Kym Turgeon, cuisinière à Bonne Bouffe depuis les tout débuts, pose à côté de Jan-Soleil Rioux Marceau, le propriétaire, et de sa conjointe Marilyn Carrier.
Kym Turgeon, cuisinière à Bonne Bouffe depuis les tout débuts, pose à côté de Jan-Soleil Rioux Marceau, le propriétaire, et de sa conjointe Marilyn Carrier.

Un pionnier de la bouffe végane dans la région fête ses 10 ans

Jérôme Savary
Jérôme Savary
La Voix de l'Est
Niché sur la rue Principale depuis une décennie, Bonne Bouffe snack-bar santé souffle ses dix bougies cette année. Pas mal pour ce pionnier de la restauration végane dans la région, qui profite de cette étape importante pour déménager, quelques pas plus loin, à compter du 6 juillet prochain.

«Le végétarisme et le véganisme gagnent de plus en plus en popularité, mais Bonne Bouffe était comme le pionnier dans la région quand il a ouvert», souligne Marilyn Carrier, conjointe du propriétaire Jan-Soleil Rioux Marceau.

Si ce dernier détient l’endroit depuis trois ans et demi, l’âme de Bonne Bouffe est restée sensiblement la même. «Au restaurant, nous avons la conscience de bien faire les choses, assure M. Rioux Marceau. Presque tout est bio [dans ce que l’on offre].»

Cette conscience transparaît aussi dans les relations interpersonnelles parmi l’équipe. Selon Jan-Soleil, cette recherche de l’harmonie est une préoccupation constante.

Trois fois plus grand

La décision de déménager dans un local trois fois plus grand, en face de la place accueillant le marché public de Granby, a été prise avant la crise du coronavirus. Si le petit restaurant actuel est fermé depuis la fin du mois de mars, Jan-Soleil est enthousiaste de démarrer cette aventure.

Habituée à proposer principalement des sandwichs végé à emporter, l’équipe du snack-bar santé compte d’abord sur cette clientèle qui entre et sort en coup de vent. Par conséquent, les 35 nouvelles places assises, partagées entre un espace salle à manger et un espace salon avec fauteuils et tables basses, ne sont qu’un plus.

«La distanciation sociale va peut-être ralentir l’arrivée de cette nouvelle clientèle, mais on la voit comme un marché à gagner.»

Des places assises, donc, mais aussi du café, une plus grande cuisine et... un lave-vaisselle — «On lavait tout à la main» — sont des améliorations majeures venant avec les nouveaux locaux.

«Je serais content si on faisait 60 sandwichs par jour», avance Jan-Soleil, même si le facteur COVID continue à laisser un flou sur le futur.

En marge de tous ces changements, une certitude: la cuisinière de toujours, Kym Turgeon, sera encore aux fourneaux. «Je souhaite rendre hommage à Kym, qui est le cœur de cette place, de dire Jan-Soleil. Elle fait partie de l’âme du restau et est très attentive aux besoins des clients; c’est clairement une partenaire.»

Avec une nouvelle cuisine, qui sait quelles nouvelles concoctera l’experte du tofu général Tao, du tempeh teriyaki et autre quiche au tofu divin?

Une question d’énergie

Avant même d’en être le propriétaire, Jan-Soleil connaissait bien l’endroit comme client. «Quand j’étais client, Bonne Bouffe était synonyme pour moi de havre, d’une espèce de sanctuaire.»

Une sorte d’énergie zen était d’ailleurs omniprésente le jour où il a acheté le restaurant. De retour à Granby après avoir effectué un long séjour de méditation Vipassana à l’extérieur de la ville, Jan-Soleil s’est naturellement dirigé vers Bonne Bouffe, «le seul endroit où je me sentais à l’aise d’aller manger».

Avant d’y entrer, sa blonde lui apprend alors que le restaurant est à vendre.

«J’étais à ce moment à la recherche d’un lieu qui me permette de travailler tout en préservant ma paix intérieure, explique-t-il. D’un travail qui respecte mes valeurs de vivre sans faire de tort à autrui — aux gens, aux animaux ou à l’environnement.»

Dans les heures qui ont suivi, il savait qu’il achetait Bonne Bouffe. «En même temps, cela me permettait d’encourager quelque chose de positif, une place que j’appréciais, à échelle humaine.»