L’ancienne vedette du Canadien Guy Lafleur a fait don d’armes de chasse et d’une arme de poing au Musée de l’arme et du bronze fondé par Pierre Gravel.

Un peu de Guy Lafleur au Musée canadien de l’arme et du bronze

Il y a maintenant un peu de Guy Lafleur au Musée canadien de l’arme et du bronze de Granby. Parmi la collection de 1261 armes civiles et militaires exposées sur place, six ont appartenu à l’ancienne vedette du Canadien, qui a un jour souhaité s’en départir. Et chacune a sa petite histoire.

Grand amateur de chasse, le hockeyeur a légué au Musée cinq carabines. Parmi elles, les visiteurs peuvent voir celle héritée de son père et une autre reçue de l’homme d’affaires sherbrookois Léo Drolet pour souligner son 500e but dans la Ligue nationale.

Mais la plus étonnante est sans contredit cette arme de poing dont le Démon blond avait fait l’acquisition par mesure de protection.

C’était durant les séries de la saison 1975-76, a-t-il raconté mercredi lors du dévoilement du présentoir consacré à ses donations. Menacé de kidnapping, il avait dû demeurer un mois à son domicile de Verchères sous surveillance policière, pendant que son épouse et leur nouveau-né Martin séjournaient à l’hôtel.

« C’est là que j’ai commencé à m’armer pour me protéger à la maison... », a dit Lafleur.

Plus de 40 ans après les incidents, le temps était manifestement venu de se débarrasser de l’objet.

Quant aux armes de chasse, il a souhaité s’en départir après avoir cessé de pratiquer ce loisir. « Je ne m’en servais plus, de toute façon », a-t-il laissé entendre, en rappelant le plaisir qu’il avait eu à chasser le chevreuil avec son père. « C’était des moments magiques », a-t-il confié.

En lien avec le volet militaire de l’endroit, Guy Lafleur a également fait don d’une photo de lui prise lors d’une visite, à titre de colonel honoraire, aux Forces armées canadiennes déployées en Afghanistan. Une autre le montre dans le cockpit d’un avion de combat dans lequel il a pu voler brièvement.

Fort impressionné par la collection exposée dans le petit espace de la rue Dufferin, M. Lafleur a qualifié le Musée de l’arme et du bronze de « richesse pour les générations futures ».

Le fondateur et conservateur du Musée, Pierre Gravel, s’est pour sa part félicité du geste de Guy Lafleur, non seulement pour le prestige de son musée, mais parce qu’au lieu d’être détruites ou remises en circulation, ses armes seront conservées pour la pérennité, a-t-il souligné.

Des milliers de pièces

Remplie de pièces uniques — la plus rare étant une arme américaine que les Anglais avaient fait fabriquer à Québec après la bataille de Dunkerque, et qui vaut à elle seule 110 000 $... —, la collection du Musée est constamment en mouvement et gagne en qualité, fait remarquer Pierre Gravel.

Si l’organisme a vu le jour en 1999, le Musée en est, lui, à sa 5e année d’activité. Et les dons continuent d’affluer.

Ce que les visiteurs peuvent contempler n’est en fait qu’une partie des milliers d’artefacts dont dispose l’équipe de M. Gravel. Des armes, bien sûr, mais également des sculptures de bronze, des tableaux, des timbres, des pièces de monnaie et des livres.

En ce sens, tous les efforts sont concentrés sur le respect de l’objet, a souligné le professeur et historien Dr Serge Bernier, qui collabore au Musée.

« Guy Lafleur peut être assuré que ses armes seront respectées et que leur histoire sera bien narrée. »

Pour en savoir plus sur le Musée et connaître son horaire, on consulte le www.museemab.com.