Un pékan a été observé dans le secteur de Bromont. Bien qu'il soit plutôt rare d'en voir, leur présence n'a rien d'inhabituel, affirme Patrick Paré.

Un pékan observé

La présence d'un pékan n'est pas passée inaperçue à Bromont ces derniers jours. S'il n'est pas rare que cet animal évolue dans des milieux forestiers, on peut par contre rarement l'observer puisqu'il est nocturne et solitaire, explique Patrick Paré, directeur de la conservation et de la recherche au Zoo de Granby.
Contrairement à certaines croyances, ce membre très peu connu de la famille des mustélidés - à laquelle appartiennent aussi la moufette, la loutre et le carcajou - se retrouve partout en Montérégie. Sa présence est aussi observée dans l'ensemble des provinces canadiennes. 
« Il peut se promener au lever ou au coucher du soleil et parfois même le jour. Mais c'est rare, très rare même, qu'on puisse l'observer parce qu'il est discret et nocturne », indique le biologiste. 
Son observation à Bromont - rapportée sur la page Facebook des Amis des sentiers de Bromont - n'a rien de surprenant, affirme M. Paré. L'animal, qui pèse environ 5,5 kilos et mesure un mètre en incluant sa queue, vit dans de grands espaces. Il ne faut pas s'étonner de le retrouver dans les montagnes de Bromont et Sutton. « Ces grandes chaînes-là sont de grandes superficies de forêts mixtes, donc ce n'est pas surprenant d'en voir, mais ils ne sortiront pas dans le monde, explique-t-il. Aux Boisés Miner, on aimerait en voir. Je sais qu'il n'y aura pas de résidant, car c'est trop petit pour s'y installer, mais il pourrait passer. »
Le pékan peut aussi être aperçu près de milieux plus urbains « parce que ces milieux sont très près de grandes superficies forestières », explique Patrick Paré. Mais il n'y a pas lieu de s'inquiéter, assure-t-il. La bête, qui a l'allure d'un gros chat, n'est pas un prédateur pour l'humain. Il n'est pas non plus porteur de la rage. 
Prédateur redoutable
Il chasse plutôt l'écureuil, le lapin à queue blanche et le porc-épic, et peut s'attaquer aux chats domestiques. Il y a quelques années, dans un secteur résidentiel à Carignan, trois ont disparu dans la période où un pékan a été observé.
Les propriétaires doivent donc jouer de prudence en ne laissant pas leur animal en liberté au coucher du jour et pendant la nuit. « Si des chats disparaissent, on pourrait associer ça à la présence d'un pékan. Si on a vu un pékan, il faut faire attention aux animaux domestiques pour les prochains jours », prévient le biologiste.
Cet animal est chassé par des trappeurs en automne et en hiver pour sa fourrure. En Montérégie, 270 pékans ont été trappés en 2012, selon des données fournies par Patrick Paré. « Ce n'est pas un animal envahissant, dit-il. Et ce n'est pas un animal abondant. »