La Bijouterie Robitaille, L’équipier et le Resto pub Shillelagh ont été lourdement endommagés par un incendie.
La Bijouterie Robitaille, L’équipier et le Resto pub Shillelagh ont été lourdement endommagés par un incendie.

Un pan du patrimoine farnhamien s’envole en fumée [VIDÉO]

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est
Un pan de l’histoire du centre-ville de Farnham s’est envolé en fumée, lundi. Trois commerces et une dizaine de logements répartis dans trois immeubles centenaires ont été ravagés par les flammes. Certains ont à la fois perdu leur entreprise et leur appartement. Les dommages se chiffrent en millions de dollars.

La scène était d’une grande tristesse pour des citoyens et commerçants qui observaient, impuissants, le brasier qui s’est déclaré vers 10h30. Le sinistre touche quatre des cinq immeubles construits côte à côté sur la rue Principale, à partir de l’ancienne caisse populaire jusqu’à la terrasse aménagée par la Ville cet été.

«J’étais dans mon appartement et j’ai entendu des craquements, raconte Michel Bussières, l’un des locataires. Quelqu’un a cogné chez moi pour me dire de sortir, que le feu était pris dehors.»

Tous les occupants des immeubles situés en bordure de la rivière Yamaska ont été évacués.

Marc Robitaille, propriétaire de la bijouterie qui porte son nom, et locataire d’un des appartements, a tout perdu. «C’est toutes mes affaires qui sont là», a-t-il dit, visiblement secoué par l’incendie.

Si son logement était assuré, ce n’était pas le cas de son commerce qui ne l’était plus en raison de vols répétés. Lorsque La Voix de l’Est l’a rencontré, il disait espérer pouvoir entrer dans son commerce pour récupérer certains biens. 

À quelques mètres de là, le propriétaire de l’immeuble où se situe la bijouterie, Mario Blanchard, observait lui aussi la scène avec désolation. «On a rassemblé tous les locataires. Ils sont tous indemnes et c’était notre préoccupation première», a-t-il fait savoir. 

«Ça s’est propagé très rapidement, illustre Sindy Blouin, copropriétaire de la boutique L’équipier spécialisée dans la vente de produits sanitaires, vêtements et outils de travail. C’est vraiment une perte totale. Les pompiers ont été à l’intérieur. Ce n’est pas touché par le feu, mais par l’eau.»

Alors que les sapeurs étaient toujours à pied d’oeuvre, la commerçante a fait savoir qu’elle espérait pouvoir relancer bientôt les activités de son entreprise. «On est capables de se retourner de bord rapidement pour un local, dit-elle, mais je n’ai plus d’ordinateur. Je repars ça où? Je fais quoi?» 

Le Resto pub Irlandais Shillelagh est aussi l’un des commerces dévastés par le brasier. Une maison, située à côté de ces immeubles, a aussi été endommagée par l’eau et par l’effondrement d’un mur. 

Plus de 70 pompiers de huit municipalités ont combattu le brasier. Ils ont notamment eu recours à trois échelles aériennes pour éteindre les flammes.

Propagation rapide 

Plus de 70 pompiers de Farnham, Ange-Gardien, Bromont, Dunham, Bedford, Notre-Dame-de-Stanbrige, Cowansville et Sainte-Brigide-d’Iberville ont travaillé d’arrache-pied pour éteindre les flammes. L’un d’eux a été traité par les paramédics à la suite d’un possible coup de chaleur. 

Les combattants du feu ont notamment eu recours à trois échelles aériennes pour gagner la toiture des bâtiments. «On a vraiment cerné l’ensemble des bâtiments, explique Patrick Morin, directeur du Service des incendies de Farnham. Dans ces années de construction, les murs coupe-feu n’étaient pas ce qu’on a aujourd’hui. La propagation du feu s’est faite rapidement. C’était facile pour le feu de se promener. Les toitures se sont complètement effondrées.»

Pendant des heures, ils ont éteint les foyers secondaires de l’incendie. La cause du brasier n’était pas connue, lundi en fin de journée. «C’est encore trop tôt, fait savoir M. Morin. Tout ce qu’on a présentement, c’est ce que les passants ont pu voir. On n’a pas de point de vue de l’extérieur qui pourrait laisser croire que c’est criminel.»

La Bijouterie Robitaille, L’équipier et le Resto pub Shillelagh ont été lourdement endommagés par un incendie.

«Tristesse absolue»

Le feu laissera un grand vide au centre-ville dont un projet de revitalisation venait à peine d’être lancé. «C’est une belle partie de la Ville. C’est d’une tristesse absolue. C’est des gens qui se retrouvent à la rue», indique Yves Deslongchamps, directeur général de la Ville de Farnham. 

Les autorités ont rapidement réagi en donnant accès aux sinistrés à la salle du conseil municipal. Ils ont aussi fait appel à la Croix-Rouge qui offrira une aide d’urgence pour 72 heures en hébergement, repas et vêtements. Une vingtaine de personnes en bénéficieront.

«On va voir comment on peut les aider, peut-être avec la Fondation du maire», indique le DG de Farnham. 

La copropriétaire de la boutique L’équipier, Sindy Blouin, espère que les activités de son entreprise seront rapidement relancées.