Danny Lamoureux, professionnel désigné responsable de la réinsertion socioprofessionnelle chez Ma vie en main.
Danny Lamoureux, professionnel désigné responsable de la réinsertion socioprofessionnelle chez Ma vie en main.

Un organisme de Granby en santé mentale récompensé

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
L’organisme granbyen Ma vie en main, qui oeuvre auprès des personnes ayant un problème de santé mentale sévère pour les aider à intégrer le marché du travail, s’est vu remettre la médaille «mention honorable» du prix Hippocrate 2020. Pandémie oblige, le 10e gala s’est tenu en mode virtuel le jeudi 12 novembre.

Le Prix Hippocrate célèbre depuis dix ans les équipes de professionnels de la santé qui pratiquent avec succès une interdisciplinarité pour le bien de leurs patients. Ma vie en main, «un partenariat unique au Québec», réunit les compétences de Service Québec, de la Société de Formation industrielle de l’Estrie (SOFIE) et du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, indique Danny Lamoureux, professionnel désigné responsable de la réinsertion socioprofessionnelle chez Ma vie en main.

Pour Danny Lamoureux, le prix Hippocrate «reconnaît le bien-fondé» du service et «permet de camper sa pérennité».

Le professionnel décrit Ma Vie en Main comme un programme d’entraînement qui développe les habiletés, les habitudes et les comportements à avoir dans un milieu de travail grâce à l’ébénisterie et la conciergerie. Il s’agit d’un tremplin pour des personnes aux prises avec un problème de santé mentale sévère, comme la schizophrénie, afin de retourner sur le marché du travail ou sur les bancs d’école.

Bâtir sa confiance, un morceau de bois à la fois

L’équipe de professionnels et de bénévoles guide les onze participants à raison de 20 heures par semaine. Tout en se préparant à faire le saut vers le marché du travail, ces derniers reçoivent une allocation d’apprentissage de 130 dollars de Service Québec en plus de leur salaire hebdomadaire. «Quand tu entres chez Ma vie en main, tu as l’impression d’être dans n’importe quelle entreprise qui offre des produits de bois», explique Danny Lamoureux.

L’équipe de Ma vie en main dans ses bureaux.

Les participants peuvent ainsi développer leur sens des responsabilités, leur jugement, leurs habiletés sociales ainsi que leur estime personnelle. Bref, se sentir comme un citoyen ordinaire, résume M. Lamoureux. «La littérature est très claire : le travail est une composante importante du rétablissement.»

«Une équipe fantastique»

Ma Vie en Main a vu le jour il y a douze ans, au sein de l’équipe de suivi intensif dans le milieu (SIM). «À l’époque, un des seuls programmes qui existait pour la réinsertion socioprofessionnelle, par laquelle il y a avait des stages possibles, demandait un taux de rétention important de la clientèle qui était placée en entreprise, indique M. Lamoureux. De facto, comme on couvre une clientèle très éloignée du marché du travail, elle était exclue de ce programme-là.»

Ma Vie en main leur permet de développer les compétences pour qu’ils deviennent admissibles aux différents programmes de stage en entreprise. Le succès de l’opération est tel que certains participants peuvent ensuite intégrer un emploi sans passer par les stages de réinsertion.

«On a une équipe fantastique», assure M. Lamoureux, soulignant le travail du maître ébéniste, Luc Racicot, de la coordonnatrice, Line Meunier, et de plusieurs bénévoles passionnés du bois, qui sont pour la plupart des retraités. Le maître ébéniste peut compter sur le soutien de deux pairs aidants : des personnes vivant avec une maladie mentale qui ont fait le choix de ne pas retourner sur le marché du travail et de servir de modèles aux participants.