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Les commerces des Galeries de Granby pourront ouvrir à nouveau à compter de lundi 8 février.
Les commerces des Galeries de Granby pourront ouvrir à nouveau à compter de lundi 8 février.

Un peu d’oxygène pour les commerçants

Jérôme Savary
Jérôme Savary
La Voix de l'Est
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On est encore loin de la coupe aux lèvres, mais les quelques allègements annoncés mardi soir par le premier ministre du Québec permettent aux commerçants d’ici de souffler un peu.

Aux Galeries de Granby, on ne crie pas de joie sur les toits, mais c’est un soupir de soulagement. «On va pouvoir débrancher le respirateur artificiel sur lequel on était», image Serge Tremblay, propriétaire des magasins Sports Experts de Granby et de Bromont.

Rappelons que le gouvernement a annoncé mardi que les commerces non essentiels pourraient ouvrir de nouveau à compter du lundi 8 février, et ce, partout au Québec.

«On est très contents de rouvrir nos portes, indique M. Tremblay. Avec la neige qu’on a dehors, les gens pourront venir essayer nos articles d’hiver et profiter du peu de plaisirs [qu’il nous reste].»

Précisons à ce sujet qu'à l'extérieur les activités sportives sont permises, incluant les cours, et sont limitées à un groupe de quatre personnes pouvant désormais provenir de quatre résidences différentes. La marche, la raquette ou le ski de fond pourront ainsi être pratiqués entre amis.

Pas d’attentes démesurées

Cependant, pas question ici de vendre en fou. «En rouvrant, on espère aller chercher entre 50% à 70% du chiffre d’affaires de l’an passé, dit-il. Au moins, on ne sera plus en mode survie.»

Le propriétaire du magasin de sport pourra progressivement réembaucher des membres de son personnel, alors qu’une cinquantaine d’entre eux sont au chômage. Seuls quatre employés sont actuellement en poste, afin d’assurer le service à la clientèle et les commandes au téléphone, et la réception des marchandises.

Serge Tremblay, propriétaire des magasins Sports Experts de Granby et de Bromont

Aux Galeries, des mesures de surveillance de l’affluence, sensiblement les mêmes qu’à Noël, seront en place.

«On a un décompte automatisé des gens présents dans le centre d’achats», précise Marc Montpetit, directeur régional pour le groupe Westcliff, celui-ci étant propriétaire des Galeries. Du personnel de sécurité patrouillera les aires communes, selon M. Montpetit, afin d’aviser d’éventuels contrevenants de l’interdiction de se regrouper.

Le premier ministre Legault a notamment insisté sur l’importance d’empêcher les attroupements dans les centres commerciaux. «On va être prêts, assure le responsable de Westcliff. On est bien content pour nos locataires qu’ils puissent retrouver leurs clients.»

Les Galeries restent fermées jusqu’au 8 février.


« On va pouvoir débrancher le respirateur artificiel sur lequel on était. »
Serge Tremblay, propriétaire des magasins Sports Experts de Granby et de Bromont

Indiquons également qu’un programme de soutien au loyer commercial, la Subvention d’urgence du Canada pour le loyer, permet aux entreprises, aux organismes à but non lucratif ou aux organismes de bienfaisance canadiens d’avoir droit à une subvention pour couvrir une partie de leur loyer commercial ou de leurs dépenses immobilières, jusqu’au mois de juin 2021. Cette subvention fournit des paiements directement aux locataires, sans passer par les locateurs.

Dans les restaurants

Dans les restaurants de la région, on imagine que c’est la déconvenue, même si cela était prévisible, selon l’Association restauration Québec (ARQ). En effet, seuls les établissements de six régions éloignées passant en zone orange — comme la Gaspésie, l’Abitibi ou le Saguenay-Lac-Saint-Jeaan — pourront rouvrir le 8 février, ce qui n’inclut ni l’Estrie ni la Montérégie.

Ainsi, de 70 à 75% des restaurants resteront fermés, selon les estimations de l’ARQ.

«Les restaurants ont connu sept mois de fermeture sur les dix derniers, rappelle François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ.

«Les restaurateurs sont à bout de souffle, en détresse, dit-il. On n’a besoin que le gouvernement nous assure qu’on ne sera pas sacrifiés de nouveau. (...) On persiste à dire que [nos établissements] peuvent accueillir la clientèle en toute sécurité. On doit permettre la reprise de nos activités et maintenir les aides gouvernementales, car plusieurs endroits ne pourront pas retrouver la rentabilité avant plusieurs mois.»

Le télétravail, entre autres, fait des ravages dans ce secteur.

Luc Viens, propriétaire du Bistro 633 à Bromont

Au Bistro 633 de Bromont, le propriétaire Luc Viens fait partie de ceux qui réussissent à tirer leur épingle du jeu, avec des effectifs réduits.

Avec son offre de repas à emporter jumelée à son celle de soupers festifs virtuels (à préparer soi-même à partir d’ingrédients préparés) présentant des chansonniers et des thématiques différentes, cinq personnes travaillent à son restaurant, car «notre côté virtuel nous a amené de nouveaux clients».

«On devrait se sortir de là pas trop écorchés financièrement», croit M. Viens.

À la différence de beaucoup d’autres, si on en croit l’ARQ. Selon l’association, 2800 établissements n’ont pas renouvelé leur licence d’exploitation. Les pertes en 2020 se chiffrent à près de 6 milliards de dollars comparativement à 2019, et 94 000 personnes ont perdu leur emploi.

Il faudra donc s’armer de patience avant de pouvoir s’attabler à notre bistro préféré. «Je crois qu’on sera parmi les derniers à ouvrir, dit M. Viens. Je pense que la réouverture des salles à manger, ça ira après la mi-mars, et ce, malgré baisse du nombre de cas.»