«Ils ont le tour de compliquer quelque chose de très simple. C'est du zèle, de l'abus de pouvoir», affirme Michel Picard à propos des fonctionnaires du MDDEFP qui refusent de lui émettre ses certificats d'autorisation pour des travaux à sa pisciculture à Saint-Joachim-de-Shefford.

Un pisciculteur harponne l'Environnement

Michel Picard veut rendre sa pisciculture plus écologique. Le producteur de Saint-Joachim-de-Shefford se dit prêt à investir des dizaines de milliers de dollars dans ses installations, mais se bute au ministère de l'Environnement qui refuse de lui donner l'autorisation de procéder aux travaux.
Pisciculteur depuis plus de 20 ans, le seul en Montérégie, M. Picard élève des poissons destinés aux pêcheurs sportifs de la région. Chaque année, ses truites ensemencent les lacs Roxton et Boivin et les rivières Yamaska Nord et Renne à Acton Vale. Il en vend aussi à des propriétaires d'étangs privés. L'année dernière, 10 000 truites ont grandi dans ses étangs sur son immense propriété du chemin Grande-Ligne.
Les bassins de M. Picard sont alimentés en grande partie par l'eau de la rivière Castagne. L'eau retourne par gravité dans le cours d'eau après être passée par un bassin de sédimentation. M. Picard est conscient que sa production a pour effet d'augmenter le phosphore dans l'eau. Il en rejette entre 6 et 7 kilogrammes pour chaque tonne de poissons (kg/t). C'est pour cette raison qu'il s'est joint en 2005 à d'autres pisciculteurs pour améliorer leur bilan environnemental avec l'aide du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Pêcheries, l'entité qui encadre les activités des piscicultures. Leur objectif est de limiter à 4,2 kg/t le phosphore rejeté. «C'est pas mal moins que ce que les porcheries rejettent», dit-il.
Des ingénieurs et des biologistes ont analysé les installations de M. Picard pendant deux ans et ont préparé un plan d'intervention pour atteindre la cible écologique. Le plan propose d'aménager deux bassins de sédimentation additionnels et l'installation de souffleries dans les étangs de truites pour oxygéner l'eau. Des travaux et des achats totalisant près de 150 000$. «Il y a beaucoup de travail, là-dedans. C'est très sérieux comme plan», insiste le pisciculteur, qui signale qu'il a été approuvé par le MAPAQ.
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