Pas moins de 137 personnes ont bravé le froid afin de participer à la Marche pour la vie, tenue dimanche matin à Farnham.

Un peu de lumière au bout du tunnel

Pas moins de 137 personnes ont bravé le froid, dimanche matin, à Farnham, afin de participer à la Marche pour la vie organisée par Mélodie Millette-­Lamoureux, une finissante du programme d’éducation intermédiaire de l’école secondaire Jean-Jacques Bertrand. On pouvait difficilement rester insensible aux témoignages livrés par des gens ayant dû composer avec le suicide d’un proche.

Mère de Mélodie, Josianne Millette est notamment revenue sur les deux drames qui ont bouleversé sa vie. Le 4 juillet 1996, son père Jean-Pierre s’est enlevé la vie. « À ce moment, tout a été chamboulé et je croyais vivre la pire épreuve de mon existence. J’étais son bébé, et même si je venais de finir mon secondaire, je me trouvais bien petite pour perdre mon père », a confié Mme Millette devant la foule rassemblée au Marché de la Station­ Gourmande. 

Le suicide est de nouveau venu « frapper à sa porte » en 2012. « J’ai dû aller retrouver mes touts petits âgés de 11, 9 et 7 ans pour leur dire les trois pires mots qu’une mère puisse prononcer : “Papa est mort”. (...) Ce jour-là, j’ai cessé le travail. Je ne mangeais plus, je ne dormais plus. Sans force, j’étais devenue comme une automate. »

Veuve à 33 ans, Mme Millette devait néanmoins continuer de guider son clan. Cinq ans et demi plus tard, elle est en mesure de lancer un message d’espoir. « Malgré les jours gris, et même quand la tempête nous semble vraiment interminable, je vous l’assure : tôt ou tard, le soleil revient briller, comme aujourd’hui », a-t-elle conclu, suscitant de généreux applaudissements. 

Cri du cœur

Bien qu’elle ait perdu sa fille Justine­ alors que celle-ci avait à peine 16 ans, Nathalie Roy a également livré un cri du cœur. « Son départ, on doit apprendre à vivre avec chaque jour. Aujourd’hui, c’est encore difficile. On voudrait changer le cours de l’histoire », a-t-elle indiqué, peinant à trouver ses mots sous le coup de l’émotion. 

« Le suicide est une solution irréversible à un problème qui est temporaire. (...) Parlez-en, confiez-vous à quelqu’un. Car vous êtes tellement­ importants. »

Malgré la douleur occasionnée par le suicide de son père, Mélodie­ Millette-­Lamoureux tenait à profiter de son projet d’étude pour organiser un rendez-vous pédagogique et rassembleur. « Le but de la marche est de faire parler du suicide, pour éviter que ça reste un sujet tabou. Parce que ça ne devrait pas l’être », a-t-elle affirmé. 

Les marcheurs ont déjà permis d’amasser 2831 $ au profit du Centre de prévention suicide de la Haute-Yamaska. Alors que le cout d’inscription était de 10 $, certains marcheurs ont offert jusqu’à 100 $. D’autres dons sont attendus au cours de la semaine. 

Mélodie est heureuse de voir que son projet a généré un bel engouement. « Je suis vraiment contente. Je n’ai jamais été certaine, parce que j’avais seulement 30 personnes inscrites à l’avance », a précisé l’étudiante­ de 16 ans. 

L’organisation de la marche n’a pas été de tout repos, bien au contraire. Le trajet de 5 km a notamment dû être modifié à la dernière minute, des sections de la piste cyclable la Montérégiade n’étant pas praticables. 

Organisation professionnelle

Mélodie a toutefois pu compter sur le soutien de plusieurs partenaires, dont l’Association québécoise de prévention du suicide et Cloée Viens, une des organisatrices derrière le Grand défi Pierre Lavoie. « Il fallait que je me renseigne sur comment créer ce genre d’événement, parce que je ne l’avais jamais fait. Mais j’ai pu collaborer avec des gens vraiment gentils », s’est réjouie la Farnhamienne. 

Intervenante et formatrice au Centre de prévention suicide de la Haute-Yamaska, Claudie Lessard était présente dimanche afin de présenter différents services. Elle s’est dite impressionnée par le « professionnalisme » derrière l’événement du jour. « Je ne sais pas si le professeur qui donne la note est ici, mais vraiment, ça devrait être un A+ ! », a-t-elle lancé. 

L’organisatrice de la marche, Mélodie Millette-­Lamoureux