La directrice adjointe au programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées du CIUSSS de l’Estrie, Sylvie Quenneville

Un peu d’oxygène à Villa-Bonheur

La lueur d’espoir qu’a eue le personnel du CHSLD Villa-Bonheur à Granby en voyant débarquer en renfort, à la fin février, des cadres et des effectifs médicaux d’autres établissements, est en voie de se cristalliser. Alors que la pénurie de main-d’œuvre est toujours aussi criante au sein du centre d’hébergement, le CIUSSS de l’Estrie met la touche finale à une série d’initiatives pour stopper l’hémorragie.

Trois gestionnaires sont venus travailler auprès des résidents de Villa-Bonheur durant la fin de semaine du 23 et 24 février pour « combler des quarts de travail ». Ils provenaient d’autres installations en Estrie, notamment à Magog. Or, cette mesure fut éphémère. « Avoir de l’aide durant un week-end, c’est bien, mais le problème n’est pas réglé. La situation est aussi critique et on est pas mal découragés », a confié une préposée aux bénéficiaires (PAB).

Selon nos informations, en date de mardi, entre quatre et sept PAB sont manquants à l’horaire de jour du 6 au 8 mars à Villa-Bonheur. Les périodes précédentes présentaient le même manque de personnel. Le ministère de la Santé demande un ratio d’un PAB pour six à sept usagers en CHSLD de jour. De son côté, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) 4475, qui représente notamment les préposés à Villa-Bonheur, a confirmé à La Voix de l’Est qu’une entente a été ratifiée à la fin février avec le CIUSSS pour autoriser le transfert de personnel d’autres établissements, entre autres vers le CHSLD de Granby.

Précarité

La situation est critique depuis plusieurs mois au centre d’hébergement. « On passe notre temps à éteindre des feux », avait confié l’infirmière auxiliaire Nancy Mathieu en marge d’une manifestation tenue le 19 février devant le CHSLD. Des dizaines d’employés et sympathisants avaient alors lancé un cri du cœur à propos de la détresse du personnel à bout de souffle, et de la sécurité déficiente des résidents qui en découle.

Solutions

Selon Sylvie Quenneville, directrice adjointe au programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA), les employés de Villa-Bonheur devraient sortir la tête de l’eau à court terme. « On avait réagi en urgence pour aider le personnel. Mais on structure les choses pour les gens qui voudraient se porter volontaires pour venir donner un coup de main. » Jusqu’ici, le CIUSSS a en banque une vingtaine de noms de gens qui travaillent dans d’autres établissements à travers le réseau de la santé estrien.

De plus, quatre nouveaux PAB devraient entrer en poste à Villa-Bonheur en mars et un en avril. Selon la conseillère syndicale du SCFP, Mélanie Cloutier, des discussions sont également en cours avec le CIUSSS pour lancer une initiative de recrutement de PAB à l’étranger, principalement en France.

Parmi les pistes de solutions figure l’embauche dès l’été prochain, comme PAB, d’étudiants de première année à la technique en soins infirmiers. Le CIUSSS souhaite aussi faire appel à des équipes volantes, notamment pour limiter les effets de l’absentéisme. Idem en ce qui concerne le recours à du personnel provenant d’agences externes. Les effectifs qui sont attitrés temporairement à des « travaux légers » seront mis à contribution pour aider les PAB à Villa-Bonheur, a indiqué Mme Quenneville.

De plus, le Centre régional intégré de formation (CRIF) de Granby met en place, en partenariat avec le CIUSSS de l’Estrie, un nouveau programme afin d’attirer de futurs PAB. Le cours sera lancé le 1er avril et permettra aux candidats de concilier travail et études dans leur domaine. Le CRIF pourra accueillir 22 élèves par cohorte et aura la possibilité d’en lancer deux simultanément. La directrice adjointe SAPA a également confirmé qu’au terme de l’activité portes ouvertes du centre de formation, qui a eu lieu le 27 février, une dizaine de personnes se sont inscrites au programme de PAB.