On voit ici Johanne Turgeon et Linda Cormier du CIUSSS de l'Estrie, Louise Bissonnette (arrière), chef de service du bloc opératoire à BMP puis Bruno Petrucci, du CIUSSS de l'Estrie. À leurs côtés, Diane Daigle et Réjean Lehoux, vp et président du C.A. de la Fondation Perkins.

«Un plus pour les patients et leurs proches»

Quatre nouveaux projets verront le jour au cours des mois à venir dans la région grâce au soutien de la Fondation Perkins. Ces initiatives ont comme principaux objectifs d'améliorer la prévention en matière de santé puis l'interaction entre les patients et les effectifs médicaux.
« C'est inspirant ce que vous allez faire ici pour les autres installations du CIUSSS. On va voir si on peut tirer profit de ces expériences pour l'ensemble de la région de l'Estrie. Je suis convaincue que les quatre initiatives vont faire un plus pour les patients et leurs proches », a indiqué en point de presse, mardi, la présidente-directrice générale adjointe du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie, Johanne Turgeon.
En fait, la Fondation Perkins dispose d'un fonds de 850 000 $. Tous les intérêts générés par cet important montant sont réinjectés à l'hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP) depuis 1973. Or, l'organisation a lancé cette année, pour la première fois de son histoire, un appel de projets, a mentionné le président du conseil d'administration, Réjean Lehoux. « Avant, le directeur de l'hôpital nous présentait ses projets et on faisait un chèque. On a voulu adopter une nouvelle approche », a-t-il dit.
Ainsi, six projets ont été déposés. Un comité en a finalement sélectionné quatre. Ceux-ci ont été départagés en fonction de leur pertinence et de leur « caractère mesurable ». « Pour nous, c'est important que les projets retenus aient des retombées rapides dans la collectivité », a fait valoir la vice-présidente du C.A. de la Fondation, Diane Daigle. L'utilisation judicieuse des ressources, l'aspect préventif et le potentiel d'être implantés ailleurs dans le réseau du CIUSSS ont aussi pesé dans la balance.
Facteurs de risque
Le premier projet à avoir été présenté se nomme Agir sur sa santé. « Le programme se veut une façon d'outiller le patient à prendre sa santé en charge en diminuant les facteurs de risque dans les soins de première et de deuxième lignes. On parle notamment de changer ses habitudes de vie. Pour nous, c'est important que la décision vienne du patient », a indiqué en entrevue la coordonnatrice en services spécialisés du CIUSSS de l'Estrie, Linda Cormier. Une enveloppe avoisinant 15 000 $ a été attribuée au projet. Ce type d'initiative a déjà fait ses preuves ailleurs en Estrie, a souligné Mme Cormier. « Sept territoires du CIUSSS ont déjà ce programme. Depuis son lancement, on note une amélioration de la prise en charge de la clientèle de l'ordre de 17 %. On s'attend à des résultats similaires ici en l'implantant graduellement. »
Cohésion
Le second projet consiste à améliorer la communication entre les patients et le personnel médical par le biais d'une formation des effectifs. « Il faut rehausser la qualité des interactions humaines à la suite de l'adoption du [plus récent] rapport annuel du commissaire aux plaintes et à la qualité des services », a soutenu le directeur qualité évaluation performance et éthique au CIUSSS, Bruno Petrucci.
« On note surtout des commentaires d'impatience de la part des patients. Les gens ne se sentent pas écoutés par le personnel. Ça revient constamment. On peut prendre le temps de parler avec la clientèle. Et un sourire, ça ne coûte pas cher. Ça fait toute la différence dans l'accueil », a indiqué à La Voix de l'Est le commissaire aux plaintes du CIUSSS, Denis Beaulieu. 
La Fondation a consenti 20 000 $ à ce projet-pilote, qui sera lancé dans le Réseau local de services (RLS) La Pommeraie, puis ensuite dans quatre autres territoires en Estrie, a précisé M. Petrucci. La formation se déclinera en six modules d'une heure chacun. « Communiquer efficacement même en présence d'émotions difficiles » est l'un des nombreux thèmes qui seront abordés.
Carnet de santé
Il est parfois difficile de s'y retrouver à travers les termes complexes du « jargon médical ». Dans la région, un premier « carnet de santé » pour aider la population moins habile à la lecture à y voir clair avait été concocté. Les quelque 300 exemplaires ont rapidement trouvé preneurs, a fait valoir M. Petrucci. L'impression et la distribution de 3000 nouveaux carnets d'une vingtaine de pages, disponibles en français et en anglais, sont donc prévues. La Fondation Perkins a octroyé près de 5000 $ à cet effet. On traitera notamment dans cet ouvrage des droits des usagers, des coordonnées importantes dans le réseau de la santé et des principales questions abordées par les professionnels- de la santé.
Finalement, une enveloppe de 10 000 $ a été consentie pour la mise à jour de dépliants pré et post chirurgical. La mise à niveau des informations sur le site Web du RLS La Pommeraie est aussi dans les cartons, a indiqué la chef de service du bloc opératoire à l'hôpital BMP, Louise Bissonnette, qui chapeaute le projet.