la délégation de Richelieu-Yamaska lors des cérémonies de clôture des Jeux à Thetford Mines.

« Il y avait plusieurs candidats intéressants, mais Ludovik a vraiment été un coup de cœur. Toute sa détermination, c’est venu me chercher », explique la chef de délégation Diane Gosselin.

Ludovik a terminé aux alentours de la 30e position lors des quatre épreuves de cyclisme sur route auxquelles il a participé, dans la catégorie « minimes ». Mais il faut parfois savoir regarder bien au-delà des classements.

Car peu de gens auraient prédit, il y a quelques années, que le Bromois de 14 ans allait se mesurer aux meilleurs athlètes du Québec dans sa catégorie.

Ludovik souffre d’hémiparésie du côté droit : tous ses muscles de ce côté y sont peu développés, ce qui lui donne une allure particulière, à vélo comme à pied.

« Il a fait un AVC durant ma grossesse, explique sa mère, Mélanie Trottechaud. Mais je lui ai quand même fait essayer tous les sports. »

Du sous-sol à la finale provinciale
Qui plus est, la relation entre Ludovik et le cyclisme n’a véritablement commencé qu’à l’hiver 2017.

« Durant le temps des Fêtes, c’est notre tradition, on s’assoit les sept autour de la table et on fait nos objectifs à court et moyen terme et on se partage ça. Lui, c’était les Jeux du Québec à court terme », raconte sans sourciller Mme Trottechaud.

Ludovik n’avait alors jamais fait de compétition sportive.

« On a commencé sur le vélo dans le sous-sol. Il devait apprendre à déclipper ses souliers, c’est très difficile avec seulement une main. Même chose pour les changements de vitesses ou pour prendre sa gourde », témoigne sa mère.

Dès le début, son coach et beau-père, Philippe Wauthier, a préparé un plan d’entraînement des plus sérieux. Ce qui a permis au Bromois de performer lors des compétitions et de se classer pour les Jeux du Québec, et ce, en l’espace de quelques mois.

« Je suis satisfait de mes performances, dit Ludovik, un brin d’hésitation dans la voix. C’était des athlètes que j’avais jamais vus avant et ils étaient plus développés que moi. »

« Il connaît une bonne progression, au début il était à 25 % du temps du premier, maintenant il s’approche du 15 % », souligne M. Wauthier.

Cette amélioration n’a toutefois pas été obtenue sans effort, puisque le cycliste de 14 ans doit suivre un entraînement très exigeant. Il enfourche son vélo pendant plusieurs heures, tous les jours.

« Lorsqu’il fait des plateaux musculaires par exemple, il peut monter la cote (du chemin) Sugar Hill une dizaine de fois sur le gros plateau », indique Mélanie Trottechaud.

Et Ludovic ne compte pas arrêter s’arrêter de si tôt.

« Je vise à court terme de refaire les Jeux du Québec dans deux ans. Mais à long terme, j’aimerais me rendre aux Jeux paralympiques. Et si ça va trop bien dans le “para”, j’aimerais retourner dans le “régulier” et me rendre le plus loin possible.

DE PRÉCIEUX SOUVENIRS

D’autres jeunes athlètes ont également beaucoup appris lors de plus récents Jeux du Québec. 

Le Bromontois Nathan Bouchard a certes terminé entre la 31e et la 34e position lors de ses trois épreuves individuelles de vélo de montagne à Thetford Mines. Surmonter sa timidité aura toutefois été sa plus grande victoire. 

« Je ne suis pas arrivé là-bas avec un objectif précis. Je ne réalisais pas ce que c’était d’être sélectionné pour les Jeux du Québec avant d’être sur place », avoue-t-il.

Comme le témoignent ses parents, Karine McNicoll et Kevin Bouchard, Nathan est un garçon « un peu gêné ». « Mais je me suis fait plein d’amis durant les Jeux! », assure le jeune homme.

Il a également pu se développer à la vitesse grand V durant ces quelques jours.

« On m’a donné de bons trucs pratiques et c’était aussi la première fois que je faisais vraiment de la compétition contre les autres », explique Nathan Bouchard, les yeux brillants.

« Ils sont traités comme de vrais athlètes, je dois avouer que j’étais un peu jaloux », indique son père, qui était lui-même parent accompagnateur. 

Nathan Bouchard ne revient peut-être pas des Jeux du Québec avec une médaille, mais il ramène dans ses bagages beaucoup de fierté et des souvenirs inoubliables. 

Nathan Bouchard revient de Thetford Mines avec des souvenirs inoubliables et plusieurs trucs pour mieux performer en vélo de montagne.