Un pharmacien radié pour trois mois

Un pharmacien qui pratiquait à Granby, Marc-André Tessier, a été radié pour trois mois pour avoir volé des stupéfiants d'une valeur de 5000 $, dont du dilaudid, de l'oxycodone et du fentanyl, et en avoir consommé.
Il a plaidé coupable aux deux chefs retenus contre lui, c'est-à-dire avoir défaut de se comporter avec dignité et intégrité dans ses rapports avec un autre pharmacien en s'appropriant, à même l'inventaire de la pharmacie, des médicaments, notamment des stupéfiants, sans les payer ; et avoir fait un usage immodéré de substances psychotropes, dont des stupéfiants.
Ces manquements sont survenus entre le printemps 2014 et juin 2016, alors qu'il se trouvait à l'emploi de la pharmacie Jean Provost, Majed Bitar et Kevin Smith de Granby. Membre de l'Ordre des pharmaciens du Québec depuis 2008, M. Tessier avait décroché cet emploi en 2009.
Dans la décision du conseil de discipline rendue en mai, on apprend que le pharmacien a développé un attrait pour l'effet euphorique des stupéfiants à la suite d'une intervention dentaire en 2011. On lui avait alors prescrit du Supendol pour la douleur. 
Lors d'une rupture amoureuse en 2014, il a commis son premier délit à la pharmacie où il travaillait. 
Sa dépendance s'est accrue graduellement, allant jusqu'à inclure oxycodone, oxyneo, dilaudid, ms contin, morphine en injection, hydromorphone en injection, suboxane, fentanly et Statex. 
C'est après avoir remarqué un débalancement des inventaires des stupéfiants que les propriétaires de la pharmacie ont fait appel à une firme de sécurité et effectué des vérifications quotidiennes dans l'armoire de stupéfiants - seuls les pharmaciens ont la clé. Le 7 juin 2015, ils ont découvert que Marc-André Tessier s'appropriait des stupéfiants sans prescription et sans les payer.
La valeur de ce qu'il avait subtilisé grimpe à 5000 $. 
Congédiement
Le pharmacien a été congédié sur-le-champ. À la demande de son employeur ce jour-là, il a accepté de consulter en urgence à un hôpital. Il a alors amorcé un sevrage. 
Le propriétaire de la pharmacie a demandé au bureau du syndic de l'Ordre des pharmaciens du Québec de faire enquête. M. Tessier a permis qu'il ait accès à ses dossiers et aux professionnels de la santé qui assuraient son suivi. Il a également accepté de se soumettre à des tests de dépistage pendant 12 mois et, en cas d'échec, de démissionner de son ordre professionnel.
M. Tessier s'est aussi engagé à aviser le syndic de tout nouvel emploi, d'informer tout nouvel employeur de la plainte déposée contre lui et de son impossibilité de s'impliquer dans la gestion des stupéfiants pour une période de 12 mois. 
Même s'il pouvait travailler pendant l'enquête, il n'a pas pratiqué jusqu'à l'audition qui s'est tenue en mai. Il dit vouloir reprendre de façon progressive sa pratique. 
Regrets
Selon le jugement, Marc-André Tessier a exprimé des regrets et a honte de ce qu'il a fait. Il a aussi affirmé n'avoir jamais travaillé sous l'influence de stupéfiants. Il a présenté des excuses au propriétaire de la pharmacie où il travaillait et l'a remboursé. Le conseil dit croire en sa sincérité du pharmacien.
« Il ne fait pas de doute que les gestes reprochés sont graves et sérieux, que la conduite de l'intimé porte ombrage à l'ensemble de la profession et qu'elle mine la confiance que le public doit avoir envers les pharmaciens, peut-on lire dans le jugement. Compte tenu des mesures prises par l'intimé et l'aide professionnelle dont il s'entoure, le Conseil croit que le risque de récidive est léger à modéré puisque l'intimé a travaillé sur le problème qui est à la source du début de sa consommation. »
Le conseil est aussi d'avis que le jeune pharmacien peut être un actif pour la société et que l'année de réflexion qu'il s'est donnée pour prendre soin de sa santé le rassure sur le fait qu'il ne voudra pas repasser par le même chemin. 
Une recommandation conjointe de trois mois de radiation a donc été retenue.