Le maire Pascal Bonin estime qu'un parfum d'élections entoure le débat lancé par le conseiller Jean-Luc Nappert lors de l'octroi d'un contrat par la Ville pour l'aménagement de la deuxième phase du sentier piétonnier en bordure de la rivière Yamaska.

Un parfum d'élections?

Des citoyens se sont joints au conseiller municipal Jean-Luc Nappert pour critiquer le projet d'aménagement de la deuxième phase du sentier piétonnier en bordure de la rivière Yamaska, lors de la séance extraordinaire du conseil municipal de Granby lundi soir. Mais un fort parfum d'élections flotte autour de ce dossier, estime le maire, Pascal Bonin.
« On n'est plus dans le rationnel, on est dans le politique. Moi, je suis là pour dire des faits. Et c'est faux de dire qu'il n'y a pas eu d'études et de consultation », a affirmé le maire Bonin aux médias au terme de la séance du conseil. 
Au cours de la soirée, trois citoyens se sont succédé au micro pour questionner les circonstances qui ont entouré l'octroi récent d'un contrat de 657 000 $ à Groupe AllaireGince Infrastructures pour l'aménagement de ce sentier, doté d'un éclairage qualifié de « non intrusif », qui doit s'étirer à l'ouest de la passerelle Miner, soit vers la rue Saint-Charles. Le conseiller municipal responsable des dossiers environnementaux, Jean-Luc Nappert, s'est opposé à ce contrat au début du mois, arguant que lui-même et certains groupes auraient d'abord aimé prendre connaissance du projet. 
Paul Morrisset et Richard Dubé, du conseil de quartier deux, ont manifesté leur déception, voire leur frustration, dans ce dossier. Pourquoi ne pas avoir impliqué les citoyens ? s'est enquis M. Dubé. 
Selon ce dernier, les cols bleus de la Ville auraient pu simplement élargir le sentier, qui aurait pu être aménagé par des bénévoles, à l'instar du Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin. Une solution qui aurait entraîné une facture de moins de 100 000 $, calcule Richard Dubé.
Études
Un autre citoyen, Normand Fleury­, a précisé ne pas être opposé au projet, mais a voulu savoir si des inventaires de la faune et de la flore avaient été réalisés sur place. Le maire Bonin a répondu par l'affirmative.
Le Groupe Hémisphère s'est penché sur le dossier en 2012. La présence de la renouée japonaise, une plante envahissante, a entre autres été observée, a relevé M. Bonin. La firme WSP a aussi obtenu un mandat dans ce projet en 2014. Le ministère de l'Environnement a par ailleurs donné son aval aux travaux après y avoir réalisé une étude. 
« Avec la Ville, ça fait quatre instances qui se penchent sur ce projet-là. Et on a fait la même chose avec l'éclairage. (...) Ce projet a été fait en collaboration avec plusieurs organismes, sur plusieurs années. Ça tient compte de la faune, de la flore, des espèces envahissantes. Vous pouvez être rassurés que la Ville, avec des partenaires, a fait ses devoirs et plus qu'une fois », a déclaré le maire. Il a même souligné au passage que le conseiller Nappert aurait « marché » le site avec des fonctionnaires municipaux en 2014. 
Normand Fleury a malgré tout dit ne pas être rassuré, car la renouée japonaise est encore présente dans le secteur et sa prolifération affectera éventuellement les aménagements réalisés lors de la première phase du sentier. 
Cela dit, le directeur du service de la planification et de la gestion du territoire, Gabriel Bruneau, devrait rencontrer M. Fleury au cours des prochains jours pour lui présenter les résultats des études, a affirmé le directeur général de la Ville, Michel Pinault. 
Pascal Bonin continue pour sa part à défendre le projet qui, selon lui, inclut des volets culturel et historique. Le contrat a été octroyé. Il n'est ainsi pas question de reculer, dit-il. « La première phase a été couronnée de succès. On arrive à la deuxième et là, tout d'un coup, il n'y a plus rien qui marche ? On ne fait pas une autoroute dans un boisé », laisse-t-il tomber avant d'ajouter que « le conseil a choisi de mettre en valeur la rivière par un aménagement professionnel fait par des professionnels, en consultant également des professionnels de l'environnement ». 
Points remis
Les contrats pour la construction du centre aquatique et le réaménagement de l'église Notre-Dame devaient par ailleurs être octroyés lundi soir, mais ces deux points importants ont été ajournés au lundi 25 septembre, à 19 h. « On veut prendre le temps de bien analyser les choses. Et on n'était pas prêts aujourd'hui. Nos professionnels ont demandé un peu plus de temps au conseil. C'est juste une question d'analyse », a fait valoir le maire Bonin.